Jospin pour ans ou chirac pour ans



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JOSPIN POUR 5 ANS OU CHIRAC POUR 7 ANS

Dur retour à la réalité, le second tour des élections… Et puisqu’on trouve l’intégralité dans une intégrale, voici une chronique inédite qui n’a rien de poétique… Courage ! Fuyons !… Un peu de politique ! Ayons le courage de nos idées, même si elles peuvent changer… Il n’y a que les imbéciles qui…

“ Jospin pour cinq ans ou Chirac pour sept ans? ”


Si on me laisse le choix entre un mandat de sept ans ou un mandat de sept ans et le choix entre un mandat de cinq et de sept, je choisis de choisir... Mais au diable la liberté...
Sans classer Chirac dans les fayots mégalos démagos, j'ai la désagréable impression qu'à force de se prendre lui-même en exemple, il me prend pour un con.
J'en ai marre des Chirac et autre Balladur. Et quand j'entends le Chirac prétendre être le changement après Balladur, alors que ledit Chirac a lui-même été à la tête du gouvernement aux alentours de 87, il me semble que la droite ne représente pas le changement, Chirac ou Balladur, Balladur ou Chirac.
J'ai faim. J'hésite entre les chips et les frites. Ce n'est pas une métaphore et je me tâte... Attendre les frites ou ouvrir des chips... J'attaque les chips mais ça fait trop de bruit et j'entends plus la radio... Patience et courage font moins de bruit, alors je lance les frites. Je sais plus de quoi on parlait... Ha! Oui! La radio...
"Jospin pour cinq ans ou Chirac pour sept?"
Bouge pas je roule ma clope et j'arrive...
Chirac... Heu... Je sais plus de quoi ils parlaient. Je cherchais ma calculette en attendant les frites.
39 mecs qui bossent 37 heures ou 37 mecs qui bossent 39 heures et 2 SDF qui manchent les 37 mecs qui bossent 39 heures... Ils doivent parler d'exclusion... Bon... Qu'est-ce que je voulais calculer déjà... 100 mecs pas qualifiés qui bossent à 80% du salaire ou 80 mecs pas qualifiés qui bossent à 100% du salaire et 20 mecs SDF qui manchent les 80 mecs qui bossent à 100% du salaire... Bof... Ça doit être ça la France à 2 vitesses... En fait ça fait du boulot pour les pompiers et les flics qui ramassent les cadavres des clochards et ça fait baisser le chômage (?)
Je suis taquin... Je sais... Mais à mon avis les frites sont cuites. NDLD: Mais non! Ce n'est pas une métaphore!
Moi, je me moque de tous ces discours. Je suis ingénieur. Je pèse “ Quinze mille fois treize ”. Je vote écolo...
Je trouve HALLUCINANT qu'on fasse fusionner l'uranium pour voir comment ça pète, pour jouer à “ si on faisait la guerre avec ”, alors qu'on n'a vraiment pas beaucoup d’uranium sur notre planète. Je me demande si on ne va pas aussi essayer la défense sol-air avec des chalumeaux au pétrole et au gaz en raccordant tous les pipelines du golfe... La différence, c'est que le pétrole est une énergie fossile qui se renouvelle au fil des millions d'années alors que l'uranium... Quand l'atome est cassé, y a plus! Y a plus jamais! Et en plus, ça sert plus à rien de faire des essais! A part pour les pays en voie de développement... Et encore... je devrais dire “ A part pour les pays SOUS-développés ” et Dieu sait qu'il faut être sous-développé sur tous les plans et à tous les niveaux pour imaginer la guerre atomique! On peut très bien tout simuler par informatique! Mais c'est même pas la peine d'user du Silicium pour calculer ça! Parce que le silicium des ordinateurs qu'on jette comme des cartes téléphoniques “ vides ”, quand y aura plus... Y aura plus... Et le troisième millénaire ne sera pas celui du tourisme interplanétaire mais celui des éboueurs.
D'ailleurs, faut que je vide ma poubelle. J'ai perdu le fil de la radio. Merde. Pourquoi je parlais de nucléaire?... Ha! Oui! La guerre... Et les frites...
Chirac met les femmes au service national pour remplacer les chômeurs qui vont encore moins travailler parce qu'ils seront deux fois au chômage parce que... Heu... Je reprends... Y aura des gens qui seront au chômage parce que des femmes travailleront obligatoirement au lieu de faire des bébés et qu'on en a assez de bébés et que c'est pour ça qui faut jeter tous les étrangers qui viennent déjà peupler la France... Heu... Y a trop de quoi – déjà? Ha oui! Trop d'étrangers et c'est pour ça qu'il y a du chômage et qu'il faut moins d'étrangers qui viennent travailler pour que les Français qui travaillent puissent devenir en premier les chômeurs en laissant leur travail aux filles qui font leur service national sans être payées...

Et qui va payer les chômeurs? Et bien ce sera les mêmes que ceux qui vont payer les militaires de carrière car les garçons aussi vont travailler civilement pendant leur service national comme ça on mettra les chômeurs “ militaires de carrière ” et il n'y aura plus de chômage.


Ouf!
Quelle preuve de co-errance intellectuelle!
Si je fais trop “ intello de gauche ” tu m'arrêtes... Sans me mettre en prison – quand-même... En plus y a plus de ketchup. Je vais me la jouer au triple concentré de tomate. Quelle dèche J'espère qu'il reste du camembert...
Si on diminue les charges sociales...
Celui qui gagnait 10 francs en gagnera 20
Celui qui gagnait 100 francs en gagnera 200.
En récupérant sur la TVA du camembert, le camembert passera de 10 francs à [10 francs +10 francs de manque à gagner sur l'augmentation du pauvre et 100 sur l'augmentation du riche = 120 francs le camembert].
Conclusion, celui qui pouvait acheter 10 camemberts achètera un camembert et un litre de rouge, et celui qui pouvait acheter un camembert achètera une portion de 1/6 de camembert.
Je commence à reconnaître la France. Et je me demande ce que vont faire les vaches au chômage. Etrangement, j'ai envie d'éteindre la radio parce qu'ils commencent à me couper l'appétit. En plus y’a plus de camembert au frigo, je vais taxer une “ Vache qui rit ” à ma fille et vive la France à deux vitesses!
Je peux plus me concentrer, chaque grain de sel sur une frite devient une indigeste affaire d'Etat. J'écoute parler les types et je me demande pourquoi ils ne cessent de diviser la France en deux en montant les deux parties l'une contre l'autre.

Jacko le démago accuse les types sur le bord de la route qui obligent les Français qui ne sont pas sur le bord de la route à faire un geste de solidarité qui les charge de taxes de plus en plus lourdes dans un système diabolique... Je pleure... Mais pour qui!... Si c'est si diabolique d'aider un mec sur le bord de la route... Peut-être qu'il faudrait l'abattre?... Je ne sais même plus ce que signifie CSG... Cotisation Sociale pour la Guillotine? J'imagine les emplois qu'on pourrait créer en guillotinant les 52 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté en Europe. Ce ne sont pas les taxes diaboliques qui me tirent vers le bas... Et s'il fallait laisser crever 52 millions de personnes “ en situation de précarité ”, c'est vrai que l'oxygène commencerait à me manquer, surtout au niveau de l'odeur des cadavres en décomposition, et même si Chirac, après la moto-crotte, invente le four crématoire. Erratum: Quelqu'un me précise que le brevet a déjà été déposé. Et pour cuver ma mauvaise conscience, Chirac me DONNE 120 000 francs, à moi, ma femme, et mes deux filles, parce que j'ai un revenu entre 1,5 et 3 SMIC. Même avec un prêt à taux zéro, je ne ferai pas construire sur le cadavre d'un type mort “ d'exclusion ”.


J'arrête ma sensiblerie. J'écoute Jacko et je prends de la graine. J'encaisse mes 120 000 francs, soit 12 000 camemberts à l'ancien prix de 10 francs, un camembert par jour pendant 12 000 jours, c'est à dire trente-trois ans, et le terrible problème se pose. Faut-il nourrir un SDF pendant tente-trois ans ou faut-il acheter une chambre de bonne à retaper dans le quartier latin pour loger ma fille pendant ses études ? Je cherche mes mots. J'y perds mon latin, ça me fait penser que déjà il y a 2000 ans, les romains avaient essayé de nourrir un SDF pendant trente-trois ans... Mais en fin de compte, ils ont été obligés de le crucifier.
Je prends donc les 120 000 francs, mais, en plus, je profite d'un prêt gratuit. Carton pâte, papier mâché, je construis et on me rassure – Seuls les “ mal logés ” auront droit à mon ancien logement locatif que je ne laisserai donc pas à un vilain SDF. Les SDF, eux, seront concentrés dans des “ logements d'insertion ” où “ les grandes associations caritatives ” les assisteront. Oui! Un SDF c'est un peu comme un milliardaire!... Il n'a pas la notion de l'argent. Alors il faut lui faire comprendre à cette Sale Déjection de la France de SDF qu'elle doit payer son loyer.
Je me demande si on prend les SDF pour des animaux ou pour des cons... Ou pour les deux. Par la même occasion, je me demande si on ME prend pour un con. Par mesure de sécurité, je mets de l'eau à chauffer pour le thé.
Quelle heure est-il? 11 heures moins 20? Tu crois qu'ils vont finir à 11 heures? Pourquoi est-ce que ma calculette retarde de 2 minutes? Qu'est-ce qu'ils disent? Qui est-ce qu'ils veulent reconduire aux frontières? Quelles frontières? Quelle France? Quelle Europe? Quelle planète? J'ai le mal de mer... Quelle merde... Toujours la même histoire... Mort aux jeunes, mort aux vaches, délit de faciès... Eh oui... Ça existe encore... J'écoute même plus ces histoires de xénophobie et de racisme... Vraiment envie de vomir... Supplier la France de devenir français, pas avant 16 ans, pas après 21... Je vais vomir. Tout ça pour emprisonner des gens comme ma femme et ma fille dans le monastère de Saint-Benoît d'Aniane si elles ne produisent pas leur carte d'identité française. Voilà où elle va, la TVA sur le camembert... Elle sert à restaurer des monastères du huitième siècle pour la gloire du patrimoine architectural et historique de la France, pays des droits de l'homme, et j'imagine les Africains et les Asiatiques déambulant dans le cloître de Saint-Benoît d'Aniane en train de bénir les architectes qui ont réhabilité le site dans le plus pur style “ Carcéral-Pasqua 1990 ”. Plus rien ne ressemble à rien. Je cherche à comprendre. Ne vont-ils pas reconduire ma femme née en France de père français et de mère française en Ethiopie ou en Jamaïque à cause de son faciès? On pourrait aussi exiger un certificat de baptême demandé par le nourrisson entre le seizième jour et le vingt-et-unième jour après la naissance pour avoir le droit d'implorer Dieu pour qu'il arrête la connerie des nationalistes et des xénophobes!... Et qui va comprendre que la terre n'appartienne à personne! Et que bien au contraire, c'est notre cadavre ou nos cendres qui lui appartiennent depuis toujours et pour toujours. Ce ne sont pas seulement des taxes sur la pollution qu'il faudrait, mais un impôt sur la connerie humaine qu'on reverserait aux héritiers de la poubelle (Au sens propre, au sens sale au sens figuré et au sens défiguré) la poubelle qu'on laisse à nos enfants.
Graphouille le 2 mai 1995

Je ne peux pas laisser traîner ma femme sans papiers sans qu'on lui propose un aller simple pour l'Ethiopie. Et ma fille, et tous mes enfants aurons ce problème. Je me demande s'il vaut mieux qu'elles et qu'ils tombent sur une patrouille de flics mal lunés ou sur un groupe d'extrême droite, de skins ou autres fachos... Gribouille me regarde écrire ce texte et ne cesse de me répéter: Ne l'affiche pas. J'ai peur pour notre fille. Elle a assez de problème avec ses origines africaines. Et on se cache et on se tait parce qu'on a peur.


Mais se taire, c'est cautionner cette peur. Ce n'est pas la peine d'aller sagement voter centre-droit social-démocrate à chaque fois et de fermer sa gueule quand son fils se fait assassiner par trois skins, quand la guerre civile fait rage à 2000 kilomètres à l'est et la guerre de religion à 2000 kilomètres au sud.
La planète! Voilà notre patrie. Et Chirac n'est pas un patriote mais un petit nationaliste arriviste qui cède à tous les chantages. Patriote bidon qui veut rapatrier les quelques soldats de la paix français car un casque bleu français blessé vaut mille civils autochtones abattus n'importe où, où ce n'est pas la France.
Idéaliste que j'étais! J'imaginais m'exprimer en m'abstenant de voter pour un des deux candidats finalistes car je ne voulais cautionner ni l'un ni l'autre. Mais si je ne vote pas, on va me dire que je cautionne à 50% Chirac et à 50% Jospin. Je ne peux pas laisser ma part d'indécision utopiste à Chirac. Ainsi, je prends mes responsabilités et je voterai utile, mon vote est public et je voterai Jospin.

Graphouille le 3 mai 1995, journée de la liberté de la presse


Salut

Faut-il tout publier des chroniques du faubourg ? Oui ? Alors voilà l’appel lancé à la population, suivi de très près par l’arrivé d’un camion Gibert me livrant 25 cartons de 4 ramettes de 500 feuilles de A4 110 grammes par mètre carré de Clairefontaine… soit 100 ramettes, soit 50 000 feuilles… !!!

Salut.
La consommation de duplicatas du mois d'avril a été de près de 2000 pages (300 francs).


La consommation d'encre a suivi avec plus de 2 cartouches (soit 500 francs).
Il me suffit d'arrêter de fumer pour continuer mais la saison arrive et le rythme s'accélère de manière gratifiante mais onéreuse.
Je ne fais pas la quête mais il va falloir trouver des solutions.
- Edition d'un premier volume des “ Chroniques du faubourg Régagnas ”?
- Collecte de papier pour ma vieille imprimante à jet d'encre baveuse (obligatoirement du “ 110 grammes ”, 150 francs le mille)?

- Collecte d'encre (200 francs la cartouche HP 51626A)?


- Aide financière?
Voilà...
Salut.

Graphouille



Un grand merci à Monsieur LEFFRAY

Pour la petite histoire, la vie d’un poète public, c’est aussi la public relation... Une demie brique de papier, ça se fête et mérite un grand…

Un grand merci à M. LEFFRAY qui s'est engagé à fournir et livrer gratuitement sous huitaine 350 kilos de papier pour la saison 1995 – soit 50 000 feuilles !!!)

Salut les copains, salut les copines


Même si “ Les Mouettes disparues ” avaient bouclé le spécial café, lancé dans ma croisade contre le racisme, j’ai extrapolé un cinquième texte. Comme je n’avais pas remarqué que mes frangins Ahmed et Manu étaient maghrébins, je n’avais pas prêté attention à la  “ blackitude ” de ma femme.. autant pour moi…

Salut les copains – Salut les copines

Je suis blanc comme un cachet d'aspirine

Mais ma fille est presque aussi bronzée

Que la nana qui me l'a fait
5 Imagine l'effet que ça m'a fait

Quand la femme que j'ai épousée

M'a annoncé après le mariage

Que son père était noir comme du cirage


Je savais même pas que j'étais myope

10 Et encore moins astigmate

Mais dés que j'ai eu le fil à la patte

Elle m'a offert une paire de binocles


J'ai complètement halluciné

Elle est au moins café au lait

15 Pour ne pas dire express serré

Et plus moyen de divorcer


Depuis ce jour je ne compte plus les conneries

Que j'entends débiter au comptoir de l'hypocrisie

Ma fille ne bouffe pas de carotte car elle n'aime pas ça

20 Et elle ne voit pas le soleil plus souvent que moi


Alors avant de me rabâcher à ma gamine

Qu'elle a de belles joues et bonne mine

Pense plutôt à ceux qui endurent de la famine

Là où naissent et meurent ses cousins et ses cousines


Oncle Graphouille, le 6 mai 1995

Pour les Mouettes disparues



On a annoncé la pluie, voilà le beau temps


Prendre parti contre le FN m’a valu des ennemis. Mais prôner un vote socialo contre Chirac qui a remporté l’élection m’a aussi mis à dos plus de la moitié du village. Peut-être que j’aurais pu m’abstenir… Tant pis… Trop tard… J’ai perdu 51,66% de mes lecteurs ?… Non !

On a annoncé la pluie voilà le beau temps. La météo peut se tromper et ça n'a aucun rapport. Si tout le monde est calmé, les uns parce qu'ils ont les arguments en poche pour prouver ma partialité, les autres parce qu'ils ont compris qu'ils ne pourront pas me récupérer, peut-être pourrons-nous recommencer à parler ici librement.


Si j'ose m'exprimer ainsi,

Il s'agissait de prose et de poésie.


Voici une pige inédite pour le numéro spécial des “ Mouettes disparues ” sur le thème du café, une bafouille pour un mec qui fêtait ses 40 piges dimanche, ET, ce que j'ai pigé lors du premier tour des élections présidentielle de la République française.
Si vous en avez marre des piges, je passe au pied à coulisse.

Sincères salutations


Graphouille




POST SCRIPTUM

Oui… la suite…

P.S. (Post-Scriptum)
Je mets “ Sincères Salutations ” comme je dirais simplement “ salut ”, mais il parait qu'à Aniane il y a 191... disons... “ quidams ” qui ont voté pour Jean-Marie Le Pen et 39 qui ont voté pour Philippe De Villiers. Ça fait

230 “ Sincères Salutations ” pour 322 "Post-Scriptum" (Anianais qui a permis à un candidat de gauche de représenter les 47,33% de la France.


Après la désinformation, il va falloir informer.
Je vous laisse – J'ai un RDV (Rire de Dominique Voynet)
PNTC (Pied de Nez et Trombone à Coulisse), Je connais quelqu'un qui a “ voté Voynet ”, je voulais l'épouser mais elle était déjà mariée. Si une des 62 autres veut se manifester, je l'épouse... Ha... Non... Quelqu'un me parle hors antenne... Elle est déjà mariée... Elle est mariée... Avec moi! Bon, alors appel aux 61 autres... Merde! Si j'ai le fil à la patte... Peu-importe on jouera aux dominos Dominique... Voynet!
Vive l'intox!
Ciao!

Graphouille

Mots faciles… Mots graciles…
Ça, c’est la saisi d’un petit papier chiffonné qui a atterri dans ma boîte aux lettres… Il m’a plu… Je l’ai affiché… Ce n’est pas de moi, c’est alcoolisé, c’est anonyme… Mais ce n’est pas du Canada Dry ni du Martini on the rocks. Merci à toi l’inconnu(e) !

Mots faciles... Mots graciles... Anorthographe imbibé d'alcool et de plus que parlait... Parfum de femme qui s'envole et qui s'endort tout contre lettre... Parce qu'être qui fait le désir d'exister... Au-delà... Par-delà l'absolu... La pureté infinie... Cet atome imprécis qui fait que l'amour est et fera le monde où on oublie le sourire... Le soupir... La grâce... La délicate caresse qui touche l'âme là ou le cœur bat... Au plus profond de soi... De ça... Indéfinissable.

Anonyme

Deux heures du mat


Comme pour tous les triptyques, et encore plus, même, puisque ce texte fait 4 pages, j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce poème lors d’une nuit blanche à soigner la coqueluche de mon bébé. Laissez-vous emporter… C’est ce que j’ai fait… Vous laisserez-vous amener par les mots qui m’ont bercé à voix basse et amené au petit matin en murmurant… ?

Deux heures du mat

Une heure que Suzon tousse

Trois heures de plus qu'hier.


Je m'en souviens comme si c'était demain

5 Et je repense à mes 20 ans


Frappé de curiosité

Je vais devant le miroir de la salle de bains

Juste pour voir ce que je pense

Devant ce type qui me fixe

10 Bêtement

En souriant

Fier de n'être plus

D'être encore

Et rêvant de Barbe-Rousse et de cheveux blancs
15 Je fais une grimace

Pour vérifier que nous ne sommes qu'un

Et je passe à autre chose

Je pose


Hypnotisé j'oublie

20 Puis


Je me surprends à m'oublier

Probablement à cause du temps qui passe


Je trace un détail en oubliant le reste

Et je me perds encore

25 Le temps continue à passer

Et je n'ose pas me donner rendez-vous à demain


Faute de mieux

Je me libelle un chèque en blanc

Sans mettre la date

30 Ni le montant

Je le cisèle dans une semelle de bois

Dans une semaine ou dans un mois

Ensuite

Je commence à penser



35 Et je réalise que je suis en train de graver des zéros

Sur mon cercueil


Le pire

C'est que ça me fait peur

D'essayer de compter sans unité

40 Ce qui revient au même


Alors je reste de marbre et je scie derrière les oreilles
Sidéré

Je m'aperçois que je me suis lobotomisé

Comme on égare

45 Un atome intersidéral


Je râle et additionne deux zéros

Toujours sans unité

Et je me crois plus avancé

D'avoir pu me bercer

50 Sans boire

Sans déboire

Sans pourboire

Juste pour voir

Si le temps passait
55 Je ramasse tous les zéros

Et les entasse dans une urne

Funéraire
Fait troublant

Ça revient au même


60 Je reprends le calcul avec des verres de rosé

Bien frais

Et je redeviens poussière
Je mets la poussière dans l’œil

Je pleure

65 Et mes deux grands yeux

Se remplissent de zéros


Je me soupçonne d'avoir pris le chemin à l'envers

Et en allant du début à la fin

J'obtiens le contraire que l'inverse
70 C'est un signe
Alors je comprends que tout a un sens

Et je le donne à ma vie


Tout est une histoire d'eau et de zéro

Un zéro dans une goutte d'eau

75 Peut parfois apporter son grain de sel

Et de temps en temps

Il fait déborder le vase
La coupe est pleine

Je dévoile mon jeu


80 As-tu de la patience?

Si oui


Je n'ai rien à dire

Sinon


Je recommence

85 Et le jeu recommence


As-tu de la patience?

Sinon


Je me tais

Si

90 Mais c'est celui qui le dit qui l'est


Je suis sûr que tu penses

Que je perds mon temps

Mais je ne joue pas avec les mots

Ce sont eux qui jouent avec mes nerfs


95 Si tu me suis

Je me tais

Mais je sais que si tu suis

Tu me mets dans une situation embarrassante

Me taire ou dévoiler le mystère?
100 Je n'ai plus de secret pour toi

Je me démène à te mener en bateau

Mais vu le texte dans lequel je me suis embarqué

Je me demande où ça va nous mener


Tu vois que tu me suis

105 Et pourtant je ne me tais pas


Enfin...

Moi, je me suis

Mais me suis-tu?... Toi...

Si toi tu suis et moi je suis

110 Je ne vais pas y passer un mois
D'ailleurs

C'est presque fini


Tout compte fait

Je ne me rends pas compte du temps que je passe à compter

115 Sans compter le temps à ne pas compter

Pour après me rendre compte

Que

En fin de compte



Je laisse tomber

120 Et ce sera ma chute


Graphouille le 10 mai 1995 pour Boris Vian, Raymond Devos,

Pour le temps qui passe et pour tous ceux qui en ont marre



GRAPHOUILLE EST MORT – IL S’EST LAISSE CRUCIFIER

Au moment où mes divers engagements philosophiques, politiques et religieux… et après toutes les positions que j’avais prises – bref au moment où je m’étais mis à dos la plupart des lecteurs – Grattouille et sa gratte m’ont fait don de cette oraison funèbre – le temps que les esprits se calment… Merci pour cet honneur, Orphée…

Mesdames et messieurs les innocents anianais,

Commères et potineurs,

Rats d'égouts et pollueurs de canal,

Metteurs en scène de ménage,

5 Géo a chargé la nature

La nature a chargé la vie

De venir me prévenir

Qu'en cette triste et venteuse matinée
GRAPHOUILLE EST MORT.
10 Il a voulu être précoce

Tel Vian sorti de l'écume des jours.

Il n'avait que trente-deux ans,

Mais il a voulu raccourcir l'âge minimal

Autorisé au dévouement et au sacrifice.
15 IL S'EST LAISSE CRUCIFIER.
Bambins et mémés,

Catins et bébés,

Jeunes femmes pudiques,

Eboueurs courageux,


20 “ Allô........Allô.........

La mairie communiste (!!!) communique

La crucifixion de son ami et néanmoins

Ennemi de tous les jours.

Il sera proposé au club du troisième âge,

25 Un voyage en autocar

Jusqu'à l'Observatoire

Pour venir pleurer et cracher

Sur l'immonde et merveilleux Graphouille. ”
Ce panneau représentant une porte de cave

30 Vous servira désormais de support pour vos plaintes

Et votre demande de grâce.

De grâce......


GRATTOUILLE. Le Samedi 13 mai 1995

MOUETTE

Après la crucifixion, me voilà couvert de plume et de goudron… Peu importe !… Je publie…

Mouette,


Plumifère engoudronné

Tu enfourchonnes ton rail de chemin d'enfer et chevauche vers l'exil.

Tranquillement, tu savoures ton agonie médiatique

Comme convenu, je te télépathe ma conscience

Maintenant...

Tu sais.
Même si le fait d’écrire dans un village…



J’ai essayé de faire l’inventaire de mes ennemis… mais ça m’a lassé. Alors, j’ai interrompu ma phrase et j’ai signé. En fait, j’ai provoqué et les réactions affluaient. C’est peut-être ce que je cherchais… Alors… pourquoi se plaindre ?…
Même si le fait d'écrire dans un village

Expose à tant de commérages

Et si les textes que je m'efforce de tenir à disposition

Servent parfois à étayer des mensonges par omission…


5 Même si en défendant la récupération du verre

On interprète que j'attaque sans distinction toutes les carrières

Ainsi que la politique de notre maire

Et même si en rectifiant ma position vis-à-vis de la municipalité

On m'accuse d'être manipulé par ses employés…
10 Même si en parlant de “ Vivre à Aniane ”

Je m'attire la haine de l'école d'Aniane

Et si dès que je parle de la Calandrette à Gignac

On me traite d'anarchiste arrivé manipulé par la droite…


Même si quand je dis mon dégoût pour la xénophobie et la prison

15 On me catalogue dans le collectif contre le centre de rétention

Et si chemin faisant, on me classe dans la droite protestataire

Qui condamne d'un bloc Pasqua, Mitterrand, le socialisme et le maire

Non seulement j'ai le Front national à dos

Mais en plus, en rendant public mon estime pour les socialos

20 Je perds ce qu'il me reste d'amis

Sans regagner l'estime de la mairie…


Et enfin

Même si en ironisant sur les pratiquants non croyants

Je me mets à dos les catholiques et les protestants….
25

Graphouille le 17 mai 1995



Bruno

Voilà un des texte que je regrette le plus. Peut-être étais-je trop jeune, pas assez mature, pas assez de compassion, pas assez d’empathie, trop prétentieux, alors que 2 ans plus tard j’allais à mon tour me flinguer. Bref, voici un regard sur le suicide du mec de Claudie, le regard de Monsieur Tout-le-monde, le regard de celui qui n’a jamais souffert au point de vouloir quitter la vie pour quitter sa souffrance, ou de celui qui a oublié, le fier, l’amnésique, l’égoïste… Il s’appelait Bruno, comme moi, et il a sûrement plus souffert que ceux qui sont restés pour le pleurer pour en arriver là… Pardon Bruno.. Tu as fait ce que tu as pu, jusqu’à ce que tu ne puisses plus… et d’un côté bravo d’avoir eu le courage… de t’être pendu.. Mais d’un autre côté…

Bruno


Quel effet veux-tu que ça me fasse

Quand j'apprends que t'as pendu ta carcasse

Comme on accroche au plafond

Un vulgaire trognon de jambon.


5 Tu m'as coupé net l'envie de plaisanter

Et je n'ai même pas envie de m'apitoyer

Sur ta dépouille repue

Comme celle d'un rongeur têtu

Arrivé au fond de l'impasse

10 Qui après avoir bâfré dans toutes les poubelles

Choisi de terminer son repas

Avec une orgie de mort-aux-rats

A la lueur d'une chandelle
Quel effet veux-tu que ça me fasse...
15 T'as nourri de mensonges le cœur de tes amis

Tu ne méritais ni ta retraite ni ta vie

T'as volé ton argent à la mer

Que ton corps retourne à la terre


Pas de formule de politesse

Graphouille pour Claudie le 18/05/95



Petit matin

Ha !… Je l’avais oublié celui-là…

Petit matin

Minuscule et ridicule petit matin

Comme une paire de poumons

Sans goudron
5 Le clocher sonne “ une heure ” ou “ la demie ”

Et va recommencer comme si je n'avais pas compris

Qu'il fera toujours nuit

Sans soleil

Sans sommeil

10 Sans tabac

Sans un chat

A l'heure ou je peux marcher dans la rue

Pieds nus
Je fais quelques pas incrédules

15 D'horloge en pendule

Un cochon hurle à la mort

Et je me rendors

Laissant filer une heure d'insomnie

Comme un mot perdu au milieu de la nuit


Graphouille le 20 mai 1995



Enfin Graphouille qui se réveille !
Voici le courrier des lecteurs… brut de fautes d’orthographe…

Enfin graphouille qui se réveille! et qui a passé son temps à compter . sans compter le tps qu'il a passé à ne pas compter et qui a passé le temps à se regarder sans compter le Tps qu'il a passé à ne pas se regarder - et qui a passé le Temps à être assis sans compter le Temps qu'il a passé à ne pas être assis (c'est à dire debout) - on avance - vachement -

Et le graphouille qui s'emmerde qui paume son temps - On l'aurait pas deviné s'il ne l'avait pas écrit! Et graphouille qui vient de comprendre qu'il y a un - début et une fin . un endroit . un envers . Il se sent mieux - ça lui donne une raison de vivre -

Et du balcon . à la chaise . de la chaise à la salle de bain . jusqu'aux chiottes . en passant par sa machine à laver - jusqu'à son lit - puis son écran - en remplissant son bol - En restant dans le fg Régagnas graphouille se met à compter les zéros - Il découvre les mathématiques - science dont il a jamais entendu parler dans le passé - Et , il en a marre - et , il écrit aux gens qui en ont marre - Mais , connaît-il les gens?

A part . ses belles et divines molécules qui le cloîtrent dans sa cuisine et qui lui font le sommeil lourd -

Non graphouille ne connaît - pas les gens - Il connaît le container d'ordures situé derrière le pont - Il regarde dans les poubelles les détritus des autres - et il pense les connaître sans les avoir vu . Et , il leur écrit à ces gens qui en ont marre - oui marre . que graphouille ne foutte pas les pieds chez les autres - marre qu'il n'aille pas se ressourcer dans la nature qui est derrière sa porte -

graphouille qui se croit sur son île déserte oubliant les 4 milliards de gens autour de lui qui attendent son secret.

graphouille - qui veut embarquer les autres sur son radeau qui mène - lui même ne le sait pas -

graphouille devient vieux - il rêve de cheveux blancs - sa mémoire a oublié son ami Rimbaud qui a puisé son génie chez sa mère nourricière - la Terre -
Amicalement

Anonyme



Je bois du TTAPT
Comme j’aime pas qu’on me cherche sur les molécules et les mathématiques, voici une première réaction, vive, car je me suis senti aiguillonné et effectivement je me suis réveillé et j’ai réagi, avec mon orgueil et avec mon ego – sans modestie, sans écouter, sans comprendre ni chercher à comprendre… Ça m’a pris un matin ensoleillé comme une renvie de pisser et ça a giclé !

Je bois du TTAPT (Thé Tiédasse A Parfaite Température) à longueur de journée. Je ne vais pas m'étendre sur le développement limité de l'exponentielle de f(t,Dq) avec Dq(t) = qext - qint(t) et en considérant qext = cte – Tout le monde peut comprendre qu'en considérant l'enthalpie et l'antropie du milieu extérieur constante et la somme de l'enthalpie du TTAPT et de du TDLT (Thé De La Théière) variant selon les même lois de conduction, de convection, et de rayonnement f(t,Dq), plus le TTAPT est froid, plus il faudra ajouter de TDLT, et plus le TDLT est chaud, moins il faudra ajouter de TDLT dans le TTF (Thé Trop Froid) pour obtenir du TTALTI AL CAPONE (Thé A La Température Idéale Comparé A PONE, PONE ne voulant rien dire) NDT(Note du Traducteur): Proche de la TTAPT. ReNDT, PONE, c'est la fin de téléphone sans le H de entHHHHHHHHHHHHHHalpie. En fait, tout le monde a appris à l'école, gratuite et obligatoire jusqu'à 16 ans, que q(TTALTI).V(bol)=q(TTAPTrefroidi).V(ce qui reste dans le bol) +q(TDLT).V(ce que tu rajoutes) mais q(TTAPTrefroidi) et q(TDLT) évoluent de manière différente, très différentes! C'est-à-dire de la même manière à part que le TTAPTrefroidi est plutôt froid et le TDLT est souvent chaud voire très chaud – D'où la différence d'autant plus différente que le TTAPTrefroidi est proche de qambiante et que le TDLT est loin de qambiante avec qambiante = température extérieure du corps noir TTAPTrefroidi, froid et TDLT chaud, c'est-à-dire que le thé est “ frais ”. Pour ça il faudrait que je vous parle de cette fameuse évolution qui associe à un coefficient 1 (C'est-à-dire que le thé est à la température qu'il est si Dt tend vers e, à l'évolution en f(Dqydt), en f(Dq²ydt), et f(D(q²)²ydt). Soit le début du développement limité d'une exponentielle dont je vous parlais tout à l'heure. Je vais pisser. Mais ce n'est pas pour ça que je voulais écrire, je voulais seulement te dire que le thé tiède refroidit moins vite que le thé chaud, mais mon thé est froid, la théière est vide et je vais mettre de l'eau à chauffer.

Graphouille, ingénieur INSA option énergétique,

Le 22 mai 1995


Révélations:


Mon bol contient 1,777 litres et ma théière 2,222 litres – mesuré au biberon électronique. Maintenant il va falloir que je les vide. Rerévélations de dernière minute, j'ai renversé le bol plein à raz bord et en essuyant j'ai pété le dernier cendrier. Je vais balayer. Ça va gueuler.

Lettre ouverte
Je finirai ce volume 4 par cette réponse au courrier des lecteur, cette lettre ouverte témoin de mon dernier sursaut. Pris d’une inspiration subite, l’après-midi même, je me suis lancé sans réfléchir dans une réponse spontanée et logorrhéique au courrier de ce pauvre lecteur inconnu qui n’a eu qu’un tort – celui de ne pas signer son courrier anonyme somme toute faite bien amical et nullement belliqueux, contrairement à ma litanie de justifications crétines qui allaient signer mon arrêt de mort dans le prochain et dernier volume, la cinquième et dernière saison des Chroniques du faubourg…dans l’intégrale en 5 volumes.
Courrier des lecteurs

Lettre ouverte


A toi qui te porte en émissaire

Et je sais que tu veux bien faire

Je suis un peu gêné de te voir te mêler de ce que je fais de mon temps et de ma liberté. Oui, je dépense sans compter, justement parce que c'est MON temps et MA liberté. Je ne distribue pas mes textes dans les boîtes aux lettres mais je les propose gratuitement et les tiens gracieusement à la disposition de qui vient les chercher. Je pense que ce n'est pas enfreindre TA liberté, et RIEN ni PERSONNE ne peut enfreindre la mienne – Pas même neuf flics armés ou dix loubards surexcités sortant du film de Kubrick Orange mécanique – Pas même une camisole de force, deux paires de menottes, une chambre forte capitonnée, quelques crosses de revolver et autant de matraques – Pas plus que quatre bracelets de force aux chevilles et aux poignets sur un lit d'hôpital psychiatrique. Et je signerai toutes les décharges, pour douze ans de procès ou un bout de papier, car – Vois-tu – j'ai GAGNE ma liberté avec mon sang et elle est maintenant gravée sur mon front. Tu comprends?... Ça...


Quoi que tu penses et quoi que tu dises, je dispose de mon temps jusqu'à ce que mort s'en suive. Et n'importe qui peut me tuer mais il ne tuera pas ce que j'ai dit, fait et écrit. Les dés sont jetés. Je suis né et j'existe de telle sorte que je jouis de manière intemporelle de ma liberté immortelle. L'ami – Je te le dis – tu perds ton temps à essayer de me faire perdre le mien.
Je me moque de la convivialité hypocrite de ceux qui se font chier au milieu de leur désert intérieur et j'ai cessé de m'y répandre. ”Only boring people g't bored” même si ça t'ennuie. “ Il n'y a que les gens chiants qui se font chier ”. Il m'a fallu sept ans pour comprendre et accepter cette vérité et me sentir bien en ma modeste compagnie suite à quoi j'ai fini par rencontrer et me marier avec ma femme... Et même si nous sommes aussi chiants l'un que l'autre, même si ça peut te faire chier, nous ne nous faisons plus trop chier – Au point que nous n'éprouvons plus le besoin d'aller nous faire chier chez les autres ou pire – les faire chier chez eux.
A ce niveau-là, on rentre dans le domaine de l'intuition, de la chance, du Hasard et du vrai Temps. Ainsi plus rien n'a de valeur quantitative comme l'espérance de vie ou le nombre de pages d'un livre d'histoire. Tu sembles ne pas avoir l'esprit réducteur de celui qui sanctionnerait chaque évidence quantitative d'un constat inquisiteur et mesquin. Ainsi, poursuivant sur ton ton “ bon enfant ”, et puisque tu as saisi mon clin d’œil au “ pareil au même ” lorsque je te parlais de la seule lettre et du seul chiffre qui aient un sens – Le “ O ” et le “ 0 ” – puisqu'ils sont les seuls qui – lu de gauche à droite – ou – lu de droite à gauche – donnent, respectivement, “ O ” et “ 0 ” au lieu de “ O ” et “ 0 ” – alors que lus de bas en haut au lieu de haut en bas ils ne donnent plus “ O ” et “ 0 ” mais bien “ O ” et “ 0 ”. C'est nul de prendre le temps d'expliquer explicitement ce genre de détail mais je veux être certain de ne pas être lu avec une ironie à la limite de l'insolence pour ne pas dire “ avec une simplicité d'esprit relevant du handicap ”, ou, avec la suffisance aussi ridicule que mal placé du type qui répond “ dix ” quand on lui demande le nombre de nombres qu'il peut faire avec les dix doigts de ses deux mains. Mais celà relève de la célèbre théorie du “ Ain ”, sans compter “ Ain Soph ” et “ Ain Soph Aur ”.
J'ai bien lu ta lettre – qui m'a fait sourire – lettre sans signature et adressée à Graphouille, en lui parlant – c'est-à-dire en ME parlant – à la troisième personne du singulier, au nom des “ gens qui en ont marre ”, à la troisième personne du pluriel – c'est-à-dire pour toi à la première personne du pluriel (ou du singulier?) – tels que je les ai interpellés dans la dédicace spontanée de ma chronique du 10 mai 1995. Je vois que tu comprends qu'il n'y a pas plus de début que de fin, et, comme le disait joliment Jacques HIGELIN, “ Dans le ventre de l'Univers, des étoiles naissent et meurent à chaque instant... ”, et, donc, tu sais – puisqu'on parle de lui – que l'Univers pas plus qu'un neutron ne sont réductibles ni à un trou noir, ni un neutrino, ou autre bocal de poisson rouge avec orchidée incorporée pour le plaisir du Grand Barbu Fou qui hurle dans mes oreilles un “ Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ” confortablement matérialiste. Je m'en voudrais de te préciser de telles évidences et c'est pour ça que je me suis permis la métaphore du hamster ou du train d'engrenage épicycloïdal mono satellite ou, plus poétiquement, du mec qui fait le tour d'un rond rond et qui arrive au point de départ appelé alors “ point d'arrivé ” ou l'inverse – ce qui revient au même, et l'image était plus simple.
Au CP, j'avais commencé l'histoire et la biologie par le livre qui expliquait de manière honteusement simpliste avec un raisonnement réducteur mais très orthodoxe...
“ Tu étais poussière et tu redeviendras poussière. ”
Peut-être trop évolué pour le mec qui en est encore à imaginer mon côté schizo-psycho-patho-parano-mégalo-psychotique quand il sait que je vérifie les parties apparentes des documents déchirés quand je vide ma poubelle dans le container...
Mais pas pour toi. Faut-il me justifier et t'expliquer que je ne fais pas le petit noeunoeud du sac avec l'espèce de truc rouge en plastique qui pète toujours juste quand je serre la deuxième demi-clef avec la ganse de la deuxième demi-clef (gansée), et même que ça me gonfle tellement que je sais même plus ce que j'en fais (des machins rouge qui pètent)... Toi – mon ami – tu devines en observant que, quand je vide mes ordures en vrac, et avec une sorte de “ conscience professionnelle ” – bien que le mot soit trop pompeux – je vérifie qu'il ne reste pas d'écrits lisibles. Toi – mon ami – tu ne te hâtes pas d'en conclure que je me délecte du spectacle des déchets des autres par voyeurisme frustré. Si tel avait été le cas, je pourrais soigner mon hypothétique schizophrénie (et toute la ribambelle de névroses obsessionnelles et hystériques sur terrain psychotique que l'on pourrait me prêter) en analysant pendant une demi-heure, trois fois par semaine et pendant dix ans, les déchets de l'humanité dans les décharges publiques, et à 800 balles la séance.
Je sais, l'ami, et ton amitié me le prouve, que tu ne me considères pas de la sorte, comme l'aurait fait une vulgaire commère fouille-merde... Ou – loin de moi cette idée – tu en aurais été une autre.
J'avoue que je me sens plus branché par le projet “ Enfants - Petits-enfants ” que par le voyage “ Alcoolo - Toxico ”. Mais c'est chacun son trip – l'ami – faut pas que ça casse notre amitié. Je dois avouer qu'après mon aventure "Ingénierie" jusqu'au 17 décembre 1989, je me suis rétracté jusqu'au 13 décembre 1991 – c'était un vendredi 13! – Puis, je me suis bêtement rangé dans le classique topo “ Femme, enfant et travail à domicile ”.
Le pire, c'est qu'en 2001, 2002, je me taperais bien une autre paire de gamins, mon chien, une baraque à la campagne et ce qui s'ensuit. C'est dire combien j'ai plus envie de neurochimie de pointe que de défonce!!! Je laisse ça aux Jim Morrison et autres Kurt Cobain. Chacun son trip.
A force de faire le point. J'ai l'impression de me transformer en un quelqu'un d'autre que je ne connais même pas et je me sens parfois “ vivant ”. Mais y a t-il une différence entre le Temps et la Vie?... Cette Vie si courte et ce Temps si précieux? Je me délecte. J'ai l'illusion de voir en l'instant présent une lumière, et, dans le futur, l'Age d'Or de Géo. Il faut que j'arrête la méditation contemplative. Si je continue à me réaliser ainsi, ça risque d'être assez zen. Alors je récolte les concepts, je les soumets à ma logique ou à mes mots et ça me prend tout mon temps, temps que je laisse filer entre mes doigts sales de gros dégueulasse. En fait, je ne sais même pas comment t'expliquer le fait que je ne perds pas mon temps mais que je le gagne. Pas plus que je ne saurais t'expliquer le fait que je ne me fais plus chier. Ce doit être parce que je ne me relis jamais.
Accepte simplement ma retraite. Et accepte mes silences et mes absences. Je suis là. Je vais crever comme toi. Et comme tous les gens qui vont crever, j'ai envie de gueuler. Mais je n'arrive pas à mettre en forme mon message, et c'est ça mon seul projet. Ma conscience et ma force grandissent au fur et à mesure que je m'efface. Alors ne me cherche pas. Ne m'attends pas chez toi. N'aie pas l'impression que tu es un inconnu. Car nous sommes tous des inconnus. Seuls.
En priant pour toi, je fixe une lumière que je ne voyais pas les yeux ouverts, j'entends un souffle que je ne pouvais pas entendre avant d'être sourd. Les caractères qui s'alignent sur l'écran ont un sens au-delà des mots... Au-delà du langage, de la musique de la phonétique et de la sémantique. Ainsi, je retrouve ce que j'avais oublié, ce que tu sais... Et je sens ta rage qui décape la jalousie “ à politesse déchirée ” en retournant un rasoir contre le désespoir pour entailler de souffrance l'aile d'un miroir d'armoire à pharmacie pour un tube de rouge à lèvres ou un poil rebelle.

Graphouille le 22/5/95

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Troubles bipolaires de l’humeur



$€N€$TROR$UM de BROWN ZON

LIVRE PREMIER “ CENTRIPETE ”
Jean VERGNES
$€N€$TROR$UM. Un mot énigmatique, intrigant. Un mot qui, avant même l’ouverture de ce livre, pourrait mettre le lecteur en alerte.

Mais il suffit de quelques pages, écrites dans un style classique, enlevé, sans détail superflu, pour se laisser prendre et oublier ce titre. Le héros de cette rocambolesque histoire apprend que sa mère vient de mourir.

Cela est dit sans être raconté, comme s’il fallait simplement que le lecteur sache qu’un élément majeur avait servi de mise à feu à cette infernale explosion.
Alors, l’histoire peut commencer.

“ Le matin du troisième jour le soleil s’est levé, terriblement froid, limpide et pur. ”

Par petites touches discrètes, le style et le tempo changent. Le lecteur se sent apostrophé, intrigué, provoqué même, jusqu’à ce qu’au fil des pages sa raison commence à éprouver des difficultés à se frayer un chemin, en même temps que parvient à émerger un semblant de cohérence dans un système régi de plus en plus par la paralogique.
Un nouveau mode d’expression est apparu qui est celui du héros. Fait de méticulosité et de précision dans les détails, associé à un vocabulaire particulier plus punk, rock…underground… mais aussi très près de celui de la “ folie ”.

$€N€$TROR$UM. Bien plus qu’un titre ce mot, que certains pourraient qualifier de racoleur par son côté énigmatique, est essentiellement une clé de lecture.
Peu utilisé en dehors de certains milieux professionnels, comme les botanistes, les mécaniciens, les ingénieurs… ce mot de la langue française désigne un enroulement qui se fait de la droite vers la gauche, soit à l’inverse du sens des aiguilles d’une montre. Au-delà de cette notion de tourner à l’envers, et comme l’évoque encore plus clairement son synonyme sinistrorsum directement transposé du latin, il suggère des mots qui ont la même origine et qui sont d’utilisation plus courante, comme sinistre, sinistré, sinistrose… mais aussi senestre, gauche, maladroit (sous-entendu comme un gaucher), mal tourné, fâcheux. Ils ont en commun une odeur de catastrophe, de calamité, de malédiction, sans oublier que pour les Grecs l’adjectif gauche était franchement synonyme de mauvais présage.
Derrière la notion de “ déraison ” ou de “ folie ”, se profile encore depuis le fin fond du Moyen Age l’ombre du malin, du diable, de Satan, de sinistre, de gauche.

Déraison, envoûtement, possession, œuvre de Satan, c’est ce que l’imagination de l’homme a été obligée d’inventer pour avoir le prétexte de rejeter ce qu’il ne pouvait comprendre donc accepter.


Si la réalité des faits reste à tout jamais gravée dans l’esprit et le corps de celui qui a subi de telles épreuves, il fallait que le narrateur trouve des artifices de style pour nous faire pénétrer dans ce monde inhabituel. Pour faire admettre ce qui ne pouvait avoir un sens pour nous, il fallait qu’il s’adresse à notre imagination, qu’il nous fasse plus sentir que comprendre ce qu’était sa réalité au cours de cette longue nuit blanche.
$€N€$TROR$UM est un voyage initiatique qui nous fait pénétrer dans des situations et des comportements que nous ne pouvons habituellement observer que de l’extérieur.
Lors d’une de nos conversations sur $€N€$TROR$UM, Brown’ZON m’avait précisé :

“ Cet ouvrage est une caméra embarquée, et, dans la boîte noire, il reste ce témoignage qui sert de guide à un voyage dans lequel j’emmène le lecteur. ”


Ce qui désoriente le plus, et reste souvent incompréhensible pour l’entourage et les proches de ceux qui présentent des troubles bipolaires de l’humeur, c’est cette alternance tout au long de la vie, de phases de dépression grave profonde et de phases d’exaltation démesurées de l’humeur dites phases maniaques. Une autre caractéristique de ces affections réside dans le fait que ces phases sont séparées par des périodes plus ou moins longues d’humeur stable, appelées “ normothymiques ” au cours desquelles la personne reprend un comportement tout à fait normal.
Guide particulier, Brown’ZON nous entraîne dans un monstrueux et mystérieux labyrinthe qui à partir d’un simple vécu d’hypomanie nous fait rapidement évoluer vers la découverte de ce qu’est la manie quand elle devient délirante.

$€N€$TROR$UM est l’histoire de longues phases de troubles maniaques, aggravées, comme cela est souvent le cas chez le jeune, par des conduites toxicomaniaques (ici essentiellement alcool, médicaments, cannabis)

Ce qui surprend et désoriente le plus, c’est, avant tout, le rythme. Un rythme de vie totalement inhabituel. Que ce soit dans le comportement physique ou psychique le héros est en perpétuelle accélération donnant l’impression d’ignorer totalement la simple notion de fatigue. Dans un déferlement incessant et épuisant, les idées défilent, se bousculent, se télescopent, s’entremêlent, se transforment. Le texte s’émaille progressivement de phrases écrites en italique qui s’expriment dans un registre différent et qui à l’instar d’une “ voix off ”, évoquent souvent des commentaires d’actes ou de la pensée. Cette exaltation particulière de l’humeur, et qui est très caractéristique de ces épisodes maniaques, se traduit d’abord par une euphorie débordante, une gaieté qui se veut expansive, génératrice de jeux de mots, de plaisanteries pas toujours bien contrôlées. Elle se traduit aussi par une exubérance du verbe. Une surabondance de mots envahie par des onomatopées et une floraison de détails parfois cocasses, souvent surprenants, oscillent entre le sordide, le vulgaire ou le raffinement d’un dandy. De la même façon qu’en phase de séduction il peut être brillant, spirituel, intelligent, il peut aussi devenir brusquement sarcastique, interprétatif, grossier.


L’exubérance de la pensée entraîne un défilement si rapide des idées qu’avant même qu’elles ne soient parvenues à leur terme une nouvelle apparaît, s’impose et la remplace. Cette rapidité, cette accélération incessante est à l’origine d’un désordre et d’une fuite des idées. Dans ce capharnaüm de pensées et d’actions, le héros sans cesse donne l’impression d’avoir tous ses “ capteurs sensitifs ” en alerte et de ne vivre que dans une exaltation outrancière du présent.
L’omniprésence de conduites toxicomaniaques aggrave bien entendu tous ces comportements et finit par faire basculer le contrôle moral dans les excès d’une agitation brouillonne et désordonnée. Le passage à l’acte immédiat devient alors le mode de réponse même aux pulsions les plus extravagantes. L’incohérence finit petit à petit par devenir flagrante, sauf pour lui.

$€N€$TROR$UM est l’histoire d’une expérience délirante avec une phase d’envahissement à laquelle succède l’expansion du désordre jusqu’à un éclatement de la logique et de la raison.
Notre système habituel de pensée se défend et voudrait nous faire percevoir $€N€$TROR$UM comme une énorme farce bouffonne parfois de mauvais goût, alors que la “ caméra embarquée ” nous laisse entrevoir la souffrance et la dimension du drame qui se joue.
C’est avec des yeux et un ressenti de maniaque qu’est abordée l’intervention des médecins, ce que le héros appelle la “ contention ” et qui va précéder le retour au calme. C’est dire aussi que la description de ces moments-là n’échappe pas à la même extravagance caricaturale que le reste du récit.
Ce livre premier a pour sous-titre “ Centripète ” certainement pour souligner qu’à l’explosion succède la restructuration.

Une boucle est bouclée.
Mais il est facile pour le lecteur de pressentir qu’il pourrait exister un livre second ou pourquoi pas troisième ou quatrième, et que l’essentiel de cette histoire ou de ce message réside dans cette note malheureusement bien réelle, celle d’un vécu d’infini recommencement.
Pour celui qui a osé se laisser prendre, pour celui qui le temps d’une lecture a accepté l’inacceptable, après avoir tourné la dernière page et refermé ce livre, celui là, alors, sera très proche de notre malheureux héros quand enfin épuisé il murmure  :

Jean VERGNES

Toulouse
“  J’ai envie de fermer les yeux et de laisser monter le bruit de mon cœur dans ma tête.



Arrêtez de respirer, écoutez…
Tous ces bruits familiers…



Tout le monde a le cœur à gauche.



$€N€$TROR$UM ”

Jean VERGNES

Médecin psychiatre


“ Nous sommes totalement immergés dans un monde baroque aux accents parfois felliniens et les mécanismes narratifs très proches de ceux utilisés dans des bandes dessinées en renforcent l’intensité caricaturale. ” Jean VERGNES




Contact Graphouille de Régagnas graphouille@wanadoo.fr

Contact Brown’ZON brownzon@wanadoo.fr

Benîto Brown’ZON Anything Limited (1901)

8, rue du Plan d’AGDE – 34000 MONTPELLIER

téléphone : 04 67 60 22 91 / Télécopie : 04 67 60 96 55







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