Rapport intermédiaire n° 1 (entre 5-10 pages)



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Rapport intermédiaire n° 1 (entre 5-10 pages)




Acronyme

GRAVATS (Gestion du Recyclage des Architectures en Ville : Analyses TerritorialiséeS)

Titre du projet

De la déconstruction au recyclage des déchets produits : étude socio-économique et territorialisée de la filière démolition dans le Grand Lyon

Coordinateur scientifique

Nom

Prénom

Fonction

Veschambre

Vincent

Pr ENSAL

Laboratoire

Téléphone

Mail

UMR 5600 Environnement Ville Société (EVS)

0478717992

Vincent.veschambre@lyon.archi.fr

Liste Partenaires



Laboratoire / Equipe

Correspondant scientifique

Partenaires académiques

1

UMR CNRS EVS

Lydia Coudroy de Lille (Pr de géographie – Lyon 2)

2

Laboratoire de Génie Civil et d’Ingénierie Environnementale (LGCIE)

Omar Merabet (Pr génie civil - Fondation INSA de Lyon Conseiller Scientifique)


3

Laboratoire d’analyse des formes (ENSAL)

François Fleury (Pr sciences et techniques pour l’architecture - ENSAL)


Partenaires praticiens

4


IREX (Institut pour la Recherche appliquée et l’Expérimentation en Génie Civil)

François Buyle-Bodin (Pr construction et aménagement durable – Lille 1)









  1. Rappel des objectifs de la période concernée

Le projet GRAVATS prend appui sur une thèse de géographie dont l’objectif est d’établir une étude socio-économique et territorialisée de la filière démolition dans le Grand Lyon, de l’activité dite de « déconstruction » à la production et au stockage de granulats de béton recyclé.

L’étude vise à montrer que les perspectives de développement et de structuration de la filière démolition dépendent du contexte territorial dans lequel elle prend place. Les résultats attendus portent donc sur la mise en évidence de ces facteurs locaux : géographiques, socio-économiques, socio-politiques.

Au cours des six premiers mois a été menée une recherche bibliographique pour constituer l’état de l’art, aboutissant à une bibliographie provisoire.

A l’issue de la première année, l’identification des sources de terrain, la mise en contexte de l’activité démolition et la mise en place du Système d’Information Géographique ont fourni les premiers éléments du diagnostic territorial.



  1. Avancées scientifiques

Un des objectifs majeurs de la thèse est de contribuer aux recherches en cours sur le recyclage des bâtiments et plus largement sur le renouvellement urbain par l’analyse socio-économique, à l’échelle de la métropole européenne qu’est Lyon, ainsi que d’analyser l’organisation spatiale de la production de déchets du bâtiment et de leur gestion à cette même échelle.


La première étape réalisée au cours de cette année a été la réalisation d’un diagnostic territorial de l’agglomération lyonnaise. Il avait pour objectif de recenser, en amont, les « gisements » de la démolition (évolution récente des volumes concernés, grands chantiers programmés…), en aval, les pratiques de démolition et de gestion/recyclage des gravats, et, en parallèle, l’extraction de granulats naturels.

Pour ce faire, 16 entretiens exploratoires ont été menés, auprès de différentes catégories d’acteurs (maîtres d’ouvrage, collectivités territoriales, responsables d’entreprises de démolition, de recyclage, architecte, maître d’œuvre, ingénieurs, syndicats, urbanistes, le tout constituant un panel d’acteurs décisionnels/opérationnels). Ces entretiens ont été complétés par la visite de trois sites de recyclage. Ont été aussi réalisés les suivis de sept chantiers, par visites régulières avant et pendant la démolition, avec prise de photographies et discussions avec les personnes en présence (compagnons, chef de chantier, riverains etc.). Le dernier aspect de ce diagnostic territorial a été le recensement des sites de recyclage des gravats de démolition, compte tenu du caractère partiel, dispersé et parfois contradictoire des données disponibles. La présente carte propose une première analyse de la répartition de ces sites :



De petite à grande échelle, il ressort un premier « portrait » de la filière démolition dans le contexte lyonnais. Dans le cadre des règlementations nationales et européennes, la démolition semble prise en étau entre la problématique déchets et la gestion des risques liés notamment à l’amiante. De façon générale, la démolition est pensée en fonction des déchets qu’elle produit : déchets inertes, déchets non dangereux – assimilés aux déchets ménagers - et déchets dangereux. La présente étude s’intéresse particulièrement aux déchets inertes, les gravats de démolition. La gestion des déchets de démolition fait l’objet d’une règlementation incitant à leur recyclage, cette règlementation étant basée tant sur l’amont –la démolition- que sur l’aval – les filières de recyclage. On peut citer la mise en place des plans de gestion des déchets issus des chantiers du BTP (article 46 de la loi Grenelle I du 03/08/2009 et article 202 de la loi Grenelle II du 12 juillet 2010), le diagnostic préalable aux chantiers de démolition (SHON > 1000 m²) (article 46 de la loi Grenelle I du 03/08/2009), la modification du code de la construction et de l’habitation avec la prise en compte de la production de déchets liée à l’édification, l’entretien, la réhabilitation et la démolition du bâtiment (article premier I 1er a de la loi du 12 juillet 2010) ou encore la règlementation européenne par la Directive-cadre sur les déchets 2008/98/CE fixant à 70% en poids de préparation en vue du réemploi, recyclage ou valorisation matière des déchets non dangereux de construction et de démolition d’ici 2020. L’objectif de recyclage impose une démolition progressive permettant le retrait des matériaux de façon distincte.

Le contexte régional semble en premier lieu peu propice au recyclage : la ressource en granulats naturels de qualité – granulats « roulés » car alluvionnaires – est relativement abondante et de fait peu coûteuse. En effet, il apparaît que le recyclage des déchets inertes de démolition répond à deux problématiques différentes, selon le contexte géomorphologique : les régions en situation de pénurie recyclent pour répondre à leurs besoins en matériaux de construction, tandis que les régions profitant de ressources abondantes optent pour le recyclage lorsque leur stockage pose problème en termes d’espace consommé. Dans le contexte lyonnais, les graves recyclées trouvent une place sur le marché du BTP à condition que leur prix ne dépasse pas celui des granulats naturels et grâce à un ajustement des pratiques d’extraction des matériaux en carrières, qui tendent à préférer l’élaboration de matériaux plus sophistiqués – « ne pas vendre du tout-venant ». La comparaison peut être faite avec la situation lilloise, abordée à travers le projet Recybéton : les difficultés d’accès aux ressources naturelles sont telles que le recyclage devient impératif pour avoir des matériaux de construction.

D’un point de vue tout à fait local, on observe que le secteur était initialement constitué de petites et moyennes entreprises issues du secteur des travaux publics. Pour bon nombre de ces entreprises, l’activité de démolition n’était pas la seule activité, voire n’était qu’une activité annexe. Nous faisons l’hypothèse que le contexte professionnel actuel, marqué tant par l’injonction environnementale que par une activité plus soutenue, notamment dans le cadre du Plan Nationale de Rénovation Urbaine, a incité les professionnels à se spécialiser. Deux tendances se complètent alors : d’une part des entreprises dédiées à la démolition, voire à la démolition et au recyclage des déchets inertes, d’autre part l’apparition de nouveaux acteurs tels que les maîtres d’œuvre spécialisés dans la démolition. Les pratiques ont également évolué, vers plus de technique, notamment pour le retrait des matériaux. Le tissu entrepreneurial semble restructuré avec d’une part les petites et moyennes entreprises pratiquant des démolitions « ordinaires », pour beaucoup sur ce qui semble être des territoires qui leur sont propres (exemple d’une entreprise omniprésente à Villeurbanne), d’autre part les moyennes et grosses entreprises, pouvant proposer un plus haut niveau de technicité, un plus fort taux d’encadrement, intégrées aujourd’hui à de grands groupes. Ces dernières entreprises interviennent dans les opérations d’envergure, dans l’agglomération et à l’échelle régionale, voire au delà – selon l’organisation du groupe-mère. Une évolution récente de l’activité, à envisager dans la suite de la thèse, est celle de la règlementation relative à l’amiante, dont la part dans le financement des opérations est de plus en plus importante. La dépollution est réalisée par des entreprises spécialisées, parfois entreprises de démolition ayant demandé la certification après avoir investi dans l’activité.

L’activité de recyclage correspond en fait à quatre activités parfois distinctes : la récupération, le tri, le concassage et la vente de graves recyclées. Si l’on considère ces activités, les entrepreneurs sont essentiellement des démolisseurs, des carriers ou des spécialistes des déchets. La rupture avec le milieu professionnel d’origine est plus ou moins marquée : on rencontre à la fois des entreprises spécialisées et des entreprises dont l’activité de recyclage est seulement annexe. En termes de répartition spatiale, pour répondre à la recherche de proximité, les centres de recyclage sont à proximité des grands axes de circulation. Les carriers, par exemple, prennent petit à petit part à ce nouveau marché concurrentiel, qui leur permet de conserver les matériaux naturels pour la production de matériaux plus élaborés, mais qui impose des ajustements tels que la création de sites de transit pour pallier l’éloignement de la carrière du centre urbain. De façon générale, on constate qu’en termes de transport, l’argument économique – coût de transport - converge avec la recherche de durabilité – moindres impacts par des déplacements limités.

Toutefois, ces lieux de recyclage ne correspondent pas à l’ensemble des pratiques de valorisation. Une grande partie, qui reste à quantifier, des gravats de démolition sont concassés sur le chantier et réutilisés sur site ou vendus à des chantiers de terrassement ou des chantiers routiers à proximité. De façon générale, on constate que l’usage majeur fait des graves recyclées est en technique routière ou travaux de voirie et réseaux divers, ou encore en terrassement. Ces usages sont particulièrement légitimes dans le contexte local de liens historiques entre la démolition et les travaux publics d’une part et par la présence des grands groupes routiers à travers l’activité des plus grandes entreprises de démolition dans la région d’étude d’autre part. Ceci correspond aussi aux pratiques nationales.

Dans ce contexte, la problématique posée par le projet Recybéton – qui se propose d’étudier la possibilité d’un recyclage complet (graves et fines) des bétons de démolition - ouvre de nouvelles perspectives à la réflexion en interrogeant le possible recyclage des déchets inertes de démolition en nouveaux matériaux de construction. Ceci correspond déjà à un nouveau marché économique, propre au Bâtiment, mais aussi à de nouvelles techniques – concassage pour des matériaux plus élaborés, passage en fabrique à béton – et à de nouvelles conceptions sociales – construire avec des matériaux recyclés.

L’enquête réalisée au cours de la deuxième année doit permettre d’interroger les hypothèses soulevées et finalement d’interroger les capacités locales de la filière démolition à faire face aux évolutions actuelles. Les hypothèses émises peuvent être résumées de la sorte : nous sommes face à un recyclage « atypique », de déchets considérés comme « propres », voire de qualité, dont l’absence de recyclage peut être perçue comme un gâchis. Il s’agit du recyclage de déchets spécifiques au cadre professionnel du BTP, des matériaux lourds dont le recyclage passe par des techniques propres à la profession (procédé mécanique de concassage). La qualité des gravats et leur potentiel recyclage dépendent des techniques de démolition mises en œuvre. Les pratiques actuelles de recyclage sont liées au contexte socio-économique et géomorphologique local mais la « volonté » de recyclage influence en retour les pratiques de démolition. Enfin, le recyclage des gravats permettrait un « recyclage urbain » basé sur un circuit court, aujourd’hui à l’échelle du quartier par l’usage en remblais après démolition ou en technique routière, par jeu de connaissances au sein du réseau d’entreprises.




  1. Interactions entre les disciplines impliquées et valeur ajoutée par cette pluridisciplinarité

La thèse est située dans la discipline géographique mais était proposée en articulation avec les sciences de l’ingénieur, pour une bonne maîtrise des enjeux de matérialité situés au cœur du sujet. Alors que la géographie permet plus généralement de s’intéresser aux aspects spatiaux de l’activité de démolition, le génie civil offre la compréhension des propriétés du béton, constitutif de la plupart des édifices démolis, en tant que matériau potentiellement recyclable.

Les relations entre les deux principales disciplines impliquées ont été mises en œuvre à travers la direction de la thèse - des points de thèse réguliers avec le directeur et le co-directeur ont permis d’avancer dans la construction du sujet, en assurant et vérifiant la compréhension des enjeux techniques et le bon usage du vocabulaire propre aux sciences de l’ingénieur. Dans le cadre du Projet National de Recherche Recybéton, où le débat est essentiellement porté par les sciences de l’ingénieur, la géographie est consultée pour mieux cerner les enjeux spatiaux et socio-économiques du recyclage des gravats. Dans ce dernier cadre, les interactions ont pris la forme de présentations des travaux menés en géographie au cours des réunions réalisées dans le cadre du PNR ou encore de visites de chantiers expérimentaux avec les équipes du projet.

Ces interactions sont tout d’abord des occasions d’ouverture et de rencontres facilitées avec des acteurs du terrain d’étude. La mise en relation avec des ingénieurs, voire des entreprises, a été permise par le projet ou à défaut facilitée par la maîtrise d’un vocabulaire précis et une connaissance des enjeux techniques. D’autre part, ces interactions ont permis la construction même de la réflexion : il n’est possible d’interroger la structure de la filière démolition et ses caractéristiques qu’en appréhendant les problématiques liées à la construction – structure du bâti pour comprendre les étapes et la technique de démolition, principes de construction et d’approvisionnement en matériaux – et celles liées aux matériaux – recyclabilité des différents matériaux et méthodes de recyclage.


Outre cette co-direction bi-disciplinaire, a été mis en place un comité de thèse, constitué des correspondants scientifiques du projet, qui s’est réuni à l’issue de la première année. A l’image de la participation au projet Recybéton, la rencontre des correspondants scientifiques a permis de donner à voir l’avancée des travaux à d’autres disciplines. Les regards « extérieurs » de disciplines intéressées par l’objet d’étude ont permis de préciser certains aspects et d’ouvrir voire de réorienter la réflexion.



  1. Résultats obtenus, publications, valorisation et exploitation des résultats


Courte bibliographie :
Ouvrages

AVRIL, Bertrand, et al. Reconstruire la ville sur la ville. Paris : Association pour le développement et la diffusion des études foncières (ADEF), 1998

BARLES, Sabine. L’invention des déchets urbains, France : 1790 – 1970. Seyssel : Editions Champ Vallon, 2005

BERTHON, Agnès. La démolition des immeubles de logements sociaux : histoire urbaine d’une non-politique publique. Lyon : CERTU, 2009

BERTRAND, Jean-René (dir.). De la décharge à la déchetterie, Questions de géographie des déchets. Presses Universitaires de Rennes, 2006

GARCON, Françoise. Démolition, Disparition, Déconstruction, approches techno-économiques et anthropologiques. Documents pour l’histoire des techniques, Centre d’histoire des techniques, 2002.

MAES Pascale, Gestion des déchets de chantier : guide méthodologique, AFNOR, 2004

Articles

LORRAIN, Dominique 2011, Les institutions de la fabrique urbaine, in Métropoles XXL en pays


émergents (dir.), Paris, Presses de Sciences Po, 2011: 13-52

SWYNGEDOUW, E.. Circulations and metabolisms:(hybrid) natures and (cyborg) cities in Science as Culture, 2006, vol. 15, n°2, p. 105–121

VESCHAMBRE, Vincent. “Le recyclage urbain, entre démolition et patrimonialisation : enjeux d’appropriation symbolique de l’espace”, in Norois, 195, pp.79-92

La gestion des déchets, Dossier de Contrats publics, Editions du moniteur, 2012

Thèse

ROUSSAT, Nicolas. Optimisation des stratégies de gestion du contenu « matières premières et énergie » des déchets produits et utilisés sur un territoire urbanisé, Application aux déchets de démolition du Grand Lyon, INSA de Lyon, 2007


Communications :
Poster


  • Reconstruire la ville sur la ville par le recyclage des gravats – étude de la filière démolition dans l’agglomération lyonnaise - Congrès doctoral de l’UMR 5600, 15 mai 2013


Communications orales sans actes


  • Regards croisés géographie-architecture sur l’impact de la démolition de l’agglomération lyonnaise – avec Lise Serra, séminaire Acréor, Lyon, 3 juin 2013




  • La démolition : un nouvel objet pour la géographie et les SHS ? avec Vincent Veschambre, séminaire Acréor, Lyon, 14 février 2014



Communications orales avec actes


  • Demolition waste to rebuild the city on itself in Lyon, France – International waste management and landfill symposium, Sardaigne, 3 octobre 2013




  • Eléments pour une histoire de la déconstruction : évolutions en matière de démolition de l’habitat social – avec Vincent Veschambre, 2ème congrès francophone d’Histoire de la Construction, Vaulx-en-Velin, 30 janvier 2014


Communications dans le cadre du Projet National Recybéton


  • Présentation de la participation lyonnaise - réunion du thème 3, Paris, 7 décembre 2012 et 21 octobre 2013

  • Présentation du travail mené en collaboration avec Lille - Comité Scientifique et Technique élargi, Paris, 18 décembre 2013




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