Bilan des activités 2014-2015 Projet Epoc



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Bilan des activités 2014-2015

Projet Epoc


Acronyme

Epoc

Titre du projet

Étude de préfiguration d’un observatoire local du climat

Coordinateur scientifique

Nom

Prénom

Fonction

Kuznik

Frédéric

Professeur des Universités

Laboratoire

Téléphone

Mail

CETHIL

04-72-43-84-61

frederic.kuznik@insa-lyon.fr

Liste Partenaires



Laboratoire / Equipe

Correspondant scientifique

Partenaires académiques

1

UMR 5600 EVS – CRGA et IRG

Florent Renard et Christina Aschan-Leygonie




UMR 5008 CETHIL

Frédéric Kuznik

3

UMR 5509 LMFA

Lionel Soulhac

Partenaires praticiens

4

Métropole de Lyon

Luce Ponsar et Corinne Hooge

5

Agence d’Urbanisme pour le développement de l’agglomération lyonnaise

Philippe Mary et Damien Saulnier

6

Météo-France

Alain Brisson






  1. Rappel des objectifs

Au regard de l’appel à projets déposé fin mars 2014 et de la note complémentaire en réponse aux recommandations du Conseil Scientifique début juin 2014, les objectifs généraux du projet Epoc ont été répartis selon un calendrier biennal, qui organise leur répartition selon les missions des deux post-doctorants envisagés :


Les missions du premier post-doctorant recruté (Didier Soto) étaient les suivantes :

  • Procéder à un état des lieux des compétences scientifiques et socio-économiques en présence ;

  • Réaliser un diagnostic des enjeux du territoire tendant à l’exhaustivité ;

  • Établir un recensement des acteurs et de la gouvernance investis dans les politiques d’adaptation au changement climatique aussi bien à l’échelle régionale qu’à l’échelle locale ;

  • Effectuer une étude de faisabilité sur le volet instrumentation.

Pour rappel, les missions envisagées du second post-doctorant étaient de :



  • Contribuer au lancement de l’observatoire et à son animation scientifique ;

  • Organiser une campagne d’instrumentation et analyser les outils numériques de prévision des caractéristiques microclimatiques locales ;

  • Cartographier le risque climatique encouru par les enjeux humains et environnementaux.



  1. Avancées scientifiques

Les missions conduites dans le cadre de la première année du projet Epoc reposent essentiellement sur une dimension diagnostique. Il a donc été procédé, dans un premier temps, à un état des lieux des connaissances locales en lien avec la problématique de l’adaptation climatique.

*

Pour réaliser l’état des lieux des connaissances locales, il a été nécessaire, en ce qui concerne le territoire urbain lyonnais, de procéder à une analyse de la bibliographie académique et de la littérature institutionnelle, davantage fournie en ce qui concerne le sujet d’étude. Plusieurs points ressortent de cette analyse, parmi lesquels le fait qu’il existe aujourd’hui, sur le territoire, des initiatives de recherche porteuses qui doivent être connectées, et que des interrogations fondamentales demeurent qui doivent être résolues.




  1. Des initiatives porteuses à connecter

Il convient de rappeler que le changement climatique constitue un méta-risque (Gilbert, 20031), dans le sens où, s’il ne crée pas de nouveaux risques, il contribue à amplifier leurs conséquences actuelles, que ces derniers soient chroniques (pollution) ou plus aléatoires (inondations, vagues de chaleur, etc.). L’objectif des politiques publiques d’aménagement du territoire consiste donc à diminuer les risques futurs auxquels seront soumis les sociétés et leur environnement, au travers d’actions diminuant les impacts effectifs du changement climatique (stratégie d’atténuation) et améliorant la capacité de réponse des enjeux concernés (stratégie d’adaptation). Les travaux sur la question des risques provoqués par le changement climatique ont longtemps été concentrés sur la question de l’atténuation des phénomènes eux-mêmes et s’orientent davantage aujourd’hui sur les vulnérabilités qu’ils révèlent, autrement dit sur l’adaptation des sociétés et de leur environnement aux aléas. Cette inflexion des thématiques de recherche est, en partie, liée à la fragilité des systèmes urbains à l’égard des risques d’origine naturelle. En effet, les villes apparaissent comme des territoires de risque, non seulement à cause de leurs fortes vulnérabilités, mais aussi parce que leur capacité de réponse est trop souvent insuffisante (Quenault, 20132).

Ce constat peut s’appliquer en ce qui concerne l’élaboration du Plan Climat Énergie Territorial (PCET) de la Métropole de Lyon. Lancé depuis 2005, le PCET grand-lyonnais a d’abord initié une stratégie d’atténuation par la conduite de 26 actions sectorielles et transversales pour tenter de répondre aux objectifs des « 3x20 » et du Facteur 43. En revanche, bien qu’initiée simultanément, la politique lyonnaise d’adaptation est encore en cours de constitution. Elle s’appuyait, au démarrage du projet Epoc, sur des initiatives porteuses, mais encore insuffisamment connectées, de la part des chercheurs, des techniciens des collectivités territoriales et des responsables de recherche et développement des entreprises, qui intègrent, de plus en plus, la dimension climatique dans leurs processus de décision et d’action (EPE et Onerc, 20144). Ce constat peut ainsi être appliqué à la caractérisation locale du climat urbain, qui est indispensable pour mieux comprendre les impacts potentiels du changement climatique. Ainsi, des travaux ont été initiés en ce qui concerne la caractérisation des îlots de chaleur urbain (Champiat, 20095; Agence d’urbanisme pour le développement de l’agglomération lyonnaise, 20106; Maillard et al., 20147; Diallo-Dudek, 20158), mais, s’ils mobilisent des compétences diverses, ceux-ci concernent à l’heure actuelle des acteurs qui travaillent selon des objectifs, des commanditaires et des méthodes différents, ce qui ne permet pas d’aborder la question de l’adaptation au changement climatique de manière holistique. Une des solutions pour permettre cette approche systémique semble être de se focaliser sur le territoire, véritable trait d’union entre tous les acteurs de l’adaptation, par le biais d’une structure opérationnelle pluridisciplinaire, qui puisse contribuer à rapprocher chercheurs, praticiens, et également la société civile, qui est amenée à mieux développer ses capacités adaptatives. Le projet d’observatoire local apparaît alors clairement comme une solution, dans le sens où il constituerait à la fois une structure opérationnelle de convergence entre chercheurs, praticiens et la société civile, mais aussi un outil capable de produire de la donnée pérenne, de la diffuser et de l’analyser.


  1. Des questions fondamentales à résoudre

L’analyse bibliographique opérée a permis de mettre en évidence que plusieurs questions fondamentales devaient être résolues avant de pouvoir clairement initier une stratégie concertée d’adaptation au changement climatique : À quelles conditions climatiques s’adapter à l’échelle locale ? Quels visages (forme, couleur, matériaux) doit avoir la ville de demain ? Comment peuvent être améliorées les capacités adaptatives institutionnelles et civiles ? De quelle manière est-il possible d’évaluer, et par là même, de réduire la vulnérabilité des enjeux humains et environnementaux ? Une première réponse à ces questions repose dans les diagnostics climat institutionnels, encore dans leur version provisoire à l’heure actuelle. Mais, si ces derniers constituent un socle de connaissances, certains points doivent être approfondis.




    1. Une meilleure caractérisation du risque de fortes chaleurs en milieu urbain

Dans la perspective du changement climatique (Météo-France, 20119 ; Jouzel et al., 201410), la hausse de la moyenne annuelle de la température de l’air (comprise entre 0,6 et 1,3°C à l’horizon 2050 , par rapport à la période 1976-2005) et l’augmentation du nombre de jours de fortes chaleurs en été (entre 0 et 5 jours), potentiellement amplifiées par l’effet d’Îlot de chaleur urbain (Icu), fait peser un risque essentiellement sur les enjeux humains et environnementaux, à l’exemple des valeurs de surmortalité affichées lors de la canicule de l’été 2003 à Lyon (hausse de 80 % du nombre de décès - Vandentorren et al., 200311) et dans les autres territoires français. La caractérisation du climat urbain et des effets potentiels du changement est donc primordiale dans la déclinaison de la stratégie d’adaptation du territoire, de manière à réduire les impacts sanitaires et environnementaux d’une future vague de chaleur d’ampleur exceptionnelle.

Cependant, les relevés météorologiques pérennes sur le territoire urbain lyonnais proviennent des seules stations de Lyon-Bron et de Lyon Saint-Exupéry, situées en dehors du centre urbain et soumises à une périurbanisation intense ces cinquante dernières années. Une des missions de l’observatoire peut donc être de contribuer à résoudre ce problème de désert métrologique. Pour ce faire, deux méthodes apparaissent aujourd’hui possibles et complémentaires. La première est de s’appuyer sur les images satellitaires, immédiatement disponibles et peu onéreuses au regard de l’instrumentation de terrain, et les sorties de modèle. Un premier travail est en cours sur le territoire lyonnais (Diallo-Dudek, op.cit) et a permis une cartographie de reconstitution de la température de surface et de la température de l’air lors de journées spécifiques, notamment pendant la canicule de 2003. Des gradients de température très resserrés apparaissent, notamment dans l’Est lyonnais, mettant en évidence des micros îlots de chaleur et de fraîcheur urbain. Cependant, des contraintes majeures apparaissent lors du recours à l’instrumentation satellitaire et à la modélisation, dont la faible probabilité d’avoir une image nette exploitable, c’est-à-dire sans couverture nuageuse. Il est donc difficile de pouvoir disposer d’une imagerie qui permette de caractériser un épisode de vague de chaleur dans l’intégralité de sa durée. Enfin, si la modélisation permet de s’affranchir de la contrainte satellitaire, elle nécessite un niveau de compétences élevé pour la maîtriser. En outre, il est impératif de comparer les résultats de la modélisation aux mesures de terrain, pour validation.

La seconde méthode, pour mieux caractériser le climat urbain, est de procéder à une instrumentation fine du territoire en capteurs permettant de mesurer, entre autres, la température de l’air, le rayonnement solaire, la vitesse et la direction du vent, l’humidité de l’air, ainsi que la pression atmosphérique. Dans le cadre du projet Epoc, un travail universitaire (réalisé au sein du Cethil de l’Insa de Lyon) est en cours sur la faisabilité d’une campagne d’instrumentation et porte sur le recensement du matériel existant et l’analyse du coût et du positionnement des futurs capteurs. Les premiers résultats de ce projet sont attendus courant juin 2015. Une des orientations de l’observatoire pourrait être de garantir le relevé pérenne des mesures en milieu urbain dense sur le long terme et de contribuer à l’analyse des données instrumentales, comme le fait déjà l’Othu en ce qui concerne les relevés pluviométriques par le biais de stations multi-paramètres (températures, précipitation, pression, vitesse et direction du vent, humidité relative).




    1. Une évaluation territoriale de la vulnérabilité à construire

En termes de connaissances de la vulnérabilité urbaine aux aléas potentiellement amplifiés par le changement climatique, il est connu, désormais, que, si on se focalise sur l’aléa « fortes chaleurs » en milieu urbain, qui constitue une des priorités d’intervention des gestionnaires, les personnes âgées, les enfants, les publics vulnérables (handicapés, malades chroniques), les individus à habitat précaire, à revenus très faibles ou souffrant d’isolement social, sont les plus exposées (Onerc, 200712 ; INVS, 201013 ; Quenault, op.cit ; EHESP, 201414). Les personnes âgées, par exemple, sont généralement fragilisées par la plus faible capacité de récupération de leur organisme, notamment pendant la nuit, et par leur plus forte médicalisation, qui altère leur capacité de récupération thermique. Cette problématique est d’autant plus à prendre en compte que la population générale de l’agglomération vieillit : la part des personnes âgées de plus de 85 ans augmentera de 80 % à l’horizon 2030 (Grand Lyon, 200815). Par ailleurs, environ 19 % des ménages de l’agglomération lyonnaise sont caractérisés par une précarité énergétique, selon les diagnostics climat institutionnels. De plus, l’accentuation probable des effets causés par la pollution, particulièrement pendant les épisodes de vagues de chaleur, par l’augmentation de la durée de la saison pollinique, ou bien par l’extension des aires de répartition des maladies transmises par un vecteur vivant (moustique tigre, par exemple), implique également une exposition accrue des populations les plus fragiles.

En revanche, les diagnostics climats institutionnels ne permettent pas de procéder à une évaluation territoriale opérationnelle de la vulnérabilité humaine et environnementale à l’aléa « vague de chaleur ». Si ces documents apportent un éclairage global sur l’ensemble des enjeux potentiellement impactés par les effets du changement climatique, « [ils n’] adoptent [pas] une approche territorialisée, focalisée sur la ville, tentant de lier le fonctionnement et le développement urbain avec les vulnérabilités au changement climatique et les moyens de les réduire grâce à des stratégies d’adaptation ». Il apparaît donc comme nécessaire de procéder à une évaluation de la vulnérabilité territoriale, comme cela a été fait, sur le territoire métropolitain lyonnais, par Renard et Chapon (2010)16 et Soto et al, (2014)17 en ce qui concerne les risques d’inondation et d’origine technologique. Pour pouvoir évaluer la vulnérabilité et tenter de la réduire, il est donc nécessaire de mutualiser les informations contenues dans les deux diagnostics institutionnels et de procéder à une évaluation exhaustive de la vulnérabilité territoriale des enjeux. Il pourrait s’agir de l’une des raisons pour lesquelles saisir l’observatoire, qui solliciterait les compétences locales identifiées pour constituer le panel d’experts constitués. La cartographie des espaces les plus vulnérables du territoire permettrait alors de mieux adapter le fonctionnement et le développement urbain, et de prioriser les efforts à mener, en termes de politiques d’aménagement, pour réduire la vulnérabilité territoriale. Un suivi, sous la forme d’une veille, pourrait alors être envisagé pour assurer une observation pérenne, comme le font déjà certains observatoires sociaux et sanitaires. Un travail universitaire (réalisé au sein de l’Université Jean Moulin-Lyon 3) est en cours sur ce sujet en ce qui concerne le territoire lyonnais, dans le but de préfigurer les conditions d’évaluation de la vulnérabilité humaine.


    1. Une meilleure prise en compte des capacités adaptatives

Une autre approche peut être conduite pour appréhender la vulnérabilité, liée notamment à la résilience des systèmes urbains : il s’agit de déterminer la capacité de réponse des individus et des groupes sociaux aux aléas climatiques. En effet, si la résilience d’un système est, en partie, liée à sa capacité d’absorption face à une perturbation et à son auto-organisation, il convient également de s’intéresser à son aptitude à construire et à accroître sa capacité adaptative et sa capacité d’apprentissage (Folke et al, 200218), conditionnée, notamment, par l’accès aux savoirs et aux représentations de la population. Par le biais de cette démarche, il s’agit également de valoriser la démocratie participative et d’impliquer le citoyen dans l’accès, la production et la diffusion de l’information. La consultation des différents acteurs territoriaux potentiellement intéressés par la perspective de voir se créer un observatoire local du climat (cf. ci-dessous) a par ailleurs clairement fait ressortir cette volonté de mise en avant de l’action citoyenne.

Les recherches participatives, de par leur capacité à faire émerger et confronter les connaissances d’usage et les savoirs académiques, semblent constituer un moyen approprié pour évaluer les connaissances et les représentations des individus. Cette approche pourrait constituer une des missions potentielles de l’observatoire, de manière à réduire la vulnérabilité et augmenter la résilience sociale, notamment dans sa dimension proactive. À ce sujet, est conduite, sur le territoire lyonnais, une recherche participative (cooptée par la Mission Science et Société de l’Université de Lyon et qui implique des chercheurs du projet Epoc) sur les perceptions des citoyens aux effets du changement climatique et leurs savoir-faire en cas de survenue d’un phénomène remarquable (les fortes chaleurs sont à nouveau prises comme sujet d’étude). Cette démarche de consultation de groupes divers, aussi bien d’un point de vue social (personnes âgées, étudiants, actifs) que territorial (résidents du centre-ville et de la couronne périurbaine), est en cours et devrait livrer ses premiers résultats courant 2015. L’intérêt de ce projet de consultation citoyenne est qu’il a été l’occasion de mettre en exercice la pluralité, aussi bien d’un point de vue disciplinaire que professionnel.


  1. Le projet Epoc, une démarche inédite de co-construction entre chercheurs et praticiens

Une des volontés qui a animé le pilotage d’Epoc dès son initiation était de pouvoir dépasser les limites propres des disciplines ou des métiers pour créer une connaissance pluridisciplinaire des effets du changement climatique et partager des « moments hybrides », pendant lesquelles les différentes communautés se mêlent et cherchent à décloisonner leurs propres représentations professionnelles. Par ailleurs, l’idée était émise de co-construire cette structure opérationnelle avec l’ensemble des acteurs du territoire, plutôt qu’un modèle théorique et une gouvernance soit imposés de facto. En ce sens, le projet Epoc se veut comme une matérialisation concrète des volontés exprimées par le labEx Imu d’envisager la recherche urbaine sous le prisme de la pluralité scientifique et technique et de la mise en partage des connaissances et des compétences.

L’idée forte ayant présidé à la première année du projet a donc été d’aller à la rencontre des acteurs impliqués dans la prise en compte du changement climatique, qu’ils soient chercheurs, praticiens, dirigeants d’entreprise ou représentants de la société civile. Pour cela, deux modes de rencontre ont été privilégiés, sous la forme d’entretiens bilatéraux, animés par le post-doctorant, et par la tenue d’une journée de travail collaboratif. La seconde idée qui a animé la réflexion pendant cette première année du projet a été de pouvoir inscrire la structure envisagée dans le paysage académique et institutionnel local. Pour cela, il est donc apparu nécessaire de connaître et de caractériser les structures d’observation déjà existante aux échelles locale et régionale, de manière à singulariser les missions et fonctionnalités propres de l’observatoire.


  1. Des communautés diversifiées, mais qui aspirent à l’hybridité

Le recensement des acteurs investis spécifiquement dans la problématique de l’adaptation au changement climatique montre qu’il s’agit davantage d’une problématique sur laquelle s’est investie la communauté praticienne, en lien avec la stratégie en cours de construction sur le territoire de la Métropole. Rares sont les chercheurs qui consacrent l’essentiel de leur activité à cette thématique, qui apparaît plutôt comme un axe transversal de leurs travaux. Quand ils le font, il s’agit davantage d’avoir un regard réflexif sur la conduite des politiques publiques locales (Rocher, 201319), plutôt que de formuler des préconisations opérationnelles.

En revanche, la communauté locale des chercheurs qui s’intéresse à la problématique du changement climatique est très diversifiée. Elle produit, aujourd’hui, des savoirs issus à la fois des sciences humaines et sociales (géographie, sociologie, philosophie, psychologie, économie), des sciences de l’ingénieur (génie civil, urbanisme, architecture, génie de l’environnement, biotechnologie environnementale etc.), des sciences biologiques (écologie, écotoxicologie, botanique etc.), et des sciences médicales et sanitaires (médecine, santé publique et salubrité de l’environnement, épidémiologie etc.). De la même manière, la communauté praticienne est également segmentée selon les établissements concernés (la Métropole de Lyon, l’Agence d’urbanisme pour le développement de l’agglomération lyonnaise, Météo-France, l’Agence Régionale de la Santé, etc.), qui s’intéressent à la question.

Dans le cadre de cette consultation, tous ont manifesté l’intérêt de dépasser les limites propres de leurs disciplines ou de leurs métiers pour créer une connaissance pluridisciplinaire des effets du changement climatique. L’observatoire envisagé doit donc reposer sur un socle de chercheurs et de praticiens, dont le partenariat, aujourd’hui incontournable, doit contribuer à briser les frontières longtemps érigées entre savoirs et action (Chemin et Thimonier-Rouzet, 201020). À ce socle doit également s’adjoindre le monde de l’entreprise, investi à l’échelle locale dans cette problématique, et la société civile par le biais, notamment, du tissu associatif.

Cependant, si l’ensemble des acteurs rencontrés converge vers un intérêt commun, des divergences subsistent encore entre la production des savoirs académiques, leur interprétation et leur transposition opérationnelle, en termes d’objectifs et de temporalité. Lors des rencontres, l’accent a également été mis sur la nécessité de disposer d’un langage commun sur des concepts forts en lien avec l’adaptation comme celui de « vulnérabilité » ou bien celui de « résilience », dont la polysémie alimente des interprétations ambigües voire contradictoires, comme l’ont déjà constaté Djament-Tran et Reghezza-Zitt (201221), ainsi que Quenault (op.cit). Une des démarches conduites pour créer les conditions d’un dialogue et d’un langage commun a notamment été d’organiser une journée de travail collaboratif.


  1. Un moment hybride : la journée de travail collectif du 20 mai 2015

Ainsi, le mercredi 20 mai 2015, une journée de travail collectif s’est tenue, organisée conjointement par le LabEx Imu et la Métropole de Lyon, dans le but de réunir l’ensemble des partenaires potentiels et de créer les conditions d’un échange pluridisciplinaire et multi-professionnel, qui dépasse celui du cadre des échanges bilatéraux.

L’objectif avoué était de pouvoir mêler, et de faire échanger (comme on peut le deviner sur la photographie), les différentes communautés qui s’intéressent à la fois à la question du climat urbain, mais aussi à celle du changement climatique et de sa prise en compte, tout en maintenant le cap de la réflexion sur la problématique de l’adaptation. Des ateliers ont été organisés en matinée pour impliquer chacun des participants dans une situation concrète en lien avec l’adaptation du territoire, tandis que l’après-midi était davantage consacrée à des échanges autour d’initiatives déjà existantes aux échelles locale, régionale et nationale.

Les premiers enseignements de cette journée, à laquelle ont participé près de 70 personnes, s’inscrivent dans la continuité des réflexions échangées lors de la consultation des acteurs. L’observatoire envisagé doit pouvoir constituer une interface entre les structures d’enseignement supérieur et de recherche, la société civile, ses gestionnaires territoriaux, ses élus, ainsi que les entreprises. Il doit créer le lien entre ces différentes polarités et être un outil de traduction à la fois des problématiques de recherche, dans un ancrage pluridisciplinaire, mais aussi des besoins des gestionnaires et des entrepreneurs. Il doit permettre d’ancrer la conscience du changement climatique dans l’esprit des décideurs et des citoyens et permettre ainsi d’éviter des erreurs de mal-adaptation. L’idée n’est pas tant de se placer uniquement en amont (production de données) ou en aval (aide à la décision) en termes de production de connaissances et de mutualisation des compétences, mais de faire interagir les sphères qui composent le système territorial, de manière à définir une stratégie commune et concertée d’adaptation au changement climatique. Les termes d’hybridité et de participation citoyenne sont parmi ceux qui ont émergé des discussions multi-acteurs de la journée. Des résultats plus approfondis sur la teneur des échanges pourront être communiqués ultérieurement et constitueront des éléments pour profiler l’observatoire envisagé.

Ainsi, si la légitimité de créer une structure d’observation et d’analyse locale du climat dans une démarche partenariale a été renforcée à l’issue notamment de cette journée, il est nécessaire de connaître le positionnement des autres structures d’observation aux échelles locale et régionale, de manière à singulariser les missions envisagées de cette structure.


  1. Quel positionnement de l’observatoire par rapport aux autres structures d’observation sur le territoire ?

Les observatoires, qui prennent en compte les effets du changement climatique en milieu urbain, revêtent aujourd’hui plusieurs formes et résultent, généralement, soit d’un rapprochement de structures universitaires de recherche, soit d’un pilotage par des collectivités territoriales et des établissements publics.

À l’échelle locale, c’est-à-dire celle qui couvre exclusivement le territoire urbain lyonnais, un observatoire opère un lien entre ses thématiques d’étude et le climat urbain : il s’agit de l’Othu (Observatoire de terrain en hydrologie urbaine), qui se présente sous la forme d’une Fédération de Recherche. Ses activités d’observation et de recherche ont pour objectifs de mesurer et de modéliser les flux d’eau ainsi que l’efficacité des systèmes de gestion des eaux, dans une optique d’améliorer les pratiques courantes.

À l’échelle régionale, trois observatoires traitent de la problématique du changement climatique et de l’atténuation de ses effets. Il s’agit de l’Orecc (Observatoire régional des effets du changement climatique) ; de l’Oreges (Observatoire régional de l’énergie et des gaz à effet de serre), qui dispose d’une gouvernance commune avec l’Orecc depuis fin 2014, et Air Rhône-Alpes, dont l’objectif est de mesurer et d’analyser la qualité de l’air.

Dans le cadre de la consultation des différents acteurs du territoire, les échanges opérés avec les représentants de ces différentes structures d’observation ont permis de renforcer la légitimité d’un observatoire local du climat qui puisse servir soit de catalyseur à des problématiques transversales (changement climatique) des structures opérationnelles locales de recherche-action (Othu et la Zabr – Zone atelier bassin du Rhône -, dans une moindre mesure), soit de relais local à des observations et des analyses actuellement focalisées sur le territoire administratif régional.

À l’heure actuelle, les premières discussions ont été engagées pour formaliser un rapprochement avec l’Othu en ce qui concerne l’échelle locale. Au niveau régional, des connexions ont déjà été opérés avec l’Observatoire savoyard du changement climatique dans les Alpes du Nord et la plate-forme Envirhônalp. L’objectif ici est de préfigurer le souhait exprimé par les représentants de l’Orecc de pouvoir solliciter un réseau de structures d’observation locale pour alimenter, de manière complémentaire, les réflexions et les préconisations émises à l’échelle régionale.




  1. Résultats obtenus, publications, valorisation et exploitation des résultats

Le premier retour sur les objectifs fixés initialement montre que l’état des lieux des compétences scientifiques et socio-économiques a été établi. Les réflexions émises et les actions entreprises à l’issue de cette première année de travail, ont permis de constituer et d’animer un premier réseau d’acteurs territoriaux aux compétences et aux connaissances variées. Les conditions d’un échange durable ont été amorcées par la tenue d’une journée de travail collaboratif, qui a permis d’enclencher une dynamique qu’il conviendra désormais d’entretenir, par le biais d’actions plus ciblées (séminaires, journées techniques, sessions de formation, restitutions citoyennes).

Une synthèse des connaissances a également été établie sur la base des diagnostics climat institutionnels et trois préconisations ont été formulées en ce qui concerne une meilleure caractérisation du risque de fortes chaleurs en milieu urbain, une évaluation de la vulnérabilité territoriale à construire et une meilleure prise en compte des capacités adaptatives, notamment en provenance de la société civile.

En ce qui concerne le dernier point sur la préfiguration d’un réseau d’instrumentation, il s’agit de l’objet d’une étude universitaire pilotée par Frédéric Kuznik, dont les premiers résultats seront connus très prochainement.



En termes de publication et de valorisation des résultats, les premières travaux publiés ou communiqués sont listés ci-dessous. Une attention a également été portée aux actions de vulgarisation scientifique dans le sens où ils reflètent cette volonté de se rapprocher de la société civile et de faciliter son accès à l’information.
Publications
Actes de colloque avec comité de lecture :


  1. Soto D., Renard F., 2015 – Premières réflexions sur la préfiguration d’un observatoire local du climat. Colloque Inforsid 2015. 12 p.

  2. Soto D., Renard F., 2015 – Constitution d’un observatoire pour une analyse pluridisciplinaire des effets du changement climatique sur le territoire métropolitain lyonnais. XXVIIIème Colloque de l’Association Internationale de Climatologie – Modélisations et Variabilités. 6 p.


Article soumis :


  1. Soto D., Renard F., Thimonier-Rouzet E., 2015 - Premières réflexions sur la préfiguration d’un observatoire lyonnais du climat. Echo-Géo (article soumis en mai 2015)


Actes de colloque soumis :


  1. Soto D., Étude de préfiguration d’un observatoire local du climat (Epoc) : une démarche inédite de co-construction entre chercheurs et praticiens. Seconde édition des Dialogues de la recherche du CNFPT« Prévention et gestion des risques climatiques dans les politiques territoriales »



Communications :


  1. Soto D., Renard F., 2015 – Premières réflexions sur la préfiguration d’un observatoire local du climat. Colloque Inforsid 2015. Biarritz.

  2. Soto D., Renard F., 2015 – Constitution d’un observatoire pour une analyse pluridisciplinaire des effets du changement climatique sur le territoire métropolitain lyonnais. XXVIIIème Colloque de l’Association Internationale de Climatologie – Modélisations et Variabilités. Liège (Belgique).


Vulgarisation de la recherche

  • Membre du comité scientifique de la Mission Science et Société : « Recherche participative sur le changement climatique et l’adaptation de notre territoire ». Université de Lyon.




  • Participation à un temps d’échange avec des lycéens de l’Académie de Lyon et de Grenoble, en amont des opérations de démocratie participative de la COP21.




  • Participation à l’émission « Décryptage » sur la radio nationale RCF sur la question du changement climatique.



1 Gilbert, C., 2003. Risques collectifs et situations de crise. Apports de la recherche en sciences humaines et sociales. Paris, L’Harmattan. 340 p.

2 Quenault, B, 2013. Retour critique sur la mobilisation du concept de ‎résilience en lien avec l’adaptation des systèmes urbains au changement climatique, http://echogeo.revues.org/13403

3 L’expression « 3x20 » désigne l’objectif national de réduire de 20 % les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES), d’améliorer de 20 % l’efficacité énergétique et de porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie. Le Facteur 4 désigne l’objectif de réduire par quatre les émissions territoriales de GES à l’horizon 2050.

4 EPE, Onerc, 2014. Les entreprises et l’adaptation au changement climatique. 56 p.

5 Champiat, C., 2009. Identifier les ICU pour réduire l’impact sanitaire des vagues de chaleur. Environnement Risques Santé, vol.8, p. 399-411.

6 Agence d’urbanisme pour le développement de l’agglomération lyonnaise, 2010. Identification des îlots de chaleur de l’agglomération lyonnaise, vulnérabilité des populations et mesures envisageables de résorption. 98 p.

7 Maillard, P, David, F, Dechesne, M, Bailly, J.B, Lesueur, E, 2014. Caractérisation des îlots de chaleur urbains et test d’une solution d’humidification de chaussée dans le quartier de la Part-Dieu à Lyon. Techniques Sciences Méthodes, n°6, p. 23–35.

8 Diallo-Dudek, J, 2015. Land Surface Temperature in the urban area of Lyon metropolis: a comparative study of remote sensing data and MesoNH model simulation. Actes du colloque Joint Urban Remote Sensing Event, Lausanne.

9 Météo-France, 2011. Étude du changement climatique pour le SRCAE Rhône-Alpes. 73 p.

10 Jouzel, J, Ouzeau, G, Deque, M, Jouini, M, Planton, S, Vautard, R, 2014. Le climat de la France au XXIème siècle. Volume 4. Scénarios régionalisés : édition 2014 pour la métropole et les régions d’outre-mer. 64 p.

11 Vandentorren, S, Suzan, F, Pascal, M, Maulpoix, A, Medina, S, 2003. Données météorologiques et enquêtes sur la mortalité dans 13 grandes villes françaises. Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, vol. 45-46, p. 219–220

12 Onerc, 2007. Changement climatique et risques sanitaires en France. 208 p.

13 INVS, 2010. Impacts sanitaires du changement climatique en France. 57 p.

14 EHESP, 2014. Guide - Agir pour un urbanisme favorable à la santé. 192 p.

15 Grand Lyon, 2008. Ville, santé et réchauffement climatique. 48 p.

16 Renard, F, Chapon, P.M, 2010. Une méthode d’évaluation de la vulnérabilité urbaine appliquée à l’agglomération lyonnaise. L'Espace géographique, vol.39, p.35-50.

17 Soto, D, Renard, F, Magnon, A, 2014. Evaluating Environmental Risk to Technological Hazards Using GIS Spatial Decision Making, Lecture Notes in Computer Science, vol. 8581, p. 15–25.

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