Etats généraux de l’outre-mer dans l’Hexagone


Déclaration du Collectif des rapporteur(e)s lors de la journée de restitution nationale du 1er octobre 2009



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Déclaration du Collectif des rapporteur(e)s lors de la journée de restitution nationale du 1er octobre 2009

Déclaration


du
Collectif des rapporteur(e)s
des
États généraux de l’outre-mer dans l’Hexagone
lors de la
Journée de restitution nationale
des États généraux de l’outre-mer
au
Secrétariat d’État à l’outre-mer
par
David Auerbach Chiffrin
- - -
Rapporteur coordonnateur
des États généraux de l’outre-mer dans l’Hexagone
- - -
Jeudi 1er octobre 2009
27, rue Oudinot, Paris VIIème
- - -
Les rapporteur(e)s coordonnateur(e)s, thématiques et régionaux des États généraux de l’outre-mer dans l’Hexagone, installé(e)s à compter du 25 mars 2009 par Monsieur Patrick KARAM, délégué interministériel pour l’égalité des chances des Françai(se)s d’outre-mer et constitué(e)s en collectif le 12 septembre suivant avec son aval, sont Mesdames & Messieurs Patrick ARNOLIN, David AUERBACH CHIFFRIN*, Jean-Jacob BICEP, André-Max BOULANGER, Jules CAPRO-PLACIDE, Lydie CONDAPANAÏKEN-DURIEZ*, Daniel DALIN*, Christian DE LAUZAINGHEIN, François DURPAIRE, Nathalie FANFANT*, David FIMIEZ, Rose-Hélène FONTAINE, Yann GENIES, Greg GERMAIN*, Gérard GINAC, Johan GIRAUD-GIRARD, Memona HINTERMANN, Christine HOUBLON, Daniel ILLEMAY, Sophie JACQUEST, Patrick JEANNETTE, Robby JUDES*, Jean-Claude JUDITH DE SALINS, Raymond KROMWELL, Thierry LE LAY*, Freddy LOYSON*, Richard MELIS, Christiane NOLLET, Guy NUMA, Gilbert PARIS, Pierre PASTEL*, Pascal PERRI, Pierre PLUTON, Pascal RIGAUD, Jean-Jacques SEYMOUR*, Claudy SIAR, René SILO, Bernard SOLITUDE* et Patrick THÉOPHILE.
* Membres fondateurs du Collectif des rapporteur(e)s des États généraux de l’outre-mer dans l’Hexagone, ayant pu se rendre disponibles le samedi 12 septembre 2009 lors de l’assemblée constitutive de ce collectif à Paris, quai des Célestins.
Madame la Ministre [Marie-Luce PENCHARD],
Monsieur le Délégué interministériel pour l’égalité des chances des Françai(se)s d’outre-mer [Patrick KARAM],
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Préfet SAMUEL,
Monsieur le Préfet LEMAIRE,
Mesdames et Messieurs les Rapporteur(e)s,
Monsieur le Délégué général de l’ACCD’OM (Association des communes & collectivités d’outre-mer) [Lilian MALET],
Mesdames et Messieurs,
J’ai aujourd’hui l’honneur de représenter devant vous les 39 rapporteur(e)s coordonnateur(e)s, thématiques et régionaux des États généraux de l’outre-mer dans l’Hexagone et je voudrais saluer mes 38 collègues pour le travail considérable et de qualité qu’ils et elles ont accompli.
Je voudrais également les remercier pour tout ce qu’ils et elles m’ont appris car ces États généraux ont aussi été une aventure humaine, une sorte d’université populaire au cours de laquelle nous avons éprouvé le sentiment qu’un lien perdu se retissait - avec la République tout d’abord mais aussi entre nous et cela constitue d’ores et déjà, au-delà de questions d’identité sur lesquelles je reviendrai, une première et incontestable réussite qu’il convient de mettre au crédit de Patrick KARAM, délégué interministériel pour l’égalité des chances des Françai(se)s d’outre-mer.
Plus particulièrement, qu’il me soit permis de saluer Memona HINTERMANN et Thierry LE LAY, rapporteur(e)s coordonnateur(e)s des États généraux de l’outre-mer dans l’Hexagone, qui ont bien voulu nous accompagner et nous guider de leur hauteur de vue et de leur capacité d’écoute et de dialogue.
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* *
«On ne peut pas séparer les Ultramarins de métropole de ceux restés au pays, comme s’il s’agissait de deux catégories de populations totalement différentes».
Cette phrase prononcée par le président de la République, Nicolas SARKOZY, le 31 mars 2007, est sans doute la plus emblématique, à nos yeux, de ce que devront être ces États généraux de l’outre-mer dans l’Hexagone. Car tout est dit. Notre demande, légitime, d’égalité, de respect, de continuité territoriale, de reconnaissance, après des décennies de déni par la République.
Qui sommes-nous ? Nous sommes un million d’originaires de l’outre-mer, sans doute plus, vivant dans l’Hexagone, près d’un(e) Ultramarin(e) sur trois, objets depuis des décennies d’une ignorance de la République, ignorance de nos spécificités, de nos origines, de notre histoire, de nos besoins. Nous sommes au nombre des grands ballotés de l’histoire et les nombreux qualificatifs qui nous désignent - «Négropolitain(e)s, Euroblacks, Blacks, Domien(ne)s, exil(e)és, émigré(e)s, Nègzagonal(e)s», pour reprendre une liste établie par Greg GERMAIN - témoignent de nos difficultés à trouver une place non seulement dans l’Hexagone mais aussi outre-mer.
Depuis le 19 février dernier, date à laquelle le président de la République a lancé ces États généraux de l’outre-mer, quatorze commissions thématiques et sept commissions régionales se sont constituées dans l’Hexagone grâce à l’action résolue et pertinente de Patrick KARAM.
Huit grands débats publics partout en France, à Paris, Bordeaux ou Trappes, plusieurs dizaines de réunions de commission, des milliers de personnes consultées ont finalement permis de formuler 282 revendications dont 162 relatives aux attentes de nos compatriotes dans l’Hexagone et 120 à celles de nos familles et de nos proches là-bas - un «là-bas» si présent pour nous, quoiqu’en pensent certains élu(e)s pour lesquel(le)s quand on est parti, on est comme mort.
*
* *
Les États généraux de l’outre-mer dans l’Hexagone ont ainsi mis en évidence des principes, des domaines d’application de ces principes, des acteurs pour appliquer ces principes et une volonté.
Les principes
Ils sont simples et ils sont si bien rappelés par le président de la République dans son discours, fondateur, du 31 mars 2007. Egalité. Etre enfin reconnu(e)s dans notre spécificité par l’État, par les collectivités locales, par l’opinion publique qui trop souvent nous réduit à une dimension festive ou athlétique largement fantasmée, pour ne pas dire créée de toutes pièces. La continuité territoriale. Voir enfin reconnue notre légitimité à nous déplacer sur le territoire de la République et donc à rendre visite à nos familles et à nos proches à une fréquence décente. La citoyenneté. Voir enfin le million d’habitant(e)s que nous représentons dans l’Hexagone participer à la vie de la cité - je le dis à la veille d’élections régionales. Voir notre lien avec nos collectivités d’origine reconnu, ainsi que notre volonté de nous exprimer sur leur avenir statutaire.
Les domaines d’application de ces principes
Les principes sont simples, ils sont forts, ils sont ceux mêmes de la République et des valeurs de 1789. Les domaines, eux, sont nombreux. Qu’il s’agisse de mémoire (beaucoup a été fait mais tant reste à faire), de culture (un chanteur demandait «où sont les femmes», nous demandons «où sont les originaires de l’outre-mer» à la télévision, à la radio, aux actualités, dans les créations audiovisuelles..)., d’éducation (les quartiers où nous vivons sont bien souvent les plus mal lotis en la matière, l’actualité récente le démontre), de formation professionnelle, d’égal accès à la promotion professionnelle dans le secteur privé comme dans le public... Sur tous ces points, le retard est si ancien et surtout si anciennement ignoré, même si beaucoup a été fait depuis deux ans par Patrick KARAM, que certains instruments de mesure manquent alors même qu’ils existent souvent pour d’autres minorités. C’est pourquoi l’une de nos demandes porte sur le lancement d’une étude ou d’une enquête de trajectoire par l’INSEE, conforme aux valeurs de la République, qui éclaire l’action publique et celle de nos associations.
Les acteurs pour appliquer ces principes
Nos commissions ont souhaité le maintien ou la mise en place de nombreux acteurs institutionnels, personnes morales ou personnes physiques.
Une Agence pour le développement et la diffusion des cultures d’outre-mer, un Congrès des écrivains de l’outre-mer, un Pôle central des cultures d’outre-mer, un Institut du monde créole, un Réseau national des Maisons des Ultramarin(e)s de l’Hexagone, un Réseau national des Maisons des étudiant(e)s & lycéen(ne)s ultramarin(e)s de l’Hexagone, un Observatoire de la citoyenneté de l’outre-mer dans l’Hexagone, une Association sportive des Ultramarin(e)s des équipes de France, un Centre de ressources et d’étude de l’outre-mer, une Fondation pour la diversité outre-mer sont ainsi souhaités. Qu’il me soit à cette occasion permis d’observer, à titre personnel et sans remettre en question la légitimité de ces revendications, que plusieurs d’entre elles me paraissent convergentes et qu’un effort d’unité ou de cohérence pourrait sans doute être mené, effort sur lequel l’ensemble des rapporteur(e)s précité(e)s, constitué en collectif le 12 septembre dernier avec l’aval du délégué interministériel Patrick KARAM, pourra s’il le veut bien se pencher dans les jours qui viennent.
Un chargé de mission affecté aux affaires ultramarines dans l’Hexagone auprès du médiateur de la République est également souhaité.
Une volonté
Après des mois de travail d’arrache pied, après les dizaines, sans doute les centaines de réunions évoquées, nous avons senti une immense volonté de nos compatriotes de voir enfin ces principes respectés, de voir l’égalité rétablie, de voir les acteurs évoqués se mettre en place d’une façon ou d’une autre. Cette volonté a nous semble-t-il quelque chose de nouveau, après notamment de précédents États généraux concernant l’outre-mer en 1996, c’est le refus du théorème formalisé par Clémenceau : «Un problème, une commission, un rapport, un tiroir.»
Après les semaines de mouvements sociaux outre-mer, dont nos compatriotes de l’Hexagone ont été puissamment solidaires, les manifestations suivies en masse des 21 et 28 février en ont témoigné, notre sentiment est que cette fois-ci nous ne lâcherons pas l’affaire. Un exemple parmi d’autres : alors que la démocratie dont la Révolution française s’est le plus inspirée en 1789 vient d’élire un président que sa couleur de peau rattache à l’histoire de l’esclavage, il nous semble que nos compatriotes seront singulièrement attentifs, lors des scrutins régionaux qui viennent, à la représentativité des listes qui se présenteront à leur suffrage. Un million d’habitant(e)s, cela fait combien d’électeurs et d’électrices ?
Sur ces bases, dans l’attente du dialogue que nous allons, Mesdames et Messieurs, avoir ensemble, nous nous plaçons résolument sous le signe de cette forte phrase adaptée de Pierre ALIKER : «Les Ultramarin(e)s doivent viser l’excellence». Ensemble, Mesdames et Messieurs, visons l’excellence, en tous nos débats, en toutes nos actions, au service de nos compatriotes, au service d’une République pleinement respectueuse de ses valeurs fondatrices : liberté, égalité, fraternité.
Je vous remercie.
Une version initiale de la présente déclaration est annexée au compte rendu de la cinquantième réunion préparatoire aux États généraux de l’outre-mer (quatorzième réunion de préparation de la synthèse des EGOM dans l’Hexagone) du 30 septembre 2009 - Document confidentiel : réf. 090930-99. doc


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