Art science technologie


Problmes spŽcifiques en 10 points



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Problmes spŽcifiques en 10 points


Point 1. Un "existant" ˆ sauver

En France, c'est ˆ la fin des annŽes 60 que le domaine de la recherche en Art-Science-Technologie a commencŽ ˆ prendre son essor dans les milieux de l'Žducation et de la culture. Parmi les ŽvŽnements marquants : 1) la crŽation - sans moyens adŽquats, mais le ver Žtait dans le fruit - de dŽpartements d'arts et de musique dans les universitŽs franaises ; 2) dans la lancŽe de cette crŽation, le dŽmarrage simultanŽ de la synthse d'images dans divers laboratoires universitaires d'informatique et de son usage en art avec notamment le Groupe Art et Informatique de Vincennes, d'o est issu le Groupe Arts et Technologies de l'Image ˆ Paris 8 ; 3) le retour de Jean-Claude Risset en France et la diffusion large du programme Music V, premier programme de synthse de sons modulaire et paramŽtrable ; 4) la crŽation de l'IRCAM et la crŽation ou la reconnaissance de six centres de recherche musicale en France (ACROE, CEMAMu, CERM, CIRM, GMEB, GMEM).



-> Le domaine AST bŽnŽficie donc d'un enracinement en France de plus de vingt ans.

Cependant le seul centre ayant bŽnŽficiŽ par dŽcret d'une pŽrennitŽ institutionnelle et d'une pŽrennitŽ de moyens est l'IRCAM. Pourtant d'autres groupes ont eu plus directement affaire avec une confrontation de terrain, tant vis-ˆ-vis de la recherche et la formation dans les universitŽs que de l'interdisciplinaritŽ (SHS-SPI par exemple).


Nous pensons notamment ˆ la formation ATI (Arts et Technologies de l'Image) au sein de Paris 8, ˆ l'ACROE, au groupe d'informatique musicale de Marseille (Luminy puis LMA). L'action d'Hugues Dufourt (crŽation de l'UMR 9912 "Recherche musicale" et du DEA de Musique et Musicologie du XXe sicle en relation avec l'IRCAM), qui fut le fer de lance d'une politique concertŽe de 1986 ˆ 1992, est aujourd'hui menacŽe : l'UMR 9912 et le DEA doivent tre redŽfinis pour mieux s'articuler ˆ la recherche musicale. Le DEA ATIAM (Acoustique, Traitement du Signal et Informatique AppliquŽs ˆ la Musique) a un problme chronique pour Žquilibrer son budget en dŽpit du soutien du Ministre de la Culture, et sa vocation AST est menacŽe par la pression des critres de "sciences dures". Le chapitre "repŽrages des ressources" propose une liste plus exhaustive et une analyse plus circonstanciŽe.
La soliditŽ des cadres, leur persŽvŽrance, leur implantation sur le terrain, et la richesse de leurs acquis en terme de concepts, de techniques et d'innovations font de ces groupes des points d'ancrage d'une grande force, nŽcessaires ˆ tout dŽveloppement ˆ venir. Mais les acteurs s'Žpuisent ˆ faire survivre des activitŽs et ˆ assurer des fonctionnements ˆ contre courant.

Point 2. La dispersion des forces vives de la troisime gŽnŽration  : De la premire montŽe en puissance au trou de gŽnŽration et ˆ la fuite de cerveaux

L'Žmergence du domaine de 1975 ˆ 1992 a naturellement ŽtŽ suivie d'un effet de diffusion, avec l'augmentation du nombre de personnes formŽes impliquŽes ou dŽsirant s'impliquer dans ce nouveau secteur et qu'il a ŽtŽ impossible de fixer. Jean-Claude Risset, l'IRCAM, l'ACROE, ATI et d'autres ont probablement suscitŽ un nombre assez important de vocations et de personnes formŽes, qu'il est bien entendu difficile de chiffrer. Celles-ci se sont tournŽes par nŽcessitŽ vers des secteurs plus conventionnels (informatique, art, entreprises du son et de l'image...) : mais elles forment une sorte de diaspora sur laquelle il serait important de s'appuyer.


Ceci est d'autant plus important que l'absence de cette gŽnŽration provoque une situation de rupture prŽsentant les dangers d'une nouvelle forme de noviciat visant les gŽnŽrations actuelles, trs attirŽes par les incidences culturelles, mŽdiatiques et artistiques des nouvelles technologies, nŽo-noviciat favorisŽ par leur habiletŽ et leur versatilitŽ.
Il faut noter actuellement une prŽoccupante "fuite de cerveaux" franais dans le domaine de l'informatique musicale: au Canada : Marc-Pierre Verge, Philippe Derogis, Christophe Ramstein qui ont crŽŽ une entreprise dans des conditions extrmement favorables (le dernier nommŽ valorise industriellement des innovations de l'ACROE qui n'ont pu tre valorisŽes en France); aux ƒtats-Unis: Jean Laroche et Jean-Marc Jot chez Emu.

Point 3. Tendances aux grandes unitŽs - Ralentissement de la mutation portŽe par le domaine AST

L'innovation fleurit gŽnŽralement dans les trs petites Žquipes (Cf. Intel, Apple). Or la tendance franaise aux UniversitŽs et au CNRS est vers les grosses unitŽs. Les petites Žquipes pointues aux capacitŽs pluridisciplinaires spŽcifiques tendent ˆ tre diluŽes, noyŽes, marginalisŽes et banalisŽes dans des Žquipes plus importantes. Les grandes unitŽs tendent ˆ monopoliser l'attention des directeurs d'Žtablissement pour les nŽgociations de contractualisation en vue de la rŽalisation d'UMR et d'URA avec le CNRS. La dilution des thŽmatiques AST dans de grandes unitŽs ayant d'autres dynamiques diminue aussi la visibilitŽ de ces thŽmatiques : Cas de l'ACROE au sein de l'UJF ou de l'INPG avec le CLIPS ; cas de l’Equipe Informatique Musicale au LMA ˆ Marseille : voir la prŽsentation du Laboratoire sur le site Internet http://alphalma.cnrs-mrs.fr/.


La lourdeur des unitŽs favorise un certain conformisme et une grande inertie : elle pŽnalise lourdement l'innovation, qui dispara”t en tant que telle si elle est exploitŽe trop tard.
Il en va de mme dans l'industrie : l'inertie et les tendances stratŽgiques des grandes compagnies les pŽnalisent dans l'application de rŽsultats nouveaux - les "start-up" ou les "spin-off" de petit volume sont mieux adaptŽes. Bien sžr les possibilitŽs d'aide aux entreprises, et les passerelles entre universitŽs, recherche publique et domaine privŽ (ŽtudiŽes dans le rapport Guillaume de mars 1998 sur la technologie et l'innovation) sont dŽcisives pour favoriser les transferts. Mais la lourdeur des mŽcanismes administratifs franais joue souvent un r™le asphyxiant.

Point 4. Le partage institutionnel et l'absence ou l'insuffisance d'accords-cadres

Il faut dŽplorer le refus frŽquent des institutions ˆ collaborer entre elles. Les institutions diffŽrentes rechignent ˆ s'engager dans une logique commune, les institutions concurrentielles ˆ dŽpasser leur rivalitŽ fŽodale. Il arrive souvent qu'un projet partagŽ entre deux universitŽs soit moins bien soutenu que s'il est le monopole d'une seule universitŽ (cf. le point 5 ci-dessous). Dans le cas du domaine AST, le partage institutionnel entre les Ministres de l'ƒducation Nationale et de la Culture a renforcŽ les cloisonnements que la dŽmarche transdisciplinaire s'efforait d'Žviter. Ainsi la recherche musicale est soutenue ˆ l'IRCAM par le Ministre de la Culture sans tre reconnue par le DŽpartement SPI du CNRS ; la musicologie est quant ˆ elle reconnue par l'UniversitŽ et le CNRS, mais moyennant des dipl™mes universitaires qui ne prennent pas en compte l'activitŽ proprement artistique : cela accentue de faon regrettable la coupure entre crŽation et savoir.


Peu aprs la crŽation de l'IRCAM, au sein du Centre Georges Pompidou, le ministre de l'industrie et de la recherche, M. Michel d'Ornano, crŽe par dŽcret du 11 mai 1976 un Conseil de la Recherche au secrŽtariat d'Žtat ˆ la culture dirigŽ par Michel Guy. Ce conseil est chargŽ d'Žvaluer et de coordonner les recherches relevant de la culture en liaison avec la DŽlŽgation GŽnŽrale de la Recherche Scientifique et Technique. Une partie importante des recherches pour l'art ont donc par la suite ŽtŽ pilotŽes par ce Ministre ˆ l'aide de fonds du BCRD flŽchŽs pour cet usage. Des postes d'ingŽnieurs de recherche ont Žgalement ŽtŽ crŽŽs.
Le Ministre de la Culture et de la Communication ne possde cependant pas de structures publiques propres susceptibles d'hŽberger ces recherches, mises ˆ part celles qui s'effectuent directement dans ses services - au LRMF ou au LRMH par exemple, dont l'expŽrience de l'association avec le CNRS via des UMR comprenant pour moitiŽ des personnels de formation scientifique Ç dure È (chimistes, physiciens nuclŽaires, informaticiens, photographes, physico-chimistes, opticiens, etc.) et des personnels provenant des secteurs des sciences de l’homme et de la sociŽtŽ (historiens de l’art, conservateurs, bibliothŽcaires, archŽologues, etc.) semble trs positive, sans pourtant aller jusqu'ˆ inclure des artistes vivants. Ces recherches s'effectuent donc plus ou moins directement dans d'autres structures publiques, par exemple des laboratoires universitaires ou des laboratoires CNRS, parfois via des associations 1901. Elles se doivent alors de tenir compte des demandes et des orientations des institutions d'accueil et sont parfois ŽvaluŽes par elles. Ceci est une situation de fait qui s'est installŽe sans cadre institutionnel ni structure d'Žvaluation arrtŽs ni conventionnŽs.
Les moyens de base et les objectifs gŽnŽraux viennent donc d'un ministre et l'accueil et l'Žvaluation d'un autre. Les missions de chacune de ces tutelles Žtant a priori diffŽrentes, les ingŽnieurs et chercheurs sont donc tiraillŽs quotidiennement entre deux types de missions, font double travail et double rendu de manire insatisfaisante, et se trouvent parfois dans des situations de biais programmatique difficiles ˆ gŽrer. Cette situation crŽe aussi des problmes administratifs extrmement lourds, chaque administration refusant de s'engager dans une logique commune avec d'autres administrations. On pourrait en donner des exemples courtelinesques.
Les personnes ˆ mme de nourrir efficacement la dŽmarche AST rencontrent ainsi des empchements dirimants ˆ leur travail et ˆ leur carrire.
Des accords - cadres interministŽriels (Ministre de l'Education Nationale, de la Recherche et de la Technologie / Ministre de la Culture et de la Communication) et inter-institutionnels (associations, CNRS SPI, CNRS SHS ...) seraient nŽcessaires pour formaliser ces situations de fait. Un accord-cadre a ŽtŽ signŽ u dŽbut des annŽes 90 entre le Ministre de la Culture et certains dŽpartements du CNRS, et son actualisation en cours. Cependant, actuellement, les nŽgociations de contractualisations en vue de constituer des unitŽs mixtes sont prŽvues entre UniversitŽs et CNRS sans mention du partenariat possible du Ministre de la Culture. Un accord-cadre plus large avec le Ministre de la Culture (MCC) devrait bien sžr impliquer le Ministre de l'Education Nationale, de la Recherche et de la Technologie (MENRT), de faon ˆ concerner les UniversitŽs.
Un tel accord-cadre devrait prŽvoir un niveau institutionnel intermŽdiaire entre la crŽation d'une UnitŽ Mixte de Recherche (UMR), entitŽ autonome, et la simple mise ˆ disposition de personnels d'un Ministre auprs d'une unitŽ d'un autre Ministre (MENRT et MCC). Comme le remarque Philippe Aigrain (1996), la situation de simple mise ˆ disposition de personnels de recherche Culture dans un laboratoire CNRS nuit ˆ la reconnaissance de la dimension spŽcifiquement culturelle des travaux conduits ; et actuellement les Žquipes Culture rattachŽes ˆ des laboratoires CNRS sont financŽes de faon dominante par le Ministre de la Culture. Aussi devrait-on envisager, comme le propose Aigrain, d'introduire un niveau "Žquipe mixte de recherche", dotŽ de structures lŽgres et souples, mais pouvant recevoir des soutiens spŽcifiques du CNRS (y compris en postes). Ce niveau intermŽdiaire pourrait prŽparer la mise en place ultŽrieure d'UMR si la signification des travaux le justifie.

Point 5. Les DEA "nationaux" et les formations spŽcifiques

Les thmes AST n'ayant offert pour l'instant ni une alimentation en enseignants ou en Žtudiants ni un dŽbouchŽ suffisants, les universitŽs n'ont pas ouvert facilement ˆ leur niveau local des formations spŽcifiques (DEA ou DESS) concernant les thmes AST, sauf les quelques cas particuliers dont il a ŽtŽ question dans le Point 1. De plus, aujourd'hui, la faible motivation qu'elles ont pour ce domaine rend difficile l'acceptation des propositions AST face ˆ d'autres propositions sur des thmes mieux centrŽs.


Les enseignements s'effectuent alors sous forme d'options de DEA existants ˆ l'intŽrieur desquels ils reprŽsentent une force de second plan, donnant beaucoup et en profitant peu, et en Žtant soumis au biais programmatique en termes d'orientation de thses.
S'il a ŽtŽ et s'il est sans doute encore raisonnable d'envisager ˆ l'Žchelle nationale les enseignements pluridisciplinaires dans les domaines AST, pour tirer parti au mieux des ressources, des capacitŽs d'accueil, des motivations, il faut remarquer que les rivalitŽs entre universitŽs et l'autonomie des Žtablissements universitaires crŽent des obstacles trs gnants, certains Žtablissements ne reversant ˆ des DEA qu'une trs faible proportion de la dotation versŽe par le Ministre de l'ƒducation Nationale, de la Recherche et de la Technologie, surtout lorsqu'il s'agit de thmes AST de faible poids. De plus les dotations habituelles aux DEA supposent l'existence d'enseignants en postes, ce qui ne peut tre le cas pour l'instant pour les disciplines Žmergentes AST, surtout dans la mesure o les artistes ne peuvent avoir de statut ˆ l'UniversitŽ (cf. point 6 ci-dessous) : mme si le dŽcompte de l'argent dŽpensŽ est bien moins ŽlevŽ en finanant des heures plut™t que des postes, il ne para”t pas possible d'obtenir l'augmentation de ces dotations en consŽquence de cet Žtat de fait.
D'autre part les enseignements de tels DEA nationaux tendent alors ˆ avoir lieu ˆ Paris, o sont concentrŽes la plupart des ressources : les universitŽs et les Žquipes d'accueil qui ne sont pas ˆ Paris sont pŽnalisŽes, car les Žtudiants qui souhaitent s'y inscrire ou y travailler ont des frais importants mais aucun moyen supplŽmentaire.
Il est donc essentiel que les formations doctorales AST soient dotŽes de moyens propres (personnels, outils informatiques) et qu'elles puissent disposer d'un financement public direct appropriŽ ˆ leurs spŽcificitŽ.

Point 6. HŽtŽrogŽnŽitŽ des statuts des personnels IngŽnieurs du Ministre de la Culture, professionnels...

Les personnalitŽs qui n'ont pas suivi un curriculum universitaire "normal" sont considŽrŽes comme des citoyens de seconde zone dans l'UniversitŽ ou au CNRS. L'UniversitŽ reconna”t difficilement d'autres interlocuteurs que des professeurs - et les responsables de DEA doivent tre "de rang A ou assimilŽs".


C'est notamment le cas des praticiens artistiques, ou des chercheurs qui ont fait carrire dans le cadre du Ministre de la Culture, o il n'y a que des ingŽnieurs et pas de statut de chercheur. De telles personnalitŽs, ne pouvant pour l'instant tre assimilŽes au rang A - mme si leurs travaux et leur rŽputation le justifieraient, et mme s'ils sont habilitŽs ˆ diriger les recherches - ne peuvent se voir confier de responsabilitŽs, par exemple pour la direction d'un DEA. (On notera qu'ˆ la grande Žpoque des Bell Laboratories les chercheurs Žtaient des ingŽnieurs, que ce soit le crŽateur de la thŽorie de l'information Claude Shannon, le pionnier de la communication par satellite John Pierce, le pre de la musique par ordinateur Max Mathews, ou les prix Nobel Brattain, Shockley et Penzies).
En matire d'art, beaucoup d'acteurs de recherche et d'enseignement dŽpendent du Ministre de la Culture. Souvent leurs travaux sont validŽs dans la communautŽ scientifique internationale. Il existe une liste ad hoc Žtablie par dŽcret des "assimilŽs au rang A" : il faudrait pouvoir y faire figurer les ingŽnieurs du Ministre de la Culture pour lesquels ce serait justifiŽ par leurs travaux et leurs responsabilitŽs de fait.
Il est important aussi de soulever la question de la nŽcessaire participation aux enseignements des professionnels des branches concernŽes, dans des conditions certes raisonnables, mais plus fermement qu'ˆ dose homŽopathique. Eux-seuls peuvent dŽfinir et donner une formation favorisant l'employabilitŽ. Ceci se fait naturellement dans des formations tirant leur ressources des fonds de formations permanentes ou sous tutelle des Chambres de commerce et d'industrie (Ecole d'infographistes de SupInfoCom ˆ Valenciennes, ou des CFT-Gobelins ˆ Paris). Cette remarque vaut aussi pour l'accueil d'artistes. Un premier prix de Conservatoire National SupŽrieur est assimilŽ au niveau bac +3 ou 4, ce qui n'est pas convenable. RŽcemment un directeur de maison de la culture mettant en Ïuvre un projet artistique comportant une composante technologique forte a dž faire appel ˆ des informaticiens Žtrangers, faute d'informaticiens franais ayant une expŽrience de travail avec des artistes (interview de Didier Fusillier, directeur de la Maison des arts de CrŽteil, TŽlŽrama n¡ 2512, 4 mars 1998).
Les obstacles administratifs font que dans le cadre d'un colloque, mme s'il concerne les arts, il est bien plus facile de payer des banquets que des musiciens ou des artistes, qui ne sont pas forcŽment affiliŽs aux organismes requis par l'administration. Les rgles comptables en vigueur ne permettent ˆ une personne de facturer des prestations que si elle a "qualitŽ" pour le faire : les critres administratifs pour juger de cette qualitŽ diffrent suivant les Ministres et les Etablissements. Les interventions de musiciens ou artistes sont difficiles ˆ gŽrer au sein de l'UniversitŽ ou du CNRS.

Point 7. La pratique de l'hŽbergement comme politique des universitŽs et grandes Žcoles

Outre le fait historique que l'activitŽ artistique n'est pas prise en compte dans l'ƒducation Nationale et les grands organismes de recherche, crŽant un partage dommageable entre la crŽation et le savoir, il faut noter une orientation souvent frileuse, voire passŽiste, d'instances collectives qui ont souvent favorisŽ le patrimoine reconnu des sicles prŽcŽdents par rapport aux domaines contemporains.


On ne peut strictement parler de non-reconnaissance totale des activitŽs relevant des thŽmatiques AST par les universitŽs, les grands organismes de recherche et les grandes Žcoles. Ainsi l'activitŽ d'informatique musicale, en France, comme dans beaucoup de lieux ˆ l'Žtranger, a pu se dŽvelopper dans certains laboratoires, parfois dans un climat d'acceptation et d'intŽrt. Paradoxalement, ce sont souvent les structures ˆ vocation artistique et culturelle (conservatoires, Žcoles d'art, corporations ...) qui ont le plus freinŽ le dŽmarrage des nouvelles formes de pensŽe et de production artistiques liŽes aux nouvelles technologies.
Mais en fait la politique des grands Žtablissements en matire d'AST s'est souvent limitŽe ˆ une pratique d'hŽbergement sans soutien de la thŽmatique ni considŽration pour ses problmes spŽcifiques. C'est le cas par exemple ˆ l'INPG de Grenoble pour l'ACROE, au LMA ˆ Marseille pour l'activitŽ d'informatique musicale, ˆ l'ENS Paris et l'EHESS pour le DEA Musicologie du XXme sicle, de l'Ecole polytechnique pour l'activitŽ d'informatique graphique du Lactamme, de l'ENS Cachan vis-ˆ-vis du groupe CREACI, de l'Ecole Centrale de Paris pour les recherches sur la couleur et l'image numŽrique.
Cette pratique est Žvidemment non viable ˆ terme. Elle a pu conduire soit ˆ des conflits graves, soit ˆ une sclŽrose par isolement du groupe de chercheurs concernŽs, car elle occulte l'activitŽ et fait obstacle ˆ sa lŽgitimation, ˆ son dŽveloppement quantitatif et ˆ son dŽploiement qualitatif (accueil d'artistes dans les laboratoires universitaires par exemple ...) en les limitant aux pratiques naturelles de l'organisme hŽbergeant.
Accessoirement, mais de manire significative, des questions trs matŽrielles se posent telle que la question de la prise en charge des frais d'infrastructrure, qui soulve ˆ nouveau trs concrtement la collaboration inter-ministŽrielle et/ou inter-institutionnelle.

Point 8. Le problme de la valorisation : publications et brevets

Qu'il s'agisse de valorisation par la publication ou de valorisation industrielle via des brevets et des licences d'exploitation, la situation du domaine AST est spŽcifique.


L'Žvaluation des recherches par les grands organismes passe par une mesure en termes de publications. Dans les domaines concernŽs, les confŽrences et surtout les revues "ˆ comitŽ de lecture" sont rares et peu reconnues. Ce problme est identique pour tous les secteurs naissants, surtout pour ceux ˆ forte composante pluridisciplinaire. Les chercheurs ont une rŽelle difficultŽ ˆ publier, et nombre d'entre eux n'ont pu obtenir de postes de recherche pour cette raison, malgrŽ l'Žvaluation trs positive de leur travaux et de leur compŽtences.
En matire de valorisation via des brevets, depuis une vingtaine d'annŽes, certaines tentatives de valorisation de recherches atypiques ˆ vocation artistique, faites dans le cadre d'organismes publics de recherche, ont avortŽ en raison de cadrages ou d'exigences irrŽalistes de la part des services de valorisation de ces organismes.
La lŽgislation europŽenne qui interdit la valorisation de toute invention ds lors qu'elle a fait l'objet d'une publication est Žgalement dŽfavorable - la carrire des chercheurs dŽpend plus sžrement de publications que de brevets hypothŽtiques ˆ l'application problŽmatique, et une innovation risque d'tre "volŽe" si elle n'est pas publiŽe assez rapidement. Aux ƒtats-Unis, le fait de publier permet au chercheur de prendre date, et il dispose alors d'une annŽe pour dŽposer une demande de brevet. Ce problme gŽnŽral est cependant trs critique en AST car la publication empche de fait le dŽp™t de brevets. Il semble donc que la lŽgislation actuelle dŽfavorise considŽrablement l'Europe sur le plan de la protection de l'innovation et des inventions : on ne voit pas pourquoi les pays europŽens continueraient ˆ se laisser pŽnaliser par cette lŽgislation.
Comme dans beaucoup d'autres domaines de la recherche franaise, la remontŽe des rŽsultats sur les produits (logiciels par exemple) est trs faible.


Point 9. La sous-estimation de la puissance Žconomique du domaine AST

Faisons remarquer ˆ nouveau que depuis le dŽbut des annŽes 70, la recherche en analyse-synthse de la parole a ŽtŽ trs fortement soutenue par des financements publics, alors que ses incidences et sa couverture Žconomiques sont bien plus faibles que celles de la recherche sur le son musical numŽrique : or les retombŽes de cette dernire recherche ont ŽtŽ largement ignorŽes en France au moment mme o elles commenaient ˆ alimenter une industrie musicale aux ƒtats-Unis et au Japon.


Aujourd'hui, ce phŽnomne est au moins dŽcuplŽ : l'Žlargissement des rŽseaux de communications, la diversification des mŽdias, l'explosion prŽvue des cha”nes thŽmatiques et des bouquets de programmes par satellites, ainsi que l'augmentation de la rŽactivitŽ dans la communication mŽdiatisŽe, dŽfinissent un espace ˆ combler en matire d'images et de sons, largement supŽrieur ˆ la capacitŽ de production nationale actuelle. C'est cela qui devrait calibrer ˆ l'avance les prestations en recherche et en formation.
Ce phŽnomne est totalement sous-estimŽ par les organismes publics de recherche et d'enseignement, qui en restent ˆ une vision archa•que en ce qui concerne le dimensionnement Žconomique de l'activitŽ artistique .

Point 10. Participation du DŽpartement SPI du CNRS

Alors que certaines recherches AST ont ŽtŽ unanimement reconnues comme Žtant des recherches de qualitŽ dans le domaine des SPI, qu'elles ont ŽtŽ expertisŽes par le comitŽ d'Žvaluation SPI, que certaines ont ŽtŽ ŽvaluŽes au sein des laboratoires associŽs ou des UMR contractualisŽes avec le SPI, qu'elles trouvent un niveau de publications Žgalement reconnu, alors mme que des UMR bipartites entre le Ministre de la Culture et de la Communication et le CNRS et qui relvent des deux dŽpartements du CNRS SHS et SPI existent dans le domaine de l'architecture, la reconnaissance explicite de ces recherches par le dŽpartement SPI du CNRS et la collaboration entre ce dŽpartement et le Ministre de la Culture et de la Communication posent actuellement des problmes qu'il faut rŽsoudre. En dŽpit de dŽnŽgations officielles, les UMR sont la plupart du temps de grosses unitŽs : comme il est dit plus haut, il serait souhaitable d'introduire un niveau "Žquipe mixte de recherche", dotŽ de structures lŽgres et souples, mais pouvant recevoir des soutiens spŽcifiques du CNRS (y compris en postes).




Mesures proposŽes

La considŽration des dix points qui prŽcdent amne ˆ proposer des mesures ˆ court et ˆ moyen terme, qui devraient aider ˆ prŽserver, dans les domaines de la recherche et de la formation, un existant menacŽ, et ˆ prŽvoir un dispositif pour couvrir les secteurs nŽgligŽs : dŽfinition d'un accord-cadre Ministre de l'Education, de la Recherche et de la Technologie (UniversitŽs et Centre National de la Recherche Scientifique) - Ministre de la Culture et de la Communication ; crŽation d'une Žcole doctorale impliquant les deux DEA existants, mais remaniŽs (ATIAM et Musique et Musicologie du XXe sicle) et un nouveau DEA national tournŽ vers les aspects "image" ; crŽation d'une Žcole doctorale impliquant ces DEA et dotŽe directement de moyens financiers et de bourses de thse; reconnaissance universitaire correcte d'acteurs de la recherche AST, et notamment des chercheurs sous la tutelle du Ministre de la Culture (en particulier les ingŽnieurs du Ministre de la Culture habilitŽs ˆ diriger les recherches et dont l'activitŽ en recherche et encadrement AST est reconnue devraient pouvoir tre habilitŽs pour la charge de direction d'un DEA), mais aussi reconnaissance des rŽalisations artistiques (en particulier pour permettre l'accueil de post-doc artistes Žtrangers dans des laboratoires AST) ; mise en place d'un certain nombre d'actions spŽcifiques sur des projets de recherche ciblŽs; aide au recrutement par le flŽchage rŽgulier de postes adŽquats sur le thme AST ; possibilitŽ de flŽcher des crŽdits BCRD pour les recherches AST.



E. PROPOSITIONS D’ORGANISATION

Le dŽveloppement et la structuration du domaine AST, domaine de recherche encore embryonnaire, met en jeu un certain nombre d'actions complŽmentaires possibles. L'objectif est d'associer chercheurs d'origine scientifique, chercheurs du domaine de la culture, artistes, industriels du domaine culturel et multimŽdia dans des Žquipes, des formations et des projets permettant leur fŽcondation rŽciproque. Pour l'atteindre, il faut mettre en place des structures pouvant favoriser le dŽveloppement et la valorisation de la recherche en art-science-technologie, et aussi amŽnager des mesures pour faciliter les interactions art-science-technologie dans la recherche, le dŽveloppement et la formation.


Il est important de partir des ressources existantes. Le repŽrage des ressources en France a distinguŽ trois catŽgories de groupes susceptibles de participer au programme AST. Le premier niveau est celui de groupes de terrain dŽjˆ actifs dans le domaine AST, et pouvant donc tre immŽdiatement opŽrationnels : ces groupes sont au nombre de 9. Le second est celui de groupes ou d'institutions susceptibles d'tre directement concernŽs par des appels d'offre. Leur nombre est de l'ordre d'une cinquantaine. Le troisime est celui de groupes ou d'institutions susceptibles de collaborer sur des thmes AST spŽcifiques : ils sont au nombre d'une quarantaine environ. Ces Žvaluations numŽriques sont donnŽes ici pour cadrer les propositions d'intervention.
Les cadres juridiques possibles sont prŽcisŽs dans le tome II, chapitre "Structures juridiques". Le lecteur est priŽ de se reporter ˆ ce chapitre, qui explique pourquoi telle structure est prŽfŽrable ˆ telle autre pour le dŽveloppement du programme AST.


Niveau 1 : Structuration au niveau institutionnel

Ce programme AST est par nature pluridisciplinaire et interministŽriel. Ce niveau traite d'une part de la coopŽration entre institutions existantes concernŽes par ce thme (Ministres, Žtablissements publics) et d'autre part des moyens institutionnels nouveaux ˆ mettre en place :


- Ministres : ministre de l'Žducation nationale, de la recherche et de la technologie, ministre de la Culture, ministre de l'Industrie

- ƒtablissements publics : UniversitŽs, CNRS, INRIA, INA, CNAC, CNSM ...


Les objectifs couverts par AST ne seront pas assurŽs par le seul choix d'une structure juridique, mais l'importance d'une structure adaptŽe est primordiale ˆ terme pour garantir la pŽrennitŽ du projet.
Les enjeux dŽcrits plus haut font de la recherche AST un secteur stratŽgique : cependant cette recherche est actuellement mal connue et mal traitŽe pour des raisons de taille critique insuffisante. La crŽation d'une entitŽ permettrait au domaine AST d'Žmerger de faon identifiable. Un tel regroupement des activitŽs AST donnerait au domaine une visibilitŽ et une reconnaissance qu'il ne peut avoir dans l'Žtat prŽsent, Žtant donnŽ la dispersion des activitŽs au sein d'unitŽs ˆ statuts divers. Il devrait aider ˆ inciter et ˆ organiser les recherches dans le domaine et ˆ Žtablir des liens avec le monde industriel.

A ce titre, la crŽation d'un institut ayant le statut d'Žtablissement public est souhaitable parce qu'elle assure ˆ la fois la continuitŽ du budget, la reconnaissance extŽrieure, l'autonomie dŽcisionnelle et la personnalitŽ juridique. Un tel institut devrait aider ˆ traiter de faon unifiŽe l'ensemble des problmes de la recherche et de son Žvaluation, du dŽveloppement, de la valorisation et de la formation pour tout un ensemble de mŽtiers, en restant en prise sur la science, la technologie et la crŽation artistique.


Mais la crŽation d'un tel Žtablissement est une opŽration lourde et sa position intermŽdiaire entre plusieurs ministres ne rendra pas cette crŽation plus simple.
On pourrait alors conseiller la mise en place ˆ titre provisoire d'un rŽseau de recherche, pouvant conduire ˆ court terme ˆ la constitution d'une structure d'Žtablissement public. Ce rŽseau devrait avoir un statut de type GIP (Groupement d'IntŽrt Public). Il devrait se doter d'un conseil d'administration et d'un conseil scientifique et artistique. Cette structure devrait faire intervenir les deux (ou trois) ministres concernŽs. Elle devrait pouvoir s'associer ˆ des Žtablissements publics ˆ vocation plus spŽcifique (universitŽs, Žcoles, conservatoires, Žcoles d'art...) suivant les nŽcessitŽs du programme.


Niveau 2 : Infrastructures de recherche et de formation



Infrastructures de recherche

2.1. Reconnaissance par les institutions ayant prŽsidŽ ˆ la fondation du programme AST d'un certain nombre d'unitŽs de recherche.


2.2. Assurer une alimentation rŽgulire du domaine en jeunes chercheurs par des flŽchages thŽmatiques de postes d'enseignants-chercheurs ou de chercheurs au titre de la recherche AST.
2.3. Mise en place d'un certain nombre d'actions spŽcifiques par la Direction de la Recherche sur des projets de recherche ciblŽs.
2.4. Proposer l'affectation d'un certain montant du BCRD (postes et moyens matŽriels et financiers) au Ministre de la Culture et de la Communication, au titre de la recherche artistique.
2.5. Permettre l'accueil de post-doctorants Žtrangers scientifiques ou artistiques dans les diffŽrents laboratoires de recherche.
A la structure institutionnelle dŽcrite ci-dessus devrait correspondre une infrastructure constituŽe de groupes Ç de terrain È en nombre rŽduit, constituŽs d'Žquipes reconnues pour leur action d'excellence dans l'un des thmes de l'AST (par exemple la musicologie, les arts plastiques, le cinŽma, la danse...). Le repŽrage des ressources en compte 10 actuellement. Ces groupes assureraient l'activitŽ ˆ long terme de l'institut aussi bien en recherche qu'en enseignement. Ils recevraient les moyens techniques et humains dŽdiŽs au domaine AST. Ils seraient ŽvaluŽes rŽgulirement par des instances externes.
En attendant l'installation souhaitŽe d'un institut, ces groupes serviraient Žgalement de p™le de rattachement des activitŽs relevant du domaine AST mais isolŽes administrativement dans des unitŽs ŽparpillŽes.


Infrastructures de formations

2.6. CrŽation en plus des 4 DEA existants (ATIAM et Musicologie du XXme sicle pour la musique, et les deux DEA pour l'architecture) d'un DEA national tournŽ vers les aspects "Image" en AST.


2.7. CrŽation d'une Žcole doctorale impliquant ces diffŽrents DEA et dotŽe directement du point de vue financier et en bourses de thses.
2.8. Mettre en place une Žcole "jeunes chercheurs" permettant de poser la problŽmatique aux jeunes chercheurs des deux communautŽs.
2.9. Favoriser la mise en place de DESS double compŽtence.


Niveau 3 : Actions incitatives

Il s'agit des moyens conjoncturels permettant d'impulser des orientations nouvelles et d'Ïuvrer ˆ l'Žlargissement des bases de la communautŽ. Cela pourrait s'effectuer par le lancement d'un programme de type RNRT modifiŽ.


On se reportera tome II, chapitre "Structures juridiques", paragraphes B-2 "Les rŽseaux" et B-3 "L'exemple du RNRT", pour des dŽtails sur les amŽnagements nŽcessaires au modle RNRT pour l'adapter ˆ un rŽseau AST. AST doit non seulement donner une impulsion ˆ un domaine stratŽgique, mais aussi mettre en place des structures de formation et de recherche pluridisciplinaires diffŽrentes de celles qui existent et modifier en profondeur les pratiques artistiques et scientifiques. Alors que le RNRT s'appuie sur des existants bien Žtablis, AST aura ˆ regrouper des Žquipes dynamiques mais souvent mal insŽrŽes et soutenues.
Ces actions incitatives pourraient fonctionner comme le RNRT sur la base d'appels ˆ contributions. Il aurait pour fonction de crŽer une interface naturelle entre l'institut et les communautŽs scientifiques et artistiques. Il permettrait ainsi d'assurer les passerelles vers l'industrie. Il devrait constituer un vivier pour l'Institut projetŽ.
Des projets de recherche et de crŽation soutenus par ce programme devraient pouvoir associer autour d'un projet des Žquipes de compŽtences diverses (laboratoires universitaires, Žcoles d'art, industriels, studios de crŽation). Comme dans le cas du RNRT, on pourrait y distinguer des projets exploratoires en matire de recherche et de crŽation et des projets prŽcompŽtitifs pour la valorisation industrielle des produits de la recherche, sans oublier la valorisation scientifique et culturelle (diffusion d'oeuvres et de concepts, pŽdagogie de la crŽation ...). Il devrait permettre Žgalement le financement par les projets d'accueil de professionnels d'origines diverses, artistes, chercheurs, ingŽnieurs ou de techniciens.
Ont ŽtŽ repŽrŽs une cinquantaine de groupes ou d'institutions susceptibles d'tre directement concernŽs par ce type d'appels d'offre, et une quarantaine de groupes ou d'institutions susceptibles de collaborer sur des thmes AST spŽcifiques.

Remarque conclusive :

Le troisime niveau "Actions incitatives" suppose l'existence des deux premiers (structuration institutionnelle et groupes de terrain).


Dans le domaine AST, ces niveaux 1 et 2 sont partiellement existants mais prŽsentent un ensemble de manques importants tant au niveau des coopŽrations et des reconnaissances institutionnelles que des moyens pŽrennes affectŽs aux Žquipes existantes.
L'existence coordonnŽe de ces trois niveaux permettraient ˆ la fois d'amŽliorer la structuration et l'existence de la communautŽ et de financer les coopŽrations inter-institutionnelles.
L'objectif premier nous semble tre d'arriver ˆ terme ˆ la mise en place d'un institut ˆ vocation nationale, organisateur des activitŽs AST sur le territoire. Les analyses prŽsentŽes dans ce rapport Žtayent la conclusion qu'en raison des spŽcificitŽs AST - nŽcessitŽ d'une relation directe avec les praticiens de l'art (comme c'est Žgalement le cas, dans des domaines diffŽrents, pour des instituts comme l'INSERM), schŽmas de valorisation spŽcifiques liŽes aux industries culturelles, nature de la recherche scientifique liŽe ˆ l'art - et en dŽpit de la taille relativement petite de la communautŽ, il est illusoire de vouloir continuer ˆ gŽrer cette communautŽ via les cadres institutionnels existants.
La crŽation d'un tel Žtablissement Žtant une opŽration lourde, il semble indiquŽ dans un premier temps de constituer un rŽseau interministŽriel fŽdŽrateur ˆ partir de quelques groupes de terrain reconnus pour leur action d'excellence dans l'un des thmes AST.
Un Groupement d'IntŽrt Scientifique (GIS) pourrait permettre d'amorcer rapidement cette action - mais cette structure n'assure pas une autonomie suffisante ˆ l'action AST pour que les problmes spŽcifiques ŽvoquŽs dans le chapitre prŽcŽdent soient rŽsolus : en particulier elle ne para”t pas propre ˆ engager suffisamment les milieux de la culture ; et son pilotage par une UniversitŽ lui confrerait un caractre local contraire ˆ ce qui est souhaitŽ.
Aussi un tel rŽseau devrait-il avoir la forme d'un Groupement d'IntŽrt Public (GIP) dotŽ d'un Conseil d'Administration et d'un Conseil Scientifique et Artistique, afin d'assurer la prise en compte des logiques spŽcifiques des actions AST, ce qui n'est pas le cas dans les structures existant actuellement. Un GIP pourrait accueillir des personnels en dŽtachement; il permettrait de mettre en place des liaisons, des processus d'Žvaluation, des aides incitatives permettant d'intŽresser des chercheurs d'autres Žquipes. Comme il est prŽcisŽ ci-dessus, le programme RNRT - RŽseau National de Recherche en TŽlŽcommunications - donne sur ce dernier point un exemple intŽressant de structuration d'actions incitatives : mais les spŽcificitŽs du domaine AST commandent des modifications substantielles ˆ ce modle.

CONCLUSION : RECOMMANDATIONS

La conclusion avance des recommandations en vue de renforcer et de valoriser la recherche franaise en art, science, technologie. Le domaine AST appara”t d'une importance stratŽgique, mais sa masse critique n'est actuellement pas suffisante pour que les problmes spŽcifiques que pose son Žpanouissement soient pris en compte convenablement dans la logique normale des grandes institutions.


L'importance du domaine incite ˆ rŽflŽchir sur le lancement rapide de stratŽgies et ˆ organiser une veille Žconomique dans le domaine des industries culturelles. Points nŽvralgiques, le conflit entre le principe franais du droit d'auteur et le principe du copyright, et l'Žvolution complexe de la propriŽtŽ intellectuelle et artistique face ˆ l'Žvolution technologique qui dŽmatŽrialise les circuits physiques de distribution, pourraient appeler une poursuite des travaux du ComitŽ AST, en concertation avec les sociŽtŽs collectives de perception des droits en Europe.

Un certain nombre de mesures ponctuelles ˆ court terme paraissent nŽcessaires pour rŽsoudre les divers problmes spŽcifiques, notamment les cloisonnements et les diffŽrences de statut, qui font obstacle aux activitŽs AST, pour prŽserver un existant menacŽ, pour prendre en compte la spŽcificitŽ de ces activitŽs et pour faciliter leur insertion et leur dŽveloppement dans la communautŽ de recherche franaise :


• dŽfinition d'un accord-cadre Ministre de l'ƒducation, de la Recherche et de la Technologie (UniversitŽs et Centre National de la Recherche Scientifique) - Ministre de la Culture et de la Communication ;
• crŽation d'une Žcole doctorale qui impliquerait les deux DEA existants, mais remaniŽs (ATIAM et Musique et Musicologie du XXe sicle) et un nouveau DEA national tournŽ vers les aspects "image" et qui serait dotŽe directement de moyens financiers et de bourses de thse ;
• reconnaissance universitaire correcte d'acteurs de la recherche AST, et notamment des chercheurs sous la tutelle du Ministre de la Culture (en particulier les ingŽnieurs du Ministre de la Culture habilitŽs ˆ diriger les recherches, et dont l'activitŽ en recherche et encadrement AST est reconnue, devraient pouvoir tre habilitŽs pour la charge de direction d'un DEA), mais aussi reconnaissance des rŽalisations artistiques (en particulier pour permettre l'accueil de post-doc artistes Žtrangers dans des laboratoires AST) ;
• mise en place d'un certain nombre d'actions spŽcifiques sur des projets de recherche ciblŽs ; aide au recrutement par le flŽchage rŽgulier de postes sur le thme AST ; possibilitŽ de flŽcher des crŽdits BCRD pour les recherches AST.

Il semble indiquŽ dans un premier temps de mettre en place un rŽseau interministŽriel fŽdŽrateur ˆ partir de quelques groupes de terrain reconnus pour leur action d'excellence dans l'un des thmes AST.


Un tel rŽseau, qui pourrait prendre la forme d'un GIP dotŽ d'un Conseil d'Administration et d'un Conseil Scientifique et Artistique, permettrait de mettre en place des liaisons, des processus d'Žvaluation, des aides incitatives permettant d'intŽresser des chercheurs d'autres Žquipes (sur ce dernier point, le programme RNRT - RŽseau National de Recherche en TŽlŽcommunications - donne un exemple intŽressant de structuration d'actions incitatives).
Mme s'il s'agit d'une structure lourde, il para”t nŽcessaire de prŽparer ds maintenant la crŽation d'un Institut interministŽriel (Žtablissement public) pour assurer reconnaissance, fonctionnement efficace et pŽrennitŽ du domaine AST. Un tel Žtablissement devrait permettre l'accueil, ˆ divers niveaux de la formation et de la vie professionnelle, d'intervenants d'origines diverses - chercheurs scientifiques, chercheurs du domaine de la culture, acteurs et industriels des domaines culturels et multimŽdia - dans des unitŽs et des projets permettant leur fŽcondation rŽciproque.


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