Le CD-ROM (Compact Disc- Read Only Memory)
C'est l’Žquivalent du CD-I sur ordinateur, nŽcessitant un lecteur de CD-ROM. Il est le support multimŽdia le plus rŽpandu aujourd’hui qui a permis de donner une idŽe de ce qu’est une application multimŽdia. Sa capacitŽ de stockage est de 650 Mo, ce qui correspond ˆ l’espace mŽmoire nŽcessaire pour 74 minutes de son.
Le DVD (Digital Versatil Disc)
Le DVD est une galette de 12 cm semblable extŽrieurement ˆ un CD, qui permet de lire ou d’Žcrire prs de 10 gigaoctets de donnŽes, capacitŽ qui doit passer ultŽrieurement ˆ 17Go, soit sept ˆ trente fois les capacitŽs des disques lasers. Bien que le DVD soit un peu l’ArlŽsienne des supports multimŽdias, le DVD remplacera totalement les CD-ROMs, une fois que le marchŽ sera rŽgulŽ (baisse des prix, augmentation de la production et des Žquipements).
Il existe deux formats : le DVD-ROM et le DVD VidŽo (standard universel), dont la qualitŽ est meilleure que les cassettes VHS et les vidŽos sur disques lasers.
le CD-EXTRA, de Sony, qui permet ˆ un cožt Žquivalent de celui du CD-Audio de profiter des qualitŽs acoustiques du CD-Audio tout en offrant la possibilitŽ ˆ l’utilisateur de lire le CD comme un CD AUDIO traditionnel lorsqu’il est ŽcoutŽ sur une cha”ne hi-fi, et de lire une application multimŽdia interactive lorsqu’il est lu par un lecteur de CD-ROM. Il a la grande particularitŽ technique d’tre compatible Mac et PC.
Le DVD RAM devrait tre disponible en mai 1998 : la mŽmoire vive du DVD RAM permet d’Žcrire et de rŽcrire sur le su qu’une fois. De plus, ˆ la diffŽrence du CDR (Rewritable CD) sur lequel on ne peut Žcrire plus, le DVD-RAM a une capacitŽ de 2.6 Go sur chaque face, d’o une capacitŽ totale de 5.2 Go.
Il faut noter que cette augmentation de la capacitŽ de stockage pose des problmes concernant les produits sur support enregistrŽ. DŽjˆ les producteurs de CD ont souvent de la difficultŽ ˆ rŽunir 70 minutes de musique en prŽservant une certaine homogŽnŽitŽ de contenu et de qualitŽ.
V.2. InteractivitŽ dŽclarŽe et apprŽhension de la forme ouverte
L’attitude active de l’utilisateur d’une application multimŽdia dans sa navigation hypertexte se distingue de la rŽception passive des auditeurs d’un concert de musique alŽatoire, o la notion d’ouverture n’est pas apparente.
Ainsi pourrait-on imaginer la rŽalisation d’un CD-ROM dŽdiŽ au KlavierstŸck XI de Stockhausen, dans lequel l’utilisateur pourrait effectuer les choix de tempo et de tonalitŽs qui sont jusqu’ˆ prŽsent du ressort de l’interprte. Mme si la forme musicale de l’Ïuvre ouverte est antŽrieure au concept de crŽation musicale sur les supports multimŽdias, la rŽunion de la musique et des supports en une mme application permettrait ˆ l’auditeur de pŽnŽtrer davantage les mŽcanismes de la crŽation musicale et, par exemple, de comprendre rŽellement la portŽe d'une Ïuvre ouverte. Mme si la forme musicale de l’Ïuvre ouverte est antŽrieure au concept de crŽation musicale sur les supports multimŽdias, il serait intŽressant de rŽunir cette musique et ces supports dans une mme application, comme pour “ ouvrir ” encore plus la forme musicale.
Le multimŽdia se prte ˆ de nouvelles formes d'art. Des artistes pourraient crŽer des "Ïuvres-matrices" tirant parti de ses possibilitŽs propres, et dans lesquelles "l'utilisateur" - spectateur/auditeur/interprte/improvisateur - pourrait naviguer suivant des itinŽraires plus ou moins balisŽs et agencer diversement des ŽlŽments prŽ-composŽs.
V.3. Principes du multimŽdia
Le multimŽdia est, au mme titre que jadis le cinŽma ou la tŽlŽvision, une technique qui pour l’instant est considŽrŽe comme mineure, quoique riche des virtualitŽs d’un marchŽ potentiel. De mme que la photographie s’est ŽmancipŽe de la tutelle de la peinture, de mme que le cinŽma s’est sŽparŽ du thŽ‰tre et que la tŽlŽvision parvient laborieusement ˆ un type de production autonome, le support multimŽdia introduit des techniques nouvelles qui conduiront, ˆ terme, ˆ des modes originaux d’expression.
Il convient de bien cerner les principes du multimŽdia afin d’esquisser une politique de la recherche technologique et artistique en la matire :
- Accs interactif au support (Hypertexte)
- InteractivitŽ avec les personnes (Echange)
- Alliance image/son (VirtualitŽ)
- Transposition de l’espace et du temps
V.4. Vers de nouvelles techniques pour l’art :
La mise en Ïuvre de procŽdures opŽratoires ne suffit pas ˆ produire un art. On peut nŽanmoins tre attentif ˆ ces nouvelles techniques qui peuvent prŽfigurer un art nouveau.
L’abolition espace/temps (tŽlŽtransmission/enregistrement) permet de dŽlocaliser et de rendre disponible ˆ tout instant une expŽrience artistique.
Le multimŽdia n’est pas la somme de ses constituants juxtaposŽs. Il intgre les techniques d’images de synthse, d’images animŽes, de montage virtuel, de traitement de texte, de navigation quicktime VR, de transmission codŽe du son sur la norme MIDI (Musical Instrument Digital Interface), de lecture numŽrique d’un son encodŽ. Il tend en outre ˆ une cohŽrence et une souplesse toujours accrue qui lui confrent peu ˆ peu le statut d’un langage artistique autonome.
Les potentialitŽs technologiques ne sont pas toujours exploitŽes, loin s'en faut. On peut s'Žtonner du fait qu'il ne semble pas exister aujourd'hui de CD-ROM (CŽdŽrom) disponible commercialement concernant la danse, une discipline s'il en est qui para”t tre spŽcialement bien adaptŽe ˆ ce mŽdia.
V.4.1. Conclusion :
Les techniques nouvelles crŽent des situations nouvelles qui spŽcifient et induisent de nouvelles formes d’expŽriences esthŽtiques.
Le multimŽdia ne remet pas seulement en cause les formes traditionnelles de la communication esthŽtique voire les techniques traditionnelles de la production artistique ; il a une fonction de proposition, car il tend ˆ exhiber certaines procŽdures opŽratoires, ˆ solliciter certains fonctionnements mentaux, ˆ stimuler certaines attitudes d’attente et de reprise qui n’ont jamais ŽtŽ explorŽes en tant que telles ˆ l’Žtat sŽparŽ. Ces rŽgimes originaux du fonctionnement mental – association mentale (accs interactif aux donnŽes), Žchange et jeu (interactivitŽ entre personnes), saisie globale de l’environnement (navigation), prise et proprioceptivitŽ (rŽalitŽ virtuelle), transposition (abolition de l’espace et du temps) – s’extŽriorisent gr‰ce ˆ la machine en des procŽdures opŽratoires dŽfinies, qui sont porteuses ˆ terme de nouvelles formes d’art.
Le support multimŽdia a donc des techniques qui lui sont propres, qui lui permet de mettre en place des applications d’un mme reprŽsentation formelle. De mme que le support livresque a rŽvolutionnŽ l’Žcriture et le rapport ˆ la lecture, le support multimŽdia est faiseur de sens et base d’une sŽmantique propre au langage multimŽdia.. Si l’on ne peut rŽduire les perspectives de la crŽation multimŽdia au langage du vidŽo-clip du moins peut-on dŽjˆ relever dans celui-ci les ŽlŽments d’une morphologie, d’une syntaxe et d’une sŽmantique.
Il semble clair que le domaine culturel n'a pas rŽussi encore ˆ trouver ses formes et son public en termes de multimŽdia. Pourtant il semble que l'ensemble des techniques et des recherches actuelles pourrait donner lieu ˆ des produits artistiques porteurs d'un contenu pouvant concerner un large public. Ici le r™le de la pŽdagogie para”t vital. Certains grands groupes s'investissent dans la pŽdagogie - au point qu'on peut peut-tre mme parler de conditionnement ˆ leurs produits.
Les spŽcialistes de l'Žducation paraissent aujourd'hui sceptiques vis-ˆ-vis des CD-ROM: mais l'accs ˆ des rŽseaux assez rapides pour une interactivitŽ riche est encore l'exception. On conna”t mal la faon dont l'interactivitŽ peut dŽvelopper l'imagination.
VI. Pour une meilleure articulation de la recherche musicale, de la formation ˆ la recherche et de la musicologie du XXme sicle
La structure actuelle de la recherche associe deux formations doctorales – Musique et Musicologie du XXme sicle ; Acoustique, Traitement du signal, et Informatique AppliquŽe ˆ la Musique – ˆ un laboratoire d’accueil CNRS – l’unitŽ mixte Recherche Musicale (UMR 9912). Cette structure, qui est sous-tendue par l’IRCAM et en dŽpend Žtroitement dans ses moyens et sa stratŽgie, doit tre entirement refondue. La formation doctorale “ Musique et Musicologie du XXme sicle ” ne saurait tre reconduite dans son Žtat prŽsent car elle fŽdre des institutions trop nombreuses et rŽpond ˆ un Žtat de la recherche dŽpassŽ. Il conviendrait de dissocier la recherche musicale de la musicologie du XXme sicle et de donner un vŽritable contenu ˆ la recherche musicale qui doit comprendre :
- une formation pratique aux nouvelles technologies
- une formation ˆ la pratique compositionnelle avec les nouveaux outils
- une formation pratique et thŽorique aux problmes de la modŽlisation
- une formation pratique et thŽorique en musique et musicologie de la seconde moitiŽ du XXme sicle.
Le but de la formation ˆ la recherche musicale est de permettre aux Žtudiants en musique d’acquŽrir une ma”trise aussi bien pratique que thŽorique de leur discipline.
Dans sa composante proprement musicologique, la formation doctorale "Musique et Musicologie du XXme sicle" pourrait trouver des relais progressifs par l’UniversitŽ. Le secteur qu’elle reprŽsente se distinguerait ainsi fondamentalement de celui de la recherche musicale. Il pourrait se fŽdŽrer en un rŽseau national.
La recherche musicale, qui tend aujourd’hui ˆ se dŽvelopper exclusivement dans le domaine des Sciences Pour l’IngŽnieur, doit tre rŽŽquilibrŽe et se constituer, pour partie, en un domaine relevant du secteur des sciences humaines. Le domaine de recherche propre ˆ la recherche musicale en Sciences Humaines devrait comprendre les quatre points ŽnoncŽs ci dessus.
Il est indispensable qu’un laboratoire d’accueil ŽtoffŽ puisse prendre en charge, en Sciences Humaines, les activitŽs de recherche et de formation ˆ la recherche.
Il conviendrait Žgalement d’Žviter de scinder la recherche artistique en deux p™les image et son qui laisseraient en friche le domaine du multimŽdia. La question de la crŽation d’une formation doctorale dans le domaine du multimŽdia se trouve ainsi posŽe. Il n'est pas certain que le regroupement des formations image et son dans une mme Žcole doctorale suffirait ˆ Žviter la scission des deux domaines.
La gestion des fonds documentaires qui sont la propriŽtŽ de l’Žducation nationale et du CNRS et qui sont intŽgrŽs ˆ la mŽdiathque Ircam devrait tre reconsidŽrŽe et faire l’objet de dispositions contractuelles. Les fonctions et les objectifs de la consultation publique ne peuvent en effet se confondre avec ceux d’une bibliothque de laboratoire.
VII. L’avenir de l’organisation du travail dans le domaine AST
Le domaine Art Science Technologie englobe ˆ la fois la technologie de la production, l’organisation Žconomique, les valeurs sociales et les modes de vie, les critres esthŽtiques et les formes de symbolisation. Ces changements doivent tre abordŽs dans leur globalitŽ et dans leurs interfŽrences.
L’un des principaux facteurs de blocage qui conduira ˆ la crise rŽside dans la persistance de techniques d’organisation et de formes de gestion anciennes. L’organisation du travail de la recherche est appelŽe ˆ prendre en compte une interdŽpendance toujours plus marquŽe des disciplines et des technologies. Elle doit faire face ˆ un accroissement imprŽvisible d’interconnexions et se restructurer constamment selon de nouvelles ramifications. L’organisation du travail de la recherche est ainsi perpŽtuellement remise en cause, voire menacŽe d’inadaptation et de dislocation.
L’Žvolution rapide des besoins identifiables de la sociŽtŽ, la complexitŽ croissante que prŽsentent les environnements technologiques, Žconomiques et sociaux, exigent des stratŽgies d’organisation toujours plus intŽgratives, et non pas compartimentŽes. La tendance ˆ la spŽcialisation, ˆ la dissociation en compŽtences techniques ne va pas dans le sens des processus dynamiques crŽŽs par l’environnement lui-mme. Les structures d’organisation et la dŽfinition des t‰ches devront, ˆ l’avenir, satisfaire ˆ des critres d’adaptabilitŽ, de coopŽration, de ma”trise et de synthse. Les stratŽgies d’organisation devront privilŽgier l’autonomie des groupes qui seront appelŽs ˆ planifier, rŽgler et contr™ler leurs t‰ches. L’autonomie suppose que l’on privilŽgie les compŽtences multiples du groupe et de l’individu, que l’on institue une structure de t‰ches o la part mŽcanique soit toujours plus rŽduite alors que les fonctions de prospective, d’interprŽtation et de contr™le s’Žtendront.
Le contexte technologique raffinŽ qui est celui du domaine AST exclut une rŽpartition du travail en activitŽs restreintes et fractionnŽes et requiert une capacitŽ adaptative croissante. Il prŽsente en outre une variŽtŽ dans le travail qui exigera une formation constante et polyvalente, capable de supplŽer ˆ l’inattendu.
La participation des intŽressŽs au contenu des t‰ches, ˆ l’organigramme ainsi qu’au planning des changements devient essentielle ˆ une organisation du travail adaptŽe ˆ des environnements en constant renouvellement. La motivation des chercheurs, des ingŽnieurs et des administratifs constituera une exigence prioritaire du travail. Dans un climat d’incertitude il est difficile d’Žtablir une politique stratŽgique, si bien que la hiŽrarchie Žvite les dŽcisions majeures. La prise de dŽcision tend ˆ se transfŽrer ˆ la gestion quotidienne. Ce dŽplacement, qui requiert une souplesse dans la gestion du personnel, appelle une organisation plus dŽmocratique, ˆ tout le moins "polyarchique", relŽguant au second plan les structures centralisŽes d’autoritŽ et de responsabilitŽ. La part dŽcisionnelle de l’administration en sera sans doute ˆ l’avenir rŽduite.
STRATƒGIES SCIENTIFIQUES et thmes d'Žtude dans le domaine des Arts Visuels et corporels
Annie Luciani
Patrick Callet,
Michel Florenzano,
Henri Ma”tre
LŽgende :
Pour allŽger le texte, nous utiliserons trois mots-codes intŽgrŽs :
Processus artistique :
Le mot-code "processus artistique" dŽsignera la conception d'objets d'arts, ou bien la production d'objets d'arts, ou bien le traitement d'objets d'arts, ou bien l'interprŽtation d'objets d'arts.
Objet d'art visuel
Le mot-code "objets d'art visuel" dŽsignera des objets des arts visuels au sens gŽnŽral sans limitation d'objectif, ni de support. Il inclut les images statiques, les images dynamiques (cinŽma), les objets d'installations statiques et dynamiques, les objets des arts appliquŽs...
ActivitŽ artistique
Le mot code "activitŽ artistique" dŽsignera ou bien l'activitŽ de recherche (pour ou sur les objets d'arts ou le processus artistique), ou bien l'activitŽ de production d'objets d'art, ou bien l'activitŽ de formation, ou bien l'activitŽ de valorisation.
Rappel : Les grands constats de l'Žtat des lieux Constat 1
Aprs l'Žchec de la bataille des standards en 1978 et une longue traversŽe de travaux souterrains, la recherche en informatique graphique en France a reconstruit lentement ses forces et son capital ;
Constat 2
Cet Žchec a eu des incidences importantes sur le dŽmarrage de la production en matire de nouvelles images et de cinŽma. Mais celle-ci s'est Žgalement reconstruite et dispose de bases, d'une force et d'un dynamisme certain ;
Constat 3
Les Žcoles d'art publiques ou privŽes sont disposŽes ˆ s'ouvrir ˆ l'innovation et ˆ l'utilisation plus directe des produits conceptuels et matŽriels des laboratoires de recherche;
Constat 4
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