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CHAPITRE X

Approbation de l'Institut par le Saint-Siège. — Chapitres généraux. — Audiences pontificales.


Parmi les affaires importantes sur lesquelles se porta la sollicitude du R. F. Louis-Marie, on peut mettre en première ligne l'approbation de l'Institut par le Saint-Siège. Il serait impossible d'énumérer toutes les démarches qu'il a faites, toutes les pages qu'il a écrites, toutes les peines qu'il s'est données à cette fin. Il a fallu, pour faire aboutir heureusement cette affaire, toute sa science, toute son habileté, toute son activité, toute sa ténacité.

En 1858, sous le généralat du R. F. François, la supplique suivante fut adressée au Souverain Pontife, le Pape Pie IX.


« Très Saint-Père,

« Humblement prosternés à vos pieds, le Supérieur général et tous les Frères de la Congrégation des Petits Frères de Marie osent exposer à Votre Sainteté ce qui suit :

« En l'année 1817, Joseph-Benoît-Marcellin Champagnat, de pieuse mémoire, prêtre régulier de la Société de Marie,

« Considérant, d'un côté, le grand nombre d'enfants que la négligence des parents, aujourd'hui malheureusement si générale, laisse dans l'ignorance de notre sainte religion ;

« Considérant, de l'autre, que la plupart des paroisses de la campagne sont dans l'impossibilité, faute de ressources suffisantes, de se procurer des Frères des Ecoles chrétiennes, institués par le vénérable abbé de la Salle ;

« Fonda, dans le diocèse de Lyon, sous le bon plaisir du Saint-Siège, et sous la protection de la Bienheureuse et Immaculée Vierge Marie, une Congrégation de pieux instituteurs auxquels il donna le titre de Petits Frères de Marie, pour l'éducation chrétienne des enfants, surtout dans les campagnes.

« Afin d'atteindre le but particulier qu'il s'était proposé, ledit Fondateur voulut, avant tout, que l'esprit des Petits Frères de Marie fût un esprit d'humilité, de simplicité et de modestie ; et, en second lieu, que les conditions de leurs établissements fussent abaissées autant que possible, et qu'ils pussent, au besoin, aller par deux, et admettre la rétribution scolaire pour tous les enfants appartenant à des parents aisés.

« Ledit Institut, avec la bénédiction du Seigneur et la protection de Marie, s'est étendu dans vingt-cinq diocèses de France ; il est, depuis 1836, au service des Prêtres Maristes dans les Missions de l'Océanie, et il vient d'être introduit en Angleterre et en Belgique.

« Aujourd'hui, ledit Institut des Petits Frères de Marie compte quarante ans d'existence, et ce laps de temps lui a permis dé faire l'épreuve des Règles et des Constitutions que lui a laissées son pieux Fondateur.

« Un décret de l'Empereur du 20 juin 1851, a autorisé pour toute la France, l'Institut des Petits Frères de Marie, et l'a reconnu comme établissement d'utilité publique, avec tous les droits et privilèges attachés aux établissements de ce genre.

« Nosseigneurs les Archevêques et Evêques des diocèses où sont établis les Petits Frères de Marie, les ont toujours, jusqu'à ce moment, soutenus, approuvés et encouragés, comme le témoigneront les lettres testimoniales que nous avons la consolation de déposer aux pieds de Votre Sainteté.

« Mais, Très Saint Père, il manque à notre Œuvre la bénédiction particulière du Vicaire de Jésus-Christ, ses encouragements, son approbation et confirmation spéciale.

« Nous le savons, Très Saint Père, la sanction suprême du Saint-Siège apostolique peut seule donner à nos Règles la fixité dont elles ont besoin, aux Supérieurs l'autorité qui leur est nécessaire, à toute la Congrégation la vie, l'unité et la stabilité.

« Nous venons donc, Très Saint Père, confus de notre extrême indignité, mais nous confiant en la bienheureuse et immaculée Vierge Marie, que votre suprême piété a tant honorée et exalté dans tout l'univers, nous jeter en toute humilité aux pieds de Votre Sainteté, pour la conjurer de vouloir bien, par un effet de sa bénignité apostolique, bénir, confirmer et approuver le susdit Institut des Petits Frères de Marie, avec les Règles et les Constitutions ci-annexées.

« Cette inestimable faveur, Très Saint Père, en comblant le plus ardent de nos désirs, nous remplira d'un nouvel amour pour la personne sacrée de Votre Sainteté, d'un nouveau respect et d'un nouvel attachement pour la sainte Eglise -catholique, apostolique et romaine, et nous excitera à nous dévouer plus que jamais, avec zèle et persévérance à l'éducation chrétienne des enfants.

« Dans cet espoir, nous sommes avec tout le respect, tout l'amour et tout l'attachement que la piété, la foi et la vénération peuvent inspirer,

« Très Saint-Père,

aux pieds sacrés de Votre Sainteté,

« Vos très humbles, très obéissants

et très dévoués fils.

« Pour tous les Petits Frères de Marie :

« Le Frère Supérieur général,

« F. FRANÇOIS.

« Notre-Dame de l'Hermitage-sur-Saint-Chamond (Loire) le 2 février 1858. »


Le R. F. François et le F. Louis-Marie se rendirent à Rome en ce même mois de février 1858, et, le 1ier mars, furent reçus en audience par le Souverain Pontife, qui les bénit, et, avec eux tous les membres de l'institut, en disant : « Oui, je les bénis très volontiers, et je prie Dieu qu'il les remplisse tous de son esprit, afin qu'ils fassent beaucoup de bien parmi les enfants. » Ils présentèrent au Saint-Père, avec la supplique, les lettres testimoniales de trente-deux archevêques ou évêques, et, sur son. désir, les quatre volumes imprimés des Règles communes, des Constitutions, du Guide des écoles et du Manuel de piété.

Le R. F. Supérieur et son Assistant séjournèrent à Rome pendant plusieurs mois, firent beaucoup de démarches, demandèrent des prières, s'employèrent de toutes les manières pour obtenir l'heureux succès de cette affaire. Mais ils rencontrèrent des difficultés auxquelles ils étaient loin de s'attendre.

Le Consulteur désigné, pour examiner la demande fut Mgr Chaillot, rédacteur des Analecta Juris Pontifici. Débordé par le volumineux dossier qu'il avait à compulser, il ne le parcourut que très rapidement et ne put se rendre compte que très imparfaitement de l'organisation de l'Institut dont il avait à examiner les Constitutions, et de la position des Frères en France.

Par suite, l'ensemble des Règles et des Constitutions a été présenté par lui sous un jour très défavorable. Le Consulteur s'est attaché, non à faire approuver les Constitutions de l'Institut, Constitutions cependant toutes semblables à celles des Frères des Ecoles chrétiennes, basées, les unes et les autres, sur: celles de la Compagnie de Jésus; Constitutions avec lesquelles les deux Instituts marchent, sans entrave aucune, l'un depuis 1680, l'autre depuis 1817 ; mais il a pris à tâche de constituer de nouveau l'Institut des Petits Frères de Marie, de l'organiser tout autrement qu'il n'était, de changer radicalement tout ce qu'avaient établi le Fondateur, et, après lui, cinq Chapitres généraux. Ainsi il proposait : un Supérieur général à temps, un Gouvernement par provinces, un Chapitre général élu et réuni tous les trois ans, une autorité centrale réduite à néant, des Assistants et des Provinciaux élus en chapitre, et révocables tous les trois ans. D'antres dispositions nouvelles s'ajoutaient à celles-là ; mais l'erreur capitale du Consulteur, celle qui lui faisait demander la réforme entière des Constitutions de l'Institut, c'est ce qu'il avançait du Gouvernement central, prétendant que c'était une chose singulière et sans exemple qu'un général gouverne, à l'aide d'Assistants résidant avec lui et, sous lui, dirigeant chacun un district ou province. C'est pourtant le mode de gouvernement que la Bulle de Benoît XIII a donné aux Frères des Ecoles chrétiennes, et celui que tous leurs statuts capitulaires, basés sur cette bulle, ont expliqué et confirmé depuis 1724 ; celui enfin que le Saint-Siège lui-même a confirmé, d'année en année, en autorisant successivement l'augmentation du nombre des Frères Assistants, à mesure que se multipliait le nombre des maisons confiées à chacun d'eux.

C'est du reste, en France surtout, le seul mode de gouvernement possible aujourd'hui pour les Instituts de Frères, à cause de la forte centralisation des pouvoirs civils dont ils dépendent,

De cette erreur sur le gouvernement central, le Consulteur concluait que le gouvernement de l'Institut était trop absolu. Le Général et les Assistants, réunis et agissant ensemble, lui paraissaient comme une tête énorme, une tête monstre (c'était son mot) sur le corps de l'Institut. Dès lors, il s'était attaché à amoindrir l'autorité, à la diviser, à la morceler, à supprimer dans les Constitutions ce qu'elles renfermaient concernant l'obéissance aveugle, l'obéissance filiale, la confiance et l'abandon des inférieurs aux supérieurs.

De là cette proposition qu'il faisait d'un Général pour douze ans, d'Assistants pour trois ans, de Chapitres généraux multipliés à l'excès (tous les trois ans), et faisant eux-mêmes les nominations, comme feraient des religieux cloîtrés qui se connaîtraient tous ; de provinciaux isolés qui 'gouvernent leurs provinces comme chefs, loin du Général, nomment les supérieurs locaux, organisent les écoles, etc. ..., etc. ...

A la suite du rapport du Consulteur, S. E. le Cardinal Préfet écrivit, sous la date du 9 décembre 1859, à Son Eminence le cardinal archevêque de Lyon, la lettre qui suit.


« Très Eminent et très Révérend Archevêque,

« On a présenté à Notre Très Saint-Père le Pape Pie IX les prières des Frères Maristes instituteurs, dont la Maison principale est dans le diocèse de Lyon, par lesquelles ils demandaient humblement l'approbation de quelques articles de leurs Constitutions ; et Sa Sainteté nous a chargé de vous faire les communications suivantes.

« Sa Sainteté a fait un grand éloge de cet Institut, vu son accroissement et les fruits qu'il a produits. Pour ce qui concerne les Constitutions, Elle a ordonné que Votre Eminence et le Supérieur général de la Société de Marie, établie dans cette ville, les revoient soigneusement, les corrigent et les réunissent en un seul corps, en ayant sous les yeux les observations qui se trouvent dans la feuille ci-jointe.

« Qu'on les soumette ensuite au Chapitre général de ces mêmes Frères, qui sera présidé, pour cette fois, par le Supérieur général des Prêtres Maristes, et qu'enfin elles soient transmises à la Sacrée Congrégation, avec le vœu de Votre Eminence et le suffrage du Chapitre général... »

Selon l'ordre de la Sacrée Congrégation, un nouveau corps de Constitutions, en dix chapitres et soixante-douze articles a été préparé avec toute l'attention possible, et à l'aide des lumières et du concours de Son Eminence le cardinal de Bonald et du R. P. Favre, supérieur général de la Société de Marie, et il a été soumis au Chapitre général réuni à cette fin le 22 avril 1862.

Sans s'attacher à relever les erreurs qui s'étaient glissées dans le rapport du Consulteur, le Chapitre général s'est fait un devoir de mettre à profit, autant que possible, toutes les observations de la Sacrée Congrégation, de rédiger dans son esprit les nouvelles Constitutions, et d'y faire tous les changements qu'elle paraissait désirer, et qui n'altéraient pas essentiellement le gouvernement primitif et constant de l'Institut.

Quant aux observations qu'il a paru impossible au Chapitre général d'admettre (elles étaient sous forme de conseils, sous forme d'améliorations sur lesquelles on avait à délibérer), le Chapitre général s'est contenté de donner ses motifs et ses raisons, et d'exprimer ses vœux en toute confiance et humilité, C'est ainsi qu'il a émis les avis et les voeux les plus sérieusement et les plus sagement motivés pour que la Sacrée Congrégation voulût bien notamment maintenir la nomination du Supérieur général à vie, pour que l'Institut conservât son gouvernement central, .que les Assistants fussent nommés pour dix ans, les Chapitres généraux réunis tous les dix ans, etc., etc.

Ce nouveau corps de Constitutions, et les réponses du Chapitre général aux observations de la Sacrée Congrégation des Evêques et Réguliers, ont été remis par le Frère Supérieur, le 11 mai 1862, à Mgr Bizzarri, secrétaire général de la même Congrégation..

Avant le dépôt à la Sacrée Congrégation, les Constitutions avaient été vues et examinées par le R. P. Favre, d'abord avant le Chapitre général, en particulier et avec les membres du Régime, puis dans l'examen et la discussion qui avaient eu: lieu, article par article, dans le Chapitre général qu'il présidait. Il avait pu voir dans quel bon esprit, avec quelle piété, quelle application et quelle intelligence de leur œuvre, le Régime et le Chapitre général s'étaient donnés à cet examen et à ces discussions. Or, le R. P. Favre avait rendu. à tous les Frères ce témoignage qu'avec un corps de Constitution si bien étudiées, si bien coordonnées, si parfaitement adaptées à tous les besoins de l'œuvre, l'Institut ne pouvait_ manquer de marcher et de faire le bien. Il avait trouvé les réponses du Chapitre général aux observations de la Sacrée Congrégation tout à la fois si humbles et si respectueuses„: si justes et si bien motivées, qu'il avait répété plusieurs fois qu'on ne pouvait aller autrement.

C'est dans ce sens qu'il en avait parlé à Son Eminence le cardinal-archevêque de Lyon, en lui rendant compte du Chapitre général et de l'excellent esprit dans lequel tout s'y était passé. Son Eminence s'était plu à confirmer elle-même ce témoignage et à appuyer de nouveau de tout son pouvoir, la demande des Frères auprès de Son Eminence le cardinal préfet de la Sacrée Congrégation des Evêques et Réguliers.

Son Eminence, le cardinal Barnabo, préfet de la Propagande, avait bien voulu lire et étudier tout le travail du Chapitre général, l'avait trouvé très bien et avait dit ne rien voir à changer ni aux Constitutions ni aux réponses.

Son Eminence, le cardinal Villecourt avait vu de même les unes et les autres, et voici mot pour mot le témoignage qu'il en rendait au R. F. Louis-Marie :

« J'ai lu par deux fois toutes vos constitutions (dix chapitres, soixante-douze articles), et toutes vos réponses aux objections qui vous ont été faites par la Sacrée Congrégation. Votre travail est parfait; il n'y a rien à ajouter ni à retrancher. En lisant les objections, je me disais d'avance : on pourrait répondre telle chose ; nous nous sommes toujours rencontrés dans la même pensée. C'est l'Esprit-Saint qui a dicté ce travail certainement. Depuis cinquante-cinq ans que je m'occupe .de communautés, de règles et de constitutions, je n'ai rien vu de mieux ; et même, si je ne craignais de vous donner de la vanité, je vous dirais que je n'ai rien vu d'aussi bien. »

Un témoignage dans le même sens avait été rendu par Mgr l'archevêque de Bourges, et par Nosseigneurs les évêques d'Angers, d'Arras, d'Autun, de Nîmes, d'Orléans et de Beauvais, à qui les Constitutions avaient été communiquées. On croira peut-être qu'un travail qui avait reçu l'approbation unanime de tant d'éminents prélats, fut favorablement accueilli par le consulteur ; mais il n'en fut rien : Mgr Chaillot persista clans ses idées.

De son côté, le F. Louis-Marie, persuadé qu'il ne demandait rien de contraire aux saints Canons, ne pouvait se résoudre à accepter des Constitutions dont divers points lui paraissaient, ou impossibles en raison des temps ou des circonstances ou compromettantes pour l'Institut, eu égard aux dispositions de l'autorité civile, et aux statuts de la Congrégation, visés en Conseil d'Etat en 1851. 'Un des premiers disciples du pieux Fondateur, il avait plus que personne une parfaite connaissance de son œuvre, à laquelle il consacrait tout son dévouement depuis trente ans.

Enfin, après bien des démarches, bien des prières, bien des explications, des peines et des soucis, le R. F. Louis- Marie obtint, à la date du 9 janvier 1863, un décret d'approbation dont nous donnons ici la traduction.




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