Le point sur la démarche hqe et la certification en cours



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Sondage de dominique gauzin-müller

sur la démarche HQE® , l’association HQE® et la certification HQE®



Le groupe Moniteur m’a proposé de présider le 5 juillet une journée d’échanges sur la certification de la démarche environnementale. Ce thème est actuellement sujet à de nombreuses controverses et dans un souci d’objectivité, j’ai décidé de faire un « mini-sondage » pour recueillir un maximum d’opinions. J’ai donc envoyé aux professionnels avec lesquels j’ai des échanges réguliers les questions suivantes :



  1. Qu'est-ce qui vous semble judicieux dans la démarche HQE actuelle et que vous jugez bon de conserver?




  1. Qu'est-ce qui vous dérange dans la démarche HQE actuelle et que vous aimeriez changer?




  1. Qu'est-ce qui vous plait dans l'association HQE?




  1. Qu'est-ce qui vous dérange dans l'association HQE?




  1. Pensez-vous qu'une certification de la qualité environnementale soit nécessaire ?




  1. Quelle forme souhaiteriez-vous donner à cette certification ?



La plupart de ces professionnels (architectes, ingénieurs, chercheurs, journalistes) ont eu la gentillesse de prendre le temps de me répondre et presque tous l’ont fait par retour de mail, ce qui prouve combien le sujet leur tient à cœur. Grâce à une amie, j’ai également recueilli les témoignages de maîtres d’ouvrage publics.
J’ai demandé à leurs auteurs l’autorisation de publier leurs réponses, qui me semblent représentatives des points de vue les plus fréquemment exprimés par les professionnels que je rencontre lors de mes conférences ou des débats auxquels je participe. Pour en faciliter la lecture, j’ai souligné dans tous les textes les points que me semblaient particulièrement importants.
Cette journée du 5 juillet, que je souhaite marquée par le signe de la main tendue, doit offrir à chacun l'opportunité de s'exprimer. Ce sondage permet à ceux qui sont absent de faire également part de leur opinion. Toutes les cartes étant ainsi « posées sur la table », je serais ravie que cette journée se termine par un rapprochement entre les différentes tendances.
Cette "union sacrée" face à un enjeu majeur serait bien plus dans l'esprit du développement durable que les luttes intestines qui divisent depuis trop longtemps des gens ayant pour la plupart des motivations généreuses.

dgm

29 juin 2005


Réponse de Daniel Fauré


Ingénieur, bureau d’étude Adret
La réponse de Daniel a le mérite d’être claire et directe et de proposer des mesures concrètes. dgm



  1. Qu'est-ce qui vous dérange dans l'association HQE?

L'association HQE a un comportement très pyramidal et veut décider de tout (par exemple du format des fiches des centres de ressources des régions) ; en outre n'ont droit à la parole que ceux qui ont payé une cotisation et acceptent de "monter" à Paris, ce qui pour nous est très difficile.


Quand j'étais à l'ICEB, j'ai eu beaucoup de mal à faire changer les choses, alors qu'ici en Région (PACA) tous les professionnels et le Conseil Régional travaillent main dans la main.
Ici, on est prêt à renouer avec l'association HQE aux conditions suivantes :
* on travaille en réseau et non sous forme pyramidale

* l'association HQE s'emploie à faire sauter les verrous plutôt qu’à en recréer

* on travaille à l'échelle européenne

* l'AIMCC et le CSTB enlèvent leur main mise sur l'association



  1. Pensez-vous qu'une certification de la qualité environnementale soit nécessaire ?


Entre l'Ecopasseport du Vorarlberg (voir en annexes), le Green Building Challenge et la Greenmatrix (1), on s'aperçoit que les professionnels compétents de l'architecture écologique travaillent tous sur une sorte de certification. Finalement, l'important, c'est de trouver une "bonne certification à la française."



  1. Quelle forme souhaiteriez-vous donner à cette certification ?


La certification actuelle, en gros, c'est très compliqué pour exiger pas grand-chose. On l'a bien vu la différence récemment lors du voyage dans le Vorarlberg : leur écopasseport du bâtiment (voir en annexes) fait 2 pages !
En PACA, on propose une charte entre tous les intervenants (maître d'ouvrage, maître d'œuvre, entreprise, utilisateur) qui fera 4 à 5 pages : les enjeux, les moyens, les exigences et la gestion du projet.
Les exigences, c'est comme l'éducation : il faut être intraitable sur 4 ou 5 points et cool sur le reste.
Nos exigences comporteront 4 ou 5 points forts (consommation d’énergie, biodiversité, matériaux, déchets, etc.) et le reste devra être adapté au contexte par les acteurs, projet par projet.
Car c'est là que le bât blesse : un projet n'est pas un matériau, et ce qui peu être net sur un produit (exemple : toxique ou pas) est beaucoup plus flou sur un projet.
Or la certification CSTB veut tout juger en bon et mauvais et parfois c'est impossible et même non souhaitable. En outre, le niveau MATERIAUX qui pour certains est très emblématique est pour l'heure impossible à renseigner, car on ne dispose peu ou pas d'infos (40 produits analysés en France, 1000 au Vorarlberg).
Pour nous, accepter une certification HQE®, c'est donc modifier profondément cette certification et nous ferons dès décembre 2005 des propositions concrètes. Pourquoi décembre ? Car une concertation a lieu actuellement sous l’égide du Conseil Régional de PACA.
La HQE doit être ferme sur ses bases et souple sur ses modalités.
Daniel Fauré

18 mai 2005
(1) La "Matrice verte" (Greenmatrix) est une méthode préparée par des professionnels, dont des architectes, qui conjugue les enjeux avec les phases, (Daniel Fauré utilise dans son BET Adret une

méthode assez semblable). La matrice verte est assez proche de la méthode GBC (Green Building Challenge), utilisée en Amérique du nord.

C'est le cabinet d'architectes Ratcliff, situé en Californie, qui a développé depuis 3 ans cette "Matrice verte". Il s'agit d'un outil informatique évolutif à destination des professionnels de la construction, proposant différentes stratégies de minimisation des impacts environnementaux. On trouve sur l'axe des abscisses de la matrice 5 dimensions du développement durable (le site, l'eau, l'énergie, les matériaux, la qualité sanitaire) et sur l'axe des ordonnées 7 étapes de la vie d'un bâtiment (la préparation, le plan, le pré-design, le design schématique, le développement, la construction, l'utilisation). A chaque intersection, la Matrice verte détaille des stratégies pour minimiser les impacts et propose de nombreux liens vers des sites pédagogiques. Le cabinet Ratcliff propose cet outil informatique gratuitement sur Internet.

Pour en savoir plus : www.greenmatrix.net

www.ratcliffarch.com/green_architecture/green_arch_content.html

Contact : Dan Meza ou grnmtrx@ratcliffarch.com

(source RSE 234 - 25 mai 2005)


Réponse de Nicolas Molle

Ingénieur conseil, membre de la CICF
La réponse de Nicolas, franche et directe, débouche aussi sur des propositions déjà exprimées dans les textes communiqués précédemment par la CICF. dgm



  1. Qu'est-ce qui vous semble judicieux dans la démarche HQE actuelle et que vous jugez bon de conserver?


Les référentiels sont un "pense-bête" et en tant que tels une aide utile pour mettre en oeuvre la démarche. Accessoirement ils sont également un langage commun, bien que trop franco-français : nous sommes les seuls à avoir 14 cibles, et la norme NF P 01020 a précisément été conçue pour être une passerelle entre les enjeux environnementaux, dont tout le monde parle, et les 14 cibles.



  1. Qu'est-ce qui vous dérange dans la démarche HQE actuelle et que vous aimeriez changer?


Ce qui me dérange le plus, c’est un cadre trop formaté qu'on est obligé de suivre et respecter, même si ce n'est pas pertinent.

J'adhère à 100% aux propos de Daniel Fauré : "La HQE doit être ferme sur ses bases et souple sur ses modalités". Et aujourd'hui, c'est le contraire :

La HQE est très souple sur les bases, car les exigences prises une par une ne sont pas contraignantes (pour l’essentiel, on peut valoriser ce qu'on aurait fait de toute façon, même sans démarche HQE), et très compliquée dans les modalités, car binaire, fermée, etc.

La CICF a déjà produit plusieurs papiers à ce sujet (Annexe n°2).





  1. Qu'est-ce qui vous plait dans l'association HQE?


L'opportunité de réunir tous les acteurs de la construction et de l'aménagement autour d'une thématique noble.


  1. Qu'est-ce qui vous dérange dans l'association HQE?

Les constructeurs ont fagocité l'association. Leur but n'est pas de favoriser la qualité environnementale, mais de préserver leur marché. Plus globalement, les enjeux économiques polluent les relations entre les acteurs.

C'est un lieu de lobby et de langue de bois, pas de construction de quoi que ce soit, contrairement aux années 90 de l'AHQE.



  1. Pensez-vous qu'une certification de la qualité environnementale soit nécessaire ?

Personnellement, non. Car je constate que les Maîtres d'Ouvrage les plus intéressés par la certification sont ceux qui ont le moins d'intérêt pour la qualité environnementale. Leur logique est : "Qu'est ce que je peux faire au meilleur rapport coût / performance, donnez moi un cadre, j'optimiserai la réponse". Alors que logiquement, la HQE doit rechercher un progrès permanent, les expérimentations réalisées quelque part venant nourrir les projets ailleurs.

Mais bon, c'est le Maître d'Ouvrage qui décide!...





  1. Quelle forme souhaiteriez-vous donner à cette certification ?


Des exigences très fortes sur quelques enjeux (6 à 8 maxi), une grande liberté pour le reste, et surtout, pas d'obligations au delà du tronc commun, mais des points gagnés pour ce qui est bien. Pas de note maximale, un système "ouvert" vers le haut.

Nicolas Molle

18 mai 2005


Réponse de Serge Sidoroff

Ingénieur conseil
Une fois encore, les réponses précises de Serge, qui vont au cœur des problèmes, prouvent à la fois ses compétences et sa maîtrise du sujet. Il ose en plus dire « tout haut », ce que beaucoup ne chuchotent que tout bas dgm



  1. Qu'est-ce qui vous semble judicieux dans la démarche HQE actuelle et que vous jugez bon de conserver?

La démarche de type ACV (analyse du cycle de vie), l'approche par pôles (construction, gestion, confort, santé), le couplage cibles-SME, l'approche performancielle, les référentiels de l'association HQE®,





  1. Qu'est-ce qui vous dérange dans la démarche HQE actuelle et que vous aimeriez changer?

Le découpage de la gestion des eaux pluviales éclatée entre quatre cibles (1, 5, 7 et 14), ingérable au niveau de la conception si l’on veut les réutiliser.





  1. Qu'est-ce qui vous plait dans l'association HQE?

Sa fonction d'animation de groupes de travail qui fonctionnent sur des sujets importants (rénovation, référentiels, certification, etc.).





  1. Qu'est-ce qui vous dérange dans l'association HQE?




  • Sa vision exclusive de l'action internationale comme "promotion du savoir-faire français à l'étranger" et non comme relais d'information sur les initiatives, produits et professionnels étrangers intéressants : l'association HQE® n'a pas à se substituer aux chambres de commerce ou aux divers lobbies et syndicats professionnels dont c'est la vocation et qui font déjà très bien leur travail.




  • Le manque de visibilité de sa stratégie et l’importance excessive prise par le CSTB, qui l’héberge désormais




  • Les dérives de communication qui amènent son président à cautionner des initiatives industrielles contestables : sols PVC par exemple, qui se proclament HQE dans des publicités pleine page dans le Moniteur du BTP, alors que l'AIMCC, dont sauf erreur le syndicat des fabricants de sols PVC fait partie, a toujours défendu l’idée qu'il n'y avait pas de "produits HQE".




  • L'absence apparente de réaction de son groupe de travail « référentiels » face à un référentiel H&E contestable à plusieurs titres  : éclairage des ascenseurs et des parties communes par ampoules à incandescence et non par tubes fluorescents (les ballasts électroniques permettent une longévité correcte même avec des extinctions répétées), mélange d'exigences performancielles et d'exigences de moyens : longueur maxi de canalisations d'ECS, déséquilibre du traitement des divers thèmes (l’acoustique occupe 95 pages dans la version 2005, soit 30 % du référentiel)




  • Son absence apparente de réaction lorsque l'initiative de la secrétaire d'Etat au Logement Marie-Noëlle Linnemann a été torpillée par une loi de finances ultérieure qui a accordé à toutes les Sociétés d'HLM l'avantage fiscal accordé initialement aux seules opérations labellisées HQE (label qui n'a pas encore vu le jour), avant même que le décret d'application de la loi instaurant l'avantage fiscal HQE n’ait été publié


  • Son absence apparente de réaction au torpillage récent de l'éolien en France par une poignée de parlementaires porte drapeaux du syndrome NIMBY




  • Son absence apparente de réaction face au torpillage par EDF du photovoltaïque raccordé, en imposant aux contrats de rachat d'électricité des conditions impossibles à remplir (obligation d'assurer la constance de la fourniture, condition actuellement impossible à satisfaire)




  • Son manque chronique de moyens qui fait que les personnes qui participent aux groupes de travail ne sont pas nécessairement les plus pertinentes, mais celles qui ont les moyens d'y passer du temps sans être payés pour cela.


  1. Pensez-vous qu'une certification de la qualité environnementale soit nécessaire ?

Oui, car c'est la meilleure façon de mobiliser les grands acteurs privés.

C'est ce qui se passe, sous la pression notamment des cahiers des charges environnementaux des ZAC urbaines : Paris (Porte des Lilas), Lyon (Confluence), Nanterre (Seine-Arche), Boulogne (ïle Seguin), etc., et c'est une très bonne chose.



  1. Quelle forme souhaiteriez-vous donner à cette certification ?




    • Une certification d'opération comme c‘est le cas actuellement, et non de bâtiment,

    • Une certification évolutive et millésimée, performancielle et quantitative autant que possible (exemple : la cible confort acoustique du référentiel CSTB version provisoire d'avril 2004 - contre-exemple : la même cible du référentiel CSTB version janvier 2005)

    • Une certification par type d'opération (neuf/rénovation)

    • Une certification par type de bâtiment (tertiaire/logement/santé/hôtellerie/etc.)

    • Une certification par phase du cycle de vie du bâtiment (conception/construction/exploitation/déconstruction).


Le tout sous la forme d’un « écoprofil », mais avec une exigence différente sur la pondération des cibles. 14 cibles traitées en Performant valent en effet mieux selon moi que 3 en Très Performant , 4 en Performant et 7 en Base, mais ne permettent pas aujourd'hui d'obtenir le label CSTB tertiaire.
Serge Sidoroff

18 mai 2005

Réponse de Vincent Rigassi

Architecte à Grenoble, membre du réseau Écobâtir, enseignant à l'École d'architecture de Grenoble
La réponse de Vincent est brève, mais claire. Elle peut être complétée par la lecture du texte du réseau Écobâtir « Etre ou ne pas être de la Haute », (voir annexes) qui répondait déjà aux questions que j’ai posées, en particulier dans l'introduction rédigée collectivement. dgm

1. Qu'est-ce qui vous semble judicieux dans la démarche HQE actuelle et que vous jugez bon de conserver?
Ma principale appréciation:

avoir su attirer l'attention sur la nécessité d'une approche qualitative dans un projet et non seulement "

productiviste"... malheureusement les sirènes de la visibilité et de l'affichage ont vite repris le dessus !



2. Qu'est-ce qui vous dérange dans la démarche HQE actuelle et que vous aimeriez changer?
Mes principales critiques à l'égard des 14 cibles:
- une volonté trop universaliste qui tente le mariage impossible du quantitatif et du qualitatif (la dérive est sûrement là : « qui trop embrasse, mal étreint... » ) Cela se fait au détriment de l'un et de l'autre,

- le manque de véritables indicateurs comparable,

- le manque de pragmatisme énergétique (comme celui des labels Minergie, Passiv Haus, etc.)

- le manque de place pour le "lieu", la culture, la spécificité, le processus issu de la décision collective partagée (à ce titre, seules la présence et l'écoute peuvent fonctionner et ce n’est pas "ciblable")


Vincent Rigassi

18 mai 2005


Réponse de Frédéric Ragot

Architecte à Lyon, Co-gérant Atelier Arche, Président de l'ordre des architectes Rhône Alpes.


  1. Qu'est-ce qui vous semble judicieux dans la démarche HQE actuelle et que vous jugez bon de conserver?

Je pense que la démarche HQE® que j'appelle maintenant méthode QE, est un bon outil de travail pour le déroulement d'un projet.


En effet c'est plutôt un "pense bête", une "check-list" qu'il est pratique d'utiliser. Nous l'employons à l'agence pour les projets moyens. Les projets plus importants, nous les abordons avec la méthode des cinquante thèmes de l'Ademe. Méthode beaucoup plus fouillée et plus détaillée. Le résultat est toute façon le même.



  1. Qu'est-ce qui vous dérange dans la démarche HQE actuelle et que vous aimeriez changer?

Une approche « normalisante » de la démarche environnementale serait peut-être plus efficace qu'une approche « certifiante ».


Pourquoi pas suivre la même démarche, la même check liste pour nos études de projets, nous pourrions ainsi comparer plus facilement nos ouvrages. Entre la démarche des 14 cibles et celle des 50 points de l'Ademe, il y a peut-être un juste milieu qui satisfasse l'ensemble des concepteurs.
Nous ne trouverons pas la méthode idéale tout de suite. Cela se fera avec le temps et la pratique.



  1. Pensez-vous qu'une certification de la qualité environnementale soit nécessaire ?

En ce qui concerne la certification, je la perçois plutôt d'un mauvais oeil. En effet il nous est difficile d'être jugés sur chaque dossier par une méthode de certification qui ne va comprendre et reconnaître que la moitié des objectifs que nous nous sommes donnés pour le projet.


Nous avons été jugés aptes à réaliser les projets par un diplôme et jugés apte à la démarche HQE par nos pairs, par une formation complémentaire et par de nombreuses réalisations depuis 25 ans. .



  1. Quelle forme souhaiteriez-vous donner à cette certification ?

Personnellement j'appelle la certification de la censure.

C'est un peu comme si un morceau de musique était jugé par une certification ou si une peinture était jugé par des tierces personnes qui ne connaissent même pas le peintre. Nous ne pouvons accepter ce genre de régression de notre savoir faire.
Les équipes d'ingénieries sont maintenant formées à la qualité environnementale et sont capables de réaliser des projets environnementaux dignes de ce nom. Nous n'avons qu’à fixer des objectifs minima en accord avec les maîtres d'ouvrage.
Les normes environnementales doivent être augmentées (énergie, matériaux...) Le reste c'est de l'ordre de la conception et nul ne peut la quantifier ou la certifier.
Les censeurs sont bien sûr ceux qui vivent du contrôle et de la certification.

Dominique Bidou s'est fait cerné par eux et il ne s'en est pas rendu compte, je pense.

L'Ordre des architectes a démissionné de l'association HQE® et ça le fait réfléchir.

Le CICF l'a mis en garde par son texte.

L'Union sociale pour l'habitat ne veut pas de cette certification qui lui pompe du fric (350 € par logement).
Reste le syndicat des architectes (Archinov) et l'Iceb qui « vont à la soupe » et qui ne comprennent pas l'enjeu pour le futur.
A l'Ordre des architectes, j'étais de ceux (rares) qui voulaient rester à l’association HQE pour combattre de l'intérieur, la politique de la chaise vide pouvant se retourner contre nous.
Gilles Olive s'est fait virer de son poste de secrétaire général de HQE il y a deux ans parce qu'il sentait venir l'affaire et surtout parce qu'il s'opposait à la certification.

On pourrait d'ailleurs peut-être le recontacter…


Frédéric Ragot

22 mai 2005


Réponse d’Emmanuel Nebout

Architecte à Montpellier, enseignant à l’Ecole d’architecture de Montpellier



  1. Qu'est-ce qui vous dérange dans la démarche HQE actuelle et que vous aimeriez changer?

Je n'ai rien à dire sur les cibles qui, au fond, résument les préoccupations des architectes qui n'ont pas attendu la démarche HQE® pour concevoir une architecture soucieuse des ressources et du climat.


On ne peut, par contre, qu’être méfiant à l’égard de ceux qui font aujourd'hui commerce de la HQE®: maîtres d'ouvrages, BET et conseils de toutes sortes, qui faisaient il y a 30 ans le contraire et qui tourneront probablement casaque dés que le vent médiatique changera.
Ceux-là n'ont jamais mis la qualité architecturale au premier plan de leurs préoccupations et ne manqueront pas au gré de labellisation ou autre certification de s’ériger en censeurs. Or la priorité, pour un architecte à l’heure où on n'a jamais aussi mal construit en France, est de ne pas faire son deuil de cette qualité première.
Sur le fond du sujet, nous sommes confrontés à une question citoyenne et pas à une affaire de spécialistes.
Dans la mesure où un large consensus de la population semble se dégager sur ces sujets, les mesures liées à la protection de l'environnement doivent être, enfin, considérées d'utilité publique. Les élus peuvent légiférer et la loi être appliquée.
On ne peut pas, d'un côté, céder aux pressions des lobbys du BTP et de l'autre amuser la galerie avec la HQE®. Certains pays d'Europe ont beaucoup d'avance dans le domaine et ne parlent pas de démarche HQE® !
Emmanuel Nebout

18 mai 2005


Réponse de Jean-Philippe Thomas

Architecte à Reims



  1. Qu'est-ce qui vous dérange dans la démarche HQE actuelle et que vous aimeriez changer?

Les 14 cibles étaient une nécessité permettant avec des moyens simples (que l’on appellera « règle ») et compréhensibles de tous d'approcher les notions de qualité environnementale.


Les premiers bâtiments certifiés ont permis une prise de conscience certaine de la part des maîtres d'ouvrage, au sens où ceux-ci y percevaient une possibilité de communiquer sur une démarche, et sur un état d’esprit en devenir.
Les choses se sont envenimées dès le moment ou le "R" est apparu, remplaçant alors une idée magnifique par une approche purement mercantile, où les fabricants associés limitaient l'ouverture possible de l'association au plus grand nombre.



  1. Pensez-vous qu'une certification de la qualité environnementale soit nécessaire ?


La réussite d’un projet, naît de l'échange volontaire d'informations ou d'idées !

Ne rien garder... Tout donner pour ensemble réussir à rendre la qualité environnementale incontournable, et sans certification.
Jean-Philippe Thomas

18 mai 2005

Réponse de Guy Archambault

Journaliste spécialisé dans le développement durable



  1. Qu'est-ce qui vous semble judicieux dans la démarche HQE actuelle et que vous jugez bon de conserver?

La démarche en soit est un bon début pour une construction environnementalement correcte.

La check-list est plutôt utile, mais on oublie des principes fondamentaux : on ne construit pas pour préserver l’environnement, mais tout d’abord pour permettre à des individus de vivre et de s’épanouir, sans que leur santé soit mise en péril à cause de la construction.



  1. Qu'est-ce qui vous dérange dans la démarche HQE actuelle et que vous aimeriez changer?


Sous sa forme actuelle, la démarche fonctionne en tout ou rien.

Une démarche “à points“ serait bien plus efficace.
Autre fait contraignant : les outils proposés sont quasiment inexploitables par la petite entreprise, qui constitue la majeure partie du tissu des acteurs de ce marché.
Si on considère que la démarche HQE® concerne exclusivement les aspects techniques de l’acte de construire, il faut alors la combiner avec un document ou une démarche complémentaire, où seraient rappelés ces principes fondamentaux. Cette base doit inclure des éléments moins techniques : des objectifs par rapport aux besoins et attentes de l’individu, à la culture, etc.

Peut-être un pendant de la HQE à destination de l’architecte ?

Ce document complémentaire constituerait le vade-mecum de la conception, rédigé en pensant à la valeur d’usage.



  1. Qu'est-ce qui vous plait dans l'association HQE?

Pas grand chose sous la forme actuelle...





  1. Qu'est-ce qui vous dérange dans l'association HQE?


Cette organisation est trop rigide, et passablement inadaptée aux nécessités d’une approche “transversale “, voire plurielle, de la construction. On voit bien qui en tient les rênes.

Les industriels devraient être soumis aux demandes du terrain, et non pas l’inverse.

C’est dans l’ordre d’évolution des marchés, lesquels sont passés d’une prédominance de l’offre à une prééminence de l’utilisateur final, donc de la demande.


La volonté hégémonique des initiateurs et des dirigeants de cette organisation constitue aujourd’hui un frein au développement de la démarche. Des cibles de performances ont été un jour établies à Paris, entre quelques initiés, sans une véritable concertation avec les acteurs de terrain, lesquels, pour nombre d’entre eux, réalisent la qualité environnementale, voire davantage, depuis de longues années. Ceux-ci doivent imaginer les réponses, en assumer la responsabilité, souvent sans obtenir une rémunération équitable des efforts.
Cette organisation donne l’impression de représenter à elle seule la démarche de qualité. C’est oublier tous ces professionnels, qui évidemment, ne peuvent l’accepter. Et, au lieu d’ouvrir largement ce marché, cela contribue à le fermer et le réserver à quelques bureaux d’étude “militants“.


  1. Pensez-vous qu'une certification de la qualité environnementale soit nécessaire ?

Telle qu’on l’imagine aujourd’hui, une certification me semble inefficace. Le bâtiment, dans le prix total d’un bien immobilier en ville, représente au mieux 20 ou 25 % du coût total. En outre, il est fréquent que celui qui construit ne soit pas celui qui occupe. Il ne se sent donc pas concerné par l’entretien et le fonctionnement.


Or, un bâtiment coûte en moins de 10 ans, souvent 7 ou 8, en entretien, maintenance et fonctionnement, une somme équivalente à l’investissement de départ (hors foncier). Un surcoût sur la construction ne peut qu’aggraver la situation, sans espoir de récupérer la mise dans un tel système.
La spéculation financière s’accommode mal de critères qualitatifs, sauf si ceux-ci peuvent être valorisés à court terme. Le facteur temps est ici déterminant.



  1. Quelle forme souhaiteriez-vous donner à cette certification ?

Avant d’imaginer une quelconque certification, il faudrait, me semble-t-il, commencer par repenser toute la chaîne des acteurs et l’organisation du marché, de telle façon que les bénéfices de la démarche puissent être partagés. C’est sans doute avec le financement qu’on doit pouvoir trouver des solutions acceptables.


Guy Archambault

17 mai 2005

Réponse de Philippe Labro


EDF



  1. Qu'est-ce qui vous semble judicieux dans la démarche HQEâ actuelle et que vous jugez bon de conserver?


La non-qualité est la gangrène du bâtiment, en particulier en France où les rapports entre les différents acteurs sont très conflictuels. Une démarche qui donne un peu de rigueur est certainement une bonne opportunité.
Mettre en place une démarche "Qualité" en France, nous permet ne tendre vers un modèle d'ingénierie différent, où le bâtiment serait défini par un processus inductif avec dés le départ autour de la table :

- architecte

- bureau d'étude

- économiste

et surtout le maître d'ouvrage, qui doit se poser aussi les bonnes questions.



  1. Pensez-vous qu'une certification de la qualité environnementale soit nécessaire ?

Il est évident qu'il est impossible de certifier la création, mais à mon sens la vraie question est :

La certification empêche t'elle la création ?
La réponse est non. Car ce n'est pas le bâtiment qui est visé par la certification, mais la méthode de travail qui permet d'arriver aux objectifs qui ont été fixés.


  1. Quelle forme souhaiteriez-vous donner à cette certification ?

Je travaille avec beaucoup d'aménageurs qui souhaitent construire sur leurs zones d’aménagement des programmes de qualité. La seule solution pour eux c'est qu'une certification soit mise en place afin de s'assurer d'un minimum de qualité.


Mais je milite:

- pour que les contraintes soient adaptées à la zone

- pour que ce soient les objectifs qui soient fixés et non les solutions.
C'est possible quand le maître d'ouvrage est compétent et entouré de bons conseils.

Philippe Labro

6 juin 2005


Réponse de Maxime Tassin

Architecte à Grenoble



  1. Qu'est-ce qui vous semble judicieux dans la démarche HQE actuelle et que vous jugez bon de conserver?

Le travail sur les cibles, mais j'utilise toujours les 50 thèmes de l'Ademe parce que je trouve les 14 cibles déséquilibrées et difficiles à manœuvrer.



  1. Qu'est-ce qui vous dérange dans la démarche HQE actuelle et que vous aimeriez changer?


Le ® me dérange fondamentalement, c'est comme si CAUE®, SDAP®, écologie®, Ministère® ou architecture® étaient des termes déposés !
Une ambiguïté s'est immiscée depuis longtemps à propos de ce terme :


    • d'une part il s'est imposé dans les échanges quotidiens pour qualifier une architecture plus respectueuse de l'environnement et il est utilisé dans de nombreux appels d'offres publics,

    • d'autre part l'association HQE, depuis Gilles Olive et encore maintenant, menace de procès tous ceux qui useraient de son sigle sans passer par ses fourches caudines et verser des royalties.



  1. Qu'est-ce qui vous dérange dans l'association HQE?

Ce sont les positions de Dominique Bidou qui me dérangent le plus. Entre autres l'exemple terrifiant de la brochure sur les revêtements de sols en PVC dont il a fait la préface et qu'il cautionne.


"Entre la démarche HQE® et les sols PVC : la bonne entente" est typique du cynisme absolu des industriels et donne la preuve qu'ils sont extrêmement puissant au sein de l'association.



  1. Pensez-vous qu'une certification de la qualité environnementale soit nécessaire ?

J'ai traduit en 1994 la méthode Breeam (version 1993 pour les bureaux) et j’ai essayé de la faire connaître depuis.


Il y a aujourd’hui une affluence de projets qui s'auto-attribuent des qualités environnementales à tour de bras, comme on essayait de s'auto-attribuer des badges quand on était louveteaux pour en avoir le plus possible cousus sur les manches de nos pulls bleu marine, et qu'on était très vexés quand les cheftaines refusaient de nous les attribuer prétextant qu'on ne remplissait pas les critères exigés....
Ces auto-attributions empêchent de distinguer les projets qui méritent vraiment d'être pris comme exemples parmi tous ceux qui s'affichent écologiques.



  1. Quelle forme souhaiteriez-vous donner à cette certification ?

Je reste persuadé que les méthodes Breeam et le travail qui a été mené autour depuis la fin des années 80 sont une des meilleures base pour fabriquer des critères crédibles.... bien que le BRE ait été privatisé par Margaret Tatcher et qu'on ait affaire actuellement à des organismes de certification privés.


Maxime Tassin

19 mai 2005


Réponse de Marika Frenette

Architecte canadienne vivant à Nantes
Marika a pris plus de temps pour me répondre, mais sa réponse à mon mini sondage est exemplaire, car elle reprend de manière claire et directe tous les thèmes abordés par les différents professionnels interrogés. Marika, qui est canadienne, prépare actuellement une analyse comparative des différentes méthodes d’analyse et de certification internationales. J’ai souligné dans son texte les points que me semblaient particulièrement important ou représentatifs. dgm



  1. Qu'est-ce qui vous semble judicieux dans la démarche HQE actuelle et que vous jugez bon de conserver?





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