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Ministère de l’Equipement

DGUHC

PUCA


Arches de la Défense Paroi Sud

92055 Paris La Défense Cedex 04




MEMOIRE DU RENOUVELLEMENT URBAIN OU RENOUVELLEMENT DES MEMOIRES URBAINES ?

L’exemple de la cité Olivier de Serres à Villeurbanne et du quartier de Parilly à Bron

RAPPORT FINAL




FO5.75 CO 05000088

DECEMBRE 2007
SOMMAIRE


PREAMBULE 5

1 Autour du renouvellement urbain, du patrimoine, de la valeur et de la mémoire 5

2 Mémoire du renouvellement urbain ou renouvellement des mémoires urbaines 8

HISTOIRE 10

1 la Cité Olivier de Serres à Villeurbanne 10

2 Le quartier de Parilly à Bron 14



INTERMEDE, REPROBLEMATISATION ET METHODE 20

COUP DE SONDE DANS LES TEXTES : UN OUBLI RELATIF 24

1 MEMOIRE DU GOUVERNEMENT I : Olivier de Serres : une opération promotionnelle 26

1.1. Mémoire institutionnelle 26

1.2. Mémoire des « gauchistes » 31

1.3. Mémoire des villas 33

1.4. Une fenêtre de tir pour débattre du logement des immigrés sur l’agglomération : la commission permanente de l’habitat social et le groupe des techniciens 37

1.5 Premier surgissement mémoriel 41



1.5.1. un ouvrage : « Olivier de Serres ou la Médina brumeuse » 41

1.5.2. Un premier film 42

1.5.3. Le centre de la mémoire à Villeurbanne 43

1.5.4. 2008 : l’entrée en commémoration ? 44

2 Nouvel intermède, flash-back, naissance d’une politique d’agglomération et recomposition militante 45

2.1. Flash back : La naissance d’un milieu d’experts 45



2.2.1. La place de l’agence d’urbanisme 46

2.2.2. Le GSU 47

2.2.3. Economie et Humanisme 48

2.2.4. Du côté des aménageurs 49

2.2.5. L’ALPIL : une nouvelle association dans le paysage 50

2.2.6. Le logement des immigrés : une préoccupation qui monte dans le système d’expertise locale 50

2.2.7. Des obstacles politiques à lever 52

2.2. Les Minguettes : un dossier d’agglomération 54

2.3. La CPHS : une volonté technique de mise en débat 55

2.3.1. La réussite technique d’un échec politique ? 55

2.3.2. Olivier de Serres : un cas qui pèse en arrière-fond 57

2.4 Recomposition et éclatement des expertises 58



2.4.1. Du côté des politiques du logement : l’effervescence expérimentale et la maturation politique 59

2.4.2. Après le groupe des techniciens : le rôle de la FONDA 60

3. MEMOIRE DU GOUVERNEMENT II Bron Parilly : une opération anticipatrice 62

3.1. La mémoire d’une bataille 63



3.1.1. Scène de la bataille 63

3.1.2. Bataille en coulisse 66

3.2. Agrégations associatives : la mémoire du contre-projet 66



3.2.1. L’enquête sociologique confisquée 66

3.2.2. Le débat sur la mixité 67

3.2.3. Jeux politiques 68

3.2.4. Connexions associatives 68

3.2.5. Un contre-projet non discuté 70

3.3. Le protocole comme sortie de crise : les effets d’une bataille 73



3.3.1. L’émergence du projet urbain comme justification 73

3.4. La poursuite locale de la mise en secret 75

3.5. Filmer le renouvellement urbain à Bron 76

4.Les Etats généraux du logement : parler du renouvellement urbain 80

4.1. La Duchère 80

4.2. Les Etats Généraux du logement 81

4.3. Les ateliers du renouvellement urbain et la charte du relogement : poursuivre les échanges, écrire pour stabiliser les conflits 83



4.3.1. Le rôle du comité de suivi 83

4.3.2. La charte du relogement 85

4.4. Les deuxième Etats généraux 86

4.5 Performer pour renouveler les récits urbains 87

CONCLUSION 91

BIBLIOGRAPHIE 95

PREAMBULE

Un quartier, des barres. Rasés au début des années 1980. Qu’en reste-t-il ? Rien. Des traces mémorielles sans ancrage dans le lieu, un souvenir d’avant. J’ai croisé autrefois un jeune homme qui portait avec lui un petit cahier imprimé en hommage à une cité disparue : la cité Olivier de Serres à Villeurbanne. Il faisait dans l’insertion des publics en difficulté. Il disait à qui voulait l’entendre que cette histoire-là était importante pour lui.


L’architecte de Bron Parilly, premier grand ensemble de l’agglomération lyonnaise construit à la fin des années 1950 a souhaité, en 1998, au moment où on parlait de le démolir, faire inscrire son projet au patrimoine, au titre du premier grand ensemble lyonnais, emblème du mouvement moderne en Architecture.
D’une souffrance personnelle à une volonté de reconnaissance de la qualité esthétique d’un projet architectural, les volontés de renouvellement urbain des quartiers en difficulté ne laissent pas insensible même si elles peuvent laisser sceptique quant à l’efficience de ces processus. Pour mettre à distance ce scepticisme, il est possible de détourner un peu les questions et de se demander : qu’est-ce qui est appris à travers ces processus ? Qu’est-ce qui se transmet ? Tel était le sens initial de ce travail qui s’est peu à peu déplacé.

1 Autour du renouvellement urbain, du patrimoine, de la valeur et de la mémoire

L’histoire des villes occidentales est pétrie de démolition d’immeubles, de reconquête foncière pour accueillir encore et toujours de nouveaux habitants, de transformations importantes pour assouvir les volontés politiques, foncières et financières. Toute histoire des villes est donc une histoire de renouvellement urbain. En soi, donc, les processus de démolition des immeubles en ville ne sont pas vraiment nouveaux. Que l’on s’interroge sur le devenir d’immeubles qui ont une quarantaine d’années dans la ville l’est un peu plus. L’usage contemporain voudrait que ces immeubles soient plus anciens pour être appelés à démolition. Que l’on cible des immeubles ayant le même âge, à la périphérie des villes et qui ont tous la même histoire de construction : répondre dans l’urgence à des besoins de logements étonne toujours un peu dans un contexte de diminution de la vacance dans le parc social, de la forte hausse des coûts du foncier et des logements aux échelles intercommunales et du fort nombre de demandeurs de logements sociaux dans ce pays.


L’argument qui préside à la démolition est connu : « La Caisse des Dépôts et Consignations est, en tant que banquier du logement social, très attentive au devenir du parc HLM… Le raisonnement économique est le suivant : si le patrimoine se dévalorise de façon massive, les organismes HLM ne pourront pas s’en relever et la CDC ne couvrira pas ses créances… »1 Donc les raisons avancées pour s’engager dans des processus de démolition massifs inaugurés sous le ministère de Claude Bartolone puis renforcés par les lois Borloo restent financières. Gardons-le à l’esprit tant il apparaît que cet argument financier à l’échelle nationale s’estompe aux échelles locales derrière d’autres arguments à préoccupations beaucoup plus sociales : au pire, chasser les plus pauvres ; au mieux, ramener de la mixité sociale dans le quartier en y reconstruisant de nouveaux produits.
Interroger le sens de la démolition telle qu'elle est pensée par la puissance publique aujourd'hui c'est d’abord peut-être interroger trois point : un paradoxe, notre rapport à l'espace et notre rapport au temps quant à la spécificité de ces quartiers.
Les volontés de démolitions apparaissent à l'échelle des quartiers comme des solutions disponibles qui attendent leur mise en problème. La démolition apparaît souvent aujourd’hui comme une solution financière disponible qui attend sa mise en problème à l’échelle d’un territoire donné. Du coup, la démolition apparaît parfois comme la solution radicale pour des élus ou des acteurs locaux qui ne savent plus bien par quel bout prendre ces quartiers populaires et qui se disent d'ailleurs parfois : on a tout essayé, on ne cesse de réhabiliter à fonds perdus. Cet épuisement du référentiel réparateur a ses adeptes de même que ses détracteurs1. Cette radicalisation semble être une réponse à une forme de panne de l’action publique. Avec cette radicalisation des solutions disponibles, une forme de renversement s’opère : il faudrait d’abord démolir avant même de reconstruire dans un contexte où il est extrêmement difficile, où il n’a peut-être jamais été aussi difficile de produire du logement social et donc d’en construire. Donc, la situation paradoxale est la suivante : puisqu’on a du mal à construire du logement social, autant en démolir… Finalement, la démolition serait-elle le moyen trouvé par la puissance publique pour obliger à construire du logement social ? Mais où ?
Le discours des urbanistes autour de l’espace urbain aujourd’hui est de dire : il faut refaire la ville sur la ville, nous ne sommes plus dans le modèle de la table rase mais bien dans l’adaptation aux contextes locaux et le pragmatisme. Mais comment refaire la ville en détruisant des grandes unités, en reconstruisant des petites unités et tout cela à l'échelle de l'agglomération en prenant pour point d’accroche les quartiers les moins denses des agglomérations ?
Il y a par ailleurs dans la démolition une interrogation sur notre rapport au temps et à la mémoire. Les centre-villes sont en voie de patrimonialisation avancée et de gentryfication importante.2 Tous les centre-villes occidentaux tendent à devenir comme le prophétise Rem Koolhaas, le réservoir à touristes du monde entier. Dans le même temps, cette patrimonialisation tend à évacuer le populaire des centres des agglomérations. Là où réside le populaire d’aujourd’hui, des projets de renouvellement urbain pensent son éviction ailleurs, plus loin. Répétition de l’histoire urbaine. Mais plus largement, comment l’action publique d’aujourd’hui envisage-t-elle la patrimonialisation du populaire dans la ville d’aujourd’hui ? Le patrimoine qui est aujourd’hui démoli n’est pas n’importe quel patrimoine : il s’agit d’une propriété sociale. Cela n’en dit-il pas long sur le rapport à la propriété sociale aujourd’hui ? Ces réflexions autour du patrimoine et des grands ensembles comme impossible à patrimonialiser renvoient à un autre élément : leur caractère expérimental et leur rapport particulier au temps.
Comme ces quartiers ont été construits sur le modèle du chantier permanent, voici le nouveau chantier qui commence après la construction et la réhabilitation, la démolition : un nouveau terrain expérimental pour professionnels en voie de professionnalisation ? Comment faire patrimoine, mémoire et transmission en cinquante ans d’urgence 1?
Refaisons un peu d’histoire quant à cette forme urbaine spécifique des années 1960 que sont les Grands ensembles, dénommés comme tels par la puissance publique officiellement au moment de la décision de leur fin. Le rapport Guichard, en 1973, en les nommant comme tels pour la première fois dans un document officiel les fait advenir en les supprimant. Les grands ensembles ont été construits avec la haine du lotissement pavillonnaire des années 1930. Les grands ensembles seront le lieu d’une haine similaire. L’inflation discursive disproportionnée d’avec ses réalisations concrètes que sera le dispositif Banlieues 89 préludera la généralisation de leur démolition. Il faudrait se demander comment une telle haine peut se répéter dans l’histoire quant au logement de certaines classes sociales2, d’une part et d’autre part interroger les effets de cette haine. En tous cas, celle-ci produit des effets dont le moindre n’est pas le suivant : Pourquoi ces quartiers ne font-ils pas patrimoine pour la puissance publique ? Qu’est-ce qui reste comme mémoire des lieux après la démolition ? Comment celle-ci se construit-elle ? Qui en prend l’initiative ?
Rénovation et/ou renouvellement plutôt que réhabilitation ou restauration. La réhabilitation a souvent été tentée, réalisée avec plus ou moins de succès. D’ailleurs, sur certains quartiers, les derniers immeubles venaient à peine d’être réhabilités que se sont posées les questions de leur démolition. On empêche ce patrimoine social de faire patrimoine ; pour emprunter les termes des aménageurs, de rentrer dans le cycle de la restauration et des secteurs sauvegardés. Les grands ensembles qui entrent dans les processus de rénovation urbaine ne sont pas sauvegardés. Nous insistons tant sur ces termes car il semble bien qu’il y ait une disjonction importante entre l’inflation patrimoniale contemporaine et la volonté toujours affichée et affirmée dans certains lieux (les grands ensembles en l’occurrence ici) de faire table rase, de démolir. Bref, ce sont les multiples définitions de la notion même de patrimoine qui sont ici à interroger. Bien souvent, d’ailleurs, les bailleurs justifient la démolition par une réflexion affinée quant à leur stratégie patrimoniale. Celle-ci imposerait alors la démolition. Le dictionnaire3 nous dit que le patrimoine est : « ce qui est censé mériter d’être transmis du passé pour trouver une valeur dans le présent ».
Comment la puissance publique pense-t-elle la valeur de ces lieux ? Puisqu’on démolit ce patrimoine, c’est qu’il ne vaudrait plus. S’il ne vaut plus, combien tout cela coûte-t-il ? La valeur monétaire est-elle la seule à prendre en compte dans l’affaire ?
Bref, en glissant d’un paradoxe initial à des questions relatives aux espaces urbains puis à la place des temporalités dans l’économie générale des quartiers en renouvellement urbain, on se trouve à aborder les questions de valeur, de patrimoine, de mémoire et de transmission…



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