Le journal du cnrs numéro 21 Avril 2008

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Énergie : l'Europe voit l'avenir en vert


8,5 % d’énergies renouvelables dans la production d’énergie totale européenne en 2005

Le plus bas : Malte  0 %

Le plus élevé : Finlande  28,5 %

France 10,3 %

Autre chantier prioritaire de la présidence française, le spectre du changement climatique. Mais pousse-t-il pour autant l’Union à réduire significativement ses émissions de gaz à effet de serre (GES) ? À en juger par l’accord conclu à Bruxelles lors du conseil européen du 9 mars 2007 et par les points-clés des mesures « climat-énergie » adoptées par la Commission en janvier 2008, la réponse est clairement « oui ». L’adoption du « triple 20 » à l’horizon 2020 peut radicalement changer le cours des choses : 20 % d’énergies renouvelables dans l’approvisionnement énergétique de l’Union, 20 % d’amélioration de l’efficacité énergétique (par une meilleure isolation des bâtiments, des véhicules moins gourmands en essence…) et enfin une réduction de 20 % des émissions de GES : tel est l’engagement ô combien ambitieux pris par les 27 pour s’illustrer aux avant-postes de la lutte contre le fléau qui menace la planète. Mais de la coupe aux lèvres…Le bilan à tirer d’un tel programme anti-surchauffe « est, bien sûr, globalement positif, commente Patrick Criqui, directeur du Laboratoire d’économie de la production et de l’intégration internationale (Lepii) (Laboratoire CNRS / Université Grenoble 2). Il y a eu volonté de coopération de la France, qui a accepté que l’objectif pour les énergies renouvelables soit contraignant » et que la filière nucléaire ne figure pas dans les énergies renouvelables. Le nucléaire, justement, dans lequel l’Allemagne et la Suède ne se sont pas pleinement engagées pour leur production électrique, demeure le point aveugle, ou du moins « l’inconnue principale de l’équation énergétique de l’Union, estime le même chercheur. Tout le monde s’accorde à dire que le nucléaire n’est pas renouvelable, mais il se montre très faiblement émetteur de GES et constitue ipso facto un des piliers de la lutte contre le changement climatique. Plus tôt cette donnée sera reconnue par un grand nombre de pays, plus les fondements du futur système énergétique de l’UE seront solides pour affronter le risque du changement climatique et celui de la dépendance énergétique ». Comprendre par là que les énergies renouvelables, qui assurent aujourd’hui 8,5 % de la fourniture totale d’énergie primaire de l’Europe, auront du mal à tutoyer les 20 % à l’horizon 2020. « Prenez les éoliennes », intervient Michel Deshaies, du Centre d’études et de recherches sur les paysages (Cerpa) de l’université Nancy-II. Malgré leur essor au Danemark, en Espagne et en Allemagne, « la part de cette énergie d’une extrême dépendance aux conditions météorologiques est très faible et risque fort de le rester ». La capacité totale des éoliennes installées outre-Rhin équivaut, certes, à celle des 19 réacteurs nucléaires qui y sont en service, mais leur production atteint tout juste celle de 4 réacteurs actuels. « On peut donc légitimement se demander si l’abandon de la filière nucléaire est le choix le plus judicieux pour l’environnement », dit le même chercheur. Et le photovoltaïque ? « Ce domaine part de très loin mais fait l’objet d’une force coordonnée de la recherche au plan européen, plaide Jean-Bernard Saulnier, responsable du programme Énergie au CNRS. Par exemple, les polymères photovoltaïques ont tout pour devenir une filière d’avenir séduisante et crédible. Quant au charbon, les travaux menés autour des techniques de combustion propre pourraient bénéficier d’un meilleur effort de coordination, de même que ceux concernant la capture et le stockage géologique du CO2. »

Des Transports plus propres

Avec l’industrie, soumise depuis janvier 2005 au système d’échange de quotas d’émission (Ce système permet aux entreprises dépassant leurs plafonds d'émissions de GES d'acheter des quotas auprès d'entreprises plus performantes sur le plan environnemental), les transports mobilisent l’attention de l’UE. La construction de nouvelles lignes ferroviaires à grande vitesse devrait permettre de consacrer davantage de voies au fret. À condition que l’Eurovignette, que la Commission appelle de ses vœux, entre en application. Principe : infliger des frais de péage aux camions de plus de 3,5 tonnes pour inciter les transporteurs à investir dans des machines moins polluantes et reverser une partie de ces taxes à d’autres modes plus « durables » comme le rail ou les voies navigables. Quant aux automobiles, les objectifs affichés ont de quoi séduire les plus vertes des consciences : 120 grammes d’émission moyenne de CO2 par kilomètre d’ici à 2012 (soit une réduction de 25 % par rapport aux niveaux actuels), 10 % d’incorporation de biocarburants dans l’essence et le gasoil à l’horizon 2020 (contre 2 à 3 % aujourd’hui)… Mais rendre la route plus propre n’est pas une sinécure. Pour preuve, les frictions entre pays traditionnellement versés dans la production de grosses cylindrées (Allemands, Suédois…) et ceux spécialisés dans la construction de modèles plus petits et moins polluants (France, Italie…) quand il s’agit de répartir État membre par État membre les efforts à fournir pour abaisser la moyenne des émissions des véhicules. Moult défis, par ailleurs, restent à relever avant que les biocarburants de « seconde génération » (produits à partir de résidus agricoles et forestiers ou de cultures à croissance rapide) ne remplissent nos réservoirs. Idem pour la technologie hydrogène qui aura peu de répercussions, de l’avis des experts, avant 2015-2020. « Des voix s’élèvent pour encourager les décideurs français à l’égard de cette filière, fait observer Jean-Bernard Saulnier. Il serait difficilement concevable que notre pays s’en désintéresse alors même que l’UE subventionne des recherches dans ce domaine à hauteur de 470 millions d’euros. » Et si, pour brider les émissions de CO2 des transports, plutôt qu’une hypothétique taxe carbone, perçue par les ménages comme un accroissement des prélèvements obligatoires, l’UE prêchait pour un marché de « droits à consommer du carburant », comme le préconise Charles Raux, directeur du Laboratoire d’économie des transports (Laboratoire CNRS / Université Lyon 2 / École nationale des travaux publics de l'État) ? Principe : les autorités régulatrices de chaque État de l’Union « fixeraient un niveau souhaitable de rejets de CO2 dans l’atmosphère, puis distribueraient aux propriétaires de véhicules particuliers ou à tous les ménages des permis de consommer du carburant échangeables ou revendables, dit notre chercheur. Pour faire le plein de carburant, chaque automobiliste devrait disposer d’un nombre suffisant de permis. Cette solution récompenserait le “bon élève” qui laisserait sa voiture au garage et contraindrait le “mauvais élève” à acheter le droit de consommer du carburant. » Politiquement délicat à faire accepter... « Trois fois 20 » d’ici à 2020... Tout compte fait, l’UE n’a-t-elle pas placé la barre trop haut ? Patrick Criqui n’est pas de cet avis. « Il est possible que l’Europe ait du mal à tenir ses engagements. Mais “laisser filer” serait une politique encore bien pire. »

Nuages sur la politique agricole
Elle « consomme » 40 % du budget total de l’Union et constitue sa seule vraie politique économique commune.
Mais la Politique agricole commune (PAC), créée en 1962 pour garantir l’indépendance et la sécurité alimentaire du Vieux Continent, traverse une mauvaise passe. Les cours des céréales et des oléagineux flambent, l’Union est déficitaire en viande bovine et manque de lait, les paysans qui ne sont pas de gros céréaliers voient leurs revenus baisser… Pour Hélène Delorme, chercheuse associée au Ceri, tous ces désordres sont le fruit amer des options dérégulatrices retenues par les États membres et la Commission. « La politique agricole suivie par l’Union depuis deux décennies, analyse-t-elle, repose sur un postulat partagé par la Banque mondiale, l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) : la libéralisation des échanges agricoles est le meilleur moyen d’adapter l’offre agricole à la demande. Or, ce processus, c’est le ver dans le fruit. Livrés à eux-mêmes, les marchés agricoles sont chaotiques. Ils induisent des comportements spéculatifs et ne peuvent assurer sur le long terme, sans dysfonctionnements majeurs, la sécurité alimentaire aux 450 millions d’Européens. »
Par ailleurs, depuis 2003, les primes versées à l’hectare pour compenser les baisses des prix sont « découplées » (c’est-à-dire attribuées sans obligation de produire). Un mode de soutien qui « avantage surtout les grands agriculteurs » et apparaît comme « la négation des principes à l’origine de la PAC, à savoir la maîtrise des fluctuations des prix pour assurer la pérennité des capacités de production et des approvisionnements à des prix raisonnables et stables pour les consommateurs ». Comment sortir de cette impasse et à quoi pourrait ressembler la PAC après la renégociation du budget européen en 2012 ? « Il est illusoire de penser qu’en l’absence d’une intervention régulatrice des autorités européennes, les prix pourront se stabiliser durablement », dit Hélène Delorme. Quant à la refonte de la PAC réclamée par Paris (droits de douanes protecteurs aux frontières pour hausser le prix des importations au niveau des prix européens, budget conséquent, respect de normes sanitaires et environnementales strictes), « elle devrait construire des coalitions capables de surmonter les oppositions des grands agriculteurs, rentiers de l’actuelle PAC et influents dans tous les pays, mais aussi les effets délétères d’une idéologie libérale naïve qui ignore le fonctionnement réel des marchés agricoles. Souhaitons que la réapparition de la pénurie aide le gouvernement français, comme le souvenir des privations de la guerre l’avait fait dans les années 1950-60, à convaincre ses partenaires ». Longue et tumultueuse odyssée que celle de la PAC…

Philippe Testard-Vaillant

Contact

Patrick Criqui, patrick.criqui@upmf-grenoble.fr



Michel Deshaies, michel.deshaies@univ-nancy2.fr

Jean-Bernard Saulnier, jean-bernard.saulnier@cnrs-dir.fr

Charles Raux, charles.raux@let.ish-lyon.cnrs.ff

Hélène Delorme, delorme@ceri-sciences-po.org



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Un si vieux continent


1,5 enfant par femme c’est l’indice de fécondité moyen européen en 2007

Le plus bas : Allemagne, Grèce, Hongrie, Lituanie, Pologne, Roumanie 1,3

Le plus élevé : France 2

Il faut séjourner depuis des lustres sur la banquise pour l’ignorer : l’Europe vieillit. D’ici à 2050, le Vieux Continent devrait compter près d’un tiers de plus de 65 ans et voir l’âge moyen de ses habitants passer de 39 à 49 ans. Si l’Europe a de quoi se faire des cheveux blancs en auscultant les courbes de « l’hiver démographique » qui l’accable, deux raisons à cela : la chute de la natalité et l’augmentation de l’espérance de vie. Dans l’UE, le taux moyen de fertilité est tombé à 1,5 enfant par femme, ce qui en fait un des plus bas de la planète. Seul l’Hexagone, avec deux enfants par femme, a mis le turbo pour assurer le renouvellement de ses générations. Dans le même temps, l’espérance de vie à la naissance grimpe en flèche : 79 ans pour les femmes et 71 ans pour les hommes. « Dans un livre paru en 1946, Des Français pour la France, un chapitre s’intitulait déjà : “L’invasion des vieillards”, dit Hervé Le Bras, directeur du Laboratoire de démographie historique (Il fait partie du Centre de recherches historiques CNRS / EHESS). La peur du vieillissement ne date pas d’hier ! Mais ce phénomène recouvre deux problèmes de nature très différente : celui des coûts de santé et celui des retraites. » Si l’on vit beaucoup plus vieux qu’autrefois en Europe, on y vit surtout beaucoup plus longtemps en bonne forme physique et intellectuelle, « ce qui incite à l’optimisme puisque l’on ne peut donc plus compter comme “vieux” toute personne ayant atteint 60 ans ou tout autre âge fixé à l’avance. Et ce qui signifie que les coûts de santé liés à l’âge ont tendance à diminuer. En France, l’impact annuel du vieillissement ne représente que 0,3 % sur les 4 % de croissance de l’ensemble des dépenses de santé tous âges confondus ». Reste que la définition des politiques familiales demeure l’apanage de chaque État membre. L’UE a beau formuler des recommandations, leur portée reste limitée : aucune sanction n’est prévue si elles ne sont pas respectées. La relative timidité avec laquelle elle s’empare du thème de la fécondité, considérée comme une affaire privée, n’est sans doute pas le meilleur moyen de provoquer une embellie démographique.



Le problème des retraites

S’agissant des retraites, les choses sont plus délicates. Partout en Europe, l’allongement de la vie, conjugué à la sortie d’activité de la « génération papy-boom », réduit le ratio cotisants-retraités (quatre cotisants par retraité en 1950, moins de deux aujourd’hui). Les solutions pour rétablir l’équilibre des régimes de retraite ? Entre autres, augmenter les cotisations et reculer l’âge de la retraite comme l’ont décidé plusieurs pays, dont l’Allemagne. Mais en France, « cette dernière solution est difficilement applicable, commente Hervé Le Bras. Contrairement aux pays nordiques et anglo-saxons, nous manquons de dispositifs permettant d’acquérir une nouvelle formation sérieuse vers 40 ans. Si la formation tout au long de la vie active était réellement développée en France, les salariés de 50 ans ne seraient plus cantonnés dans leurs formations vieilles de trente ans, mais pourraient se prévaloir d’une formation à jour et seraient, dès lors, susceptibles de travailler plus longtemps. » Et le recours à l’immigration ? Pour maintenir constante la proportion des plus de 60 ans par rapport aux 15-60 ans à l’horizon 2050, un rapport des Nations unies montre que le seul Hexagone devrait « importer » chaque année 920 000 migrants, soit dix fois plus qu’aujourd’hui. Hors d’atteinte quand on songe aux problèmes actuels que soulèvent des chiffres beaucoup plus modestes et à la politique sécuritaire en vigueur dans tous les pays européens depuis 1990. Pour autant, le quatrième âge est « facteur de migration, fait observer Catherine Wihtol de Wenden, en poste au Ceri. Depuis plusieurs années, l’Italie, en particulier, est le théâtre d’une immigration particulière de jeunes femmes venues pour l’essentiel des Philippines, de Roumanie ou d’Ukraine pour occuper clandestinement des emplois de soins aux personnes âgées dépendantes, ce que l’on appelle le “care drain”. L’Italie a régularisé en 2003 plusieurs centaines de milliers de ces “badanti” (Les badanti étaient autrefois des gardiens de troupeaux à la campagne). »



39 ans c’est l’âge moyen des habitants de l’Europe en 2008

Le plus bas : Irlande 34,6 ans

Le plus élevé : Allemagne 43,4 ans

France 39,2 ans

Gérer la dépendance

Où l’on voit que le besoin de soins augmente avec le vieillissement de la population européenne. De plus, 225 000 nouveaux cas de la maladie d’Alzheimer se déclarent chaque année en France et, selon les projections de l’Insee, près de 1,3 million de personnes seront atteintes d’ici à 2020, soit un Français de plus de 65 ans sur quatre. Mais « les personnes disponibles pour s’occuper des personnes âgées dépendantes diminuent avec le taux élevé d’emploi parmi les femmes, le changement du modèle familial, l’individualisation des rapports sociaux et la politique de maîtrise des dépenses de santé réservant l’hôpital aux soins aigus », renchérit Monika Steffen, spécialiste des politiques de la santé en Europe au sein du laboratoire Pacte. Faire appel aux technologies d’autonomie (vidéosurveillance, télémédecine, bracelet électronique, appartements « intelligents »…) pourrait-il pallier l’insuffisance des moyens humains dans la prise en charge de personnes dépendantes ? « La technique peut sans doute apporter une aide », répond Monika Steffen, mais un essaim d’interrogations virevolte au-dessus de ce dossier : comment surmonter la distorsion entre le coût élevé de ces dispositifs et la capacité financière (revenu, patrimoine) de la grande majorité des patients concernés ? Quels arbitrages opérer entre financements de solidarité (sécurité sociale, aides sociales…) et financements privés (assurances privées, paiement personnel…) ? Au quotidien, sur le plan pratique, les personnes âgées seront-elles capables de faire fonctionner correctement ces technologies très avancées ? Plus largement, substituer la froide technologie à l’« aide humaine » dans une société en voie de vieillissement est-il le bon choix ? Etc. Autant de questions à régler d’urgence vue la quasi-absence de politiques publiques réellement ciblées sur ce problème dans l’Union.

Philippe Testard-Vaillant
Contact

Hervé Le Bras, herve.le-bras@ehess.fr

Catherine Wihtol de Wenden, dewenden@ceri-sciences-po.org

Monika Steffen, monika.steffen@iep-grenoble.fr



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