Le journal du cnrs numéro 21 Avril 2008

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Le pari de l'innovation


1,84 % : part du PIB consacrée à la recherche en 2006 en moyenne en Europe

Le plus bas : Chypre 0,42 %

Le plus élevé : Suède 3,82 %

France 2,13 %

Faire de l’Europe l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique de la planète d’ici à 2010 ! C’est le chantier prioritaire de la future présidence française de l’Union européenne, une grisante formule surgie au printemps 2000 en plein boom Internet et en réaction au fossé qui s’était creusé avec les États-Unis en matière de productivité, de croissance et d’emploi. Huit ans après le lancement en fanfare de la stratégie de Lisbonne, l’Union peut-elle se regarder dans la glace avec le sentiment du devoir accompli ? Pour Élie Cohen, spécialiste d’économie au Cevipof, la stratégie de Lisbonne, dont « l’axe central est de repenser les conditions de la compétitivité dans le cadre d’une économie où l’innovation joue un rôle majeur et où le capital humain et sa qualité sont décisifs pour la croissance, a davantage consisté en un discours qu’en une politique véritablement mise en œuvre ». À quoi attribuer un sentiment aussi mitigé ? D’abord à la multiplicité d’objectifs que l’Europe s’est fixés. « On a voulu tout faire à la fois : construire non seulement l’économie la plus à la pointe, mais aussi la plus écologique et la plus solidaire, dit Élie Cohen. On a empilé les objectifs sans les hiérarchiser ni les doter des moyens financiers nécessaires. » Le processus a certes été relancé en 2005 : l’Union s’est alors recentrée sur la croissance et l’emploi, et chaque État membre s’est vu confier la responsabilité de constituer son propre agenda de réformes structurelles, sans caractère contraignant. Mais la stratégie de “Lisbonne II” a elle aussi montré ses limites, estime le même expert. Même si « l’idée d’appropriation nationale” est intéressante en soi. De plus, l’Europe a décidé de produire un effort notable en matière de recherche et d’enseignement supérieur, à travers le Programme-cadre pour la recherche et le développement (PCRD) et deux institutions importantes : le Conseil européen de la recherche (ERC) et le projet Barroso de création d’un Institut européen de technologie sur le modèle du MIT américain ». Mais que ce soit en termes économiques, budgétaires, financiers, ou d’impact sur les publications, les innovations et les brevets, « la stratégie de Lisbonne, in fine, n'a pas eu les résultats escomptés».



Retour à Lisbonne

Et maintenant ? Tout plaide en faveur d’un « Lisbonne III ». L’idée a cheminé, dans l’esprit des 27, que « l’investissement dans la recherche et l’enseignement supérieur est devenu un “input” productif direct pour la croissance dans une économie de la connaissance, dit Élie Cohen. C’est un acquis formidable. En 2012, l’Union va devoir reconsidérer l’économie générale du budget européen. Elle pourrait saisir cette opportunité pour faire basculer une grande partie des sommes consacrées aujourd’hui à l’agriculture vers d’autres priorités (R&D, enseignement supérieur...) ». Mais sachant que l’UE « gouverne avec, chevillée au corps, une logique du compromis…, on peut douter qu’elle soit capable d’une réorientation aussi nette ». Pour autant l’Europe avance. Pendant des années, dit Élie Cohen, « la querelle sur la politique industrielle, la contestation des politiques de la concurrence, la défense crispée du “service public à la française” ont ralenti l’intégration. Aujourd’hui, toutefois, nul ne conteste la nécessité de promouvoir des politiques d’adaptation à la mondialisation, et chacun déploie des stratégies de promotion de l’économie de la connaissance ». Porter à l’horizon 2010 la part de l’investissement dans la recherche, privée et publique, à 3 % du PIB européen, telle est l’ambition de la stratégie de Lisbonne, rappelle pour sa part Philippe Larédo, du Laboratoire « Territoires, techniques, sociétés » (Latts) (Laboratoire CNRS / École nationale ponts et chaussées Paris / Université Marne-la-Vallée / Université Paris 12). À moins de deux ans de l’échéance, l’objectif paraît hors d’atteinte. Mais au lieu de le déplorer, pourquoi ne pas se féliciter des inflexions récentes apportées par la Commission à la « construction collective en cours, sans précédent dans l’histoire qu’est l’Espace européen de la recherche EER (Créé en 2000, l'EER vise à mettre en place un véritable « marché intérieur » européen de la recherche) ? », suggère le même chercheur. Premièrement, « le Conseil européen de la recherche (ERC) a fini par voir le jour en 2006. Et tout porte à croire que son budget augmentera de manière significative en 2009, quand bien même cette “rallonge” ne réglera pas à elle seule les problèmes de la science européenne, comme le très grand différentiel entre l’Europe et les États-Unis en matière de prix Nobel ». D’autres signes sont encourageants, comme la volonté réaffirmée par l’Union de favoriser la libre circulation des chercheurs, « le succès totalement inattendu des Era-nets » (appels à projets transnationaux) et la mise en place d’initiatives technologiques de grande ampleur. Une ombre au tableau toutefois : un rapport publié fin avril 2008 par la Commission constate que l’EER manque d’une vision à long terme capable de soulever l’enthousiasme des citoyens européens comme de leurs représentants. Il préconise de tirer les leçons positives du passé (Cern, ESA – lire l’encadré –, Airbus…) pour recentrer les efforts de la recherche européenne sur de grands enjeux sociétaux (lutte contre le changement climatique, vieillissement de la population, pandémies infectieuses…). « Plutôt que de reconstruire de vastes programmes “à la française” chargés de traduire en actions de R&D les “challenges” retenus par le Parlement et le Conseil, dit Philippe Larédo, il me semble que l’avenir de la politique européenne de la recherche passe davantage par des procédures de décision moins technocratiques et plus démocratiques. » Et par exemple de nouvelles formes d’organisation impliquant toute sorte d’acteurs économiques dont les ONG.

L’EUROPE SPATIALE CHANGE D’ORBITE
Aux lanceurs et aux satellites, l’Europe peut être reconnaissante ! La politique spatiale européenne doit une fière chandelle aux succès de l’Agence spatiale européenne (ESA), même si l’on assiste à « une relative stagnation des budgets comme à une certaine difficulté à promouvoir des grands programmes », relève Isabelle Sourbès-Verger, du laboratoire « Communication et politique » du CNRS. Surtout, l’Union européenne vient de faire son entrée dans les affaires spatiales à travers des initiatives récentes, comme le système de guidage par satellite Galileo, ou GMES(Global Monitoring for Environment and Security), destiné à améliorer la gestion de l’environnement et de la sécurité de la planète. Pareille implication « concrétise un changement de cap dans la gestion des affaires spatiales européennes, note Isabelle Sourbès-Verger. Elle renforce la dimension politique de ces programmes conçus comme des instruments de l’affirmation européenne ».

CAP SUR LA RECHERCHE DE DEMAIN
Le principal instrument qui permet de financer et de structurer l’Europe de la recherche depuis vingt-quatre ans ? Le programme-cadre de recherche et développement (PCRD). Et pour sa septième édition, débutée en 2007, le moins que l’on puisse dire est que le PCRD s’est étoffé. Il voit sa durée passer de cinq à sept ans (2007-2013) et son budget augmenter de 50 % pour atteindre près de 53,2 milliards d’euros. Mais surtout, l’Europe se dote pour la première fois d’une structure très attendue par la communauté scientifique : le Conseil européen de la recherche (ERC)1. Ce conseil, avec son agence exécutive à venir placée sous la tutelle de la Commission européenne et calquée sur les modèles de la National Science Foundation américaine, a reçu carte blanche pour financer et fédérer l’excellence scientifique en matière de recherche fondamentale. Sa gouvernance est confiée à un conseil scientifique qui comprend 22 chercheurs européens de haut niveau identifiés par un comité indépendant (dont fait partie Catherine Bréchignac, présidente du CNRS). Ce conseil compte deux chercheurs français : le linguiste Alain Peyraube, du CNRS, et le physicien Daniel Estève, chercheur au CEA, qui est aussi vice-président de l’ERC. L’idée est de financer l’excellence scientifique exploratoire ou à risque qui se situe à la « frontière des connaissances » et de faire émerger de nouvelles disciplines. Le budget de l’ERC frôle les 7,5 milliards d’euros, soit près de 15 % du budget global du 7e Programme-cadre. Cette mesure a été accueillie favorablement par les institutions de recherche fondamentale, à commencer par le CNRS, dans un contexte européen de soutien à la recherche tourné depuis sa création vers l’industrie. « Avec l’ERC, l’Europe de la recherche se construit sur une base d’excellence scientifique. En finançant la recherche exploratoire, ce conseil définit les socles de la société de la connaissance de demain », explique Izo Abram, directeur des Affaires européennes au CNRS. Un premier appel à projets a été lancé dès la fin 2006 en direction des jeunes chercheurs, toutes disciplines confondues. L’initiative, financée à hauteur de 300 millions d’euros, a remporté « un vif succès. Plus de 9 000 projets ont été présentés à l’ERC, contre les 4 000 attendus initialement », se réjouit Alain Peyraube. Moyens financiers importants, souplesse administrative, l’ERC a mis en place une politique incitative qui a su séduire les jeunes chercheurs. À la seule condition de choisir un laboratoire d’accueil établi sur le sol européen. « Sur ces 9 000 projets présentés, l’ERC en aura retenu plus de 300, dont 45 % en sciences physiques, 36 % en sciences de la vie et 19 % en sciences humaines et sociales. » La France a su tirer son épingle du jeu avec 65 chercheurs retenus (29 pour le CNRS). Quatrième quant au nombre de candidatures présentées, elle se place à l’arrivée en deuxième position en nombre de projets retenus (13 %) derrière la Grande-Bretagne (19 %) et devant l’Allemagne (11 %). Depuis, un deuxième appel à projets de 550 millions d’euros à destination des chercheurs confirmés s’est achevé en avril dernier. Ce sont ainsi plus de 2 000 projets qui ont aujourd’hui été soumis à l’aval de l’ERC.Autre nouveauté importante du 7e PCRD : la mise en place d’initiatives technologiques conjointes (JTI, Joint Technology Initiative), qui sont des entreprises communes industrie/Union européenne destinées à relever les grands défis stratégiques identifiés par cinq des trente-deux plateformes technologiques que compte actuellement l’Europe. « La commission crée en 2008 cinq JTI, précise Franc Pattus, directeur du bureau du CNRS à Bruxelles, dans les domaines de pointe que sont les médicaments innovants, les systèmes embarqués, la nanoélectronique, le transport aérien “propre”et enfin l’hydrogène et la pile à combustible. » Ou encore, l’élaboration du « passeport du chercheur européen » qui a pour but d’encourager la mobilité des chercheurs sur le territoire communautaire. Par exemple, grâce à la « transportabilité » : autrement dit, il sera désormais possible d’exporter en Europe ses droits sociaux à la retraite, sa couverture médicale, etc.

Philippe Testard-Vaillant

Contact :

Izo Abram, izo.abram@cnrs-dir.fr

Alain Peyraube, alain.peyraube@ehess.fr

Franc Pattus, franc.pattus@cnrs-dir.fr

Élie Cohen, elie.cohen@wanadoo.fr

Philippe Larédo, philippe.laredo@enpc.fr



Isabelle Sourbès-Verger, i.sourbes-verger@damesme.cnrs.fr

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