Voici les contributions de lecteurs à l'appel du Nouvel Observateur



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Matthieu Ballet

L’ANALYSE DE DSK EST-ELLE PERTINENTE ?

A cette question, la réponse est positive. Si et seulement si, l’objectif de la gauche française est de reconquérir le pouvoir. Mais cette analyse est purement circonstancielle, limitée dans le temps, aux cinq ou dix années à venir, dans l’espace, au Village Hexagonal. C’est peu, très peu pour insuffler espoir et dynamisme, ne fut-ce qu’au niveau européen.

A ce stade déjà, le pensum de DSK perd énormément de sa consistance. A l’échelon mondial, il devient tout bonnement ridicule.

Selon moi, trois critères doivent être retenus pour distinguer un parti de gauche des autres formations politiques :

l’internationalisme

la priorité absolue accordée aux plus démunis

la rupture avec le capitalisme

Si l’un ou l’autre de ces critères est ignoré, nous sombrons, corps et âme dans la sociale-démocratie, le confort apparent d’un costume taillé sur mesures, mais cousu de fil blanc. J’aimerais que PS ne soit plus synonyme de Parti Sucrette, édulcorant du capitalisme. Un parti rose bonbon délavé.

La gauche a mieux à faire et à proposer que de jouer les secouristes et les ambulanciers des éclopés du capitalisme. Nous pouvons créer de la richesse, sans la subordonner à la dictature du profit et la répartir de manière équitable, sans recourir systématiquement à l’état-providence.

Mais à la manière de Kipling…


Michel Sautois (1090 Bruxelles)

« ALLER A L’IDEAL EN TENANT COMPTE DU REEL »

Le réel, c’est l’état de notre société en ce début de 21è siècle. L’idéal, c’est la société solidaire dont nous rêvons.

Beaucoup de Français sont racistes. Beaucoup sont égoïstes, partisans du « chacun pour soi ».

Nos médias sont inféodés aux puissances d’argent.

Comment ne pas tenir compte de tout cela dans le débat qui s’instaure.

Oui, beaucoup de Français sont racistes. On ne peut donc occulter ce thème de réflexion à Gauche. Dans mon « pré carré », un nombre non négligeable de citoyens, auparavant votaient pour Le Pen, cette fois-ci pour Sarkozy. Le racisme « anti-arabes » est, la plupart du temps, leur seule motivation. Nos combats de ces vingt dernières années n’ont aucunement réussi à enrayer ce chancre. Dorénavant, on ne doit plus se contenter de dire : « le racisme est abject » et de passer à autre chose. On doit aborder le sujet au fond, en se demandant : Pourquoi sont-ils racistes ? Leurs réactions sont-elles justifiées ? Les faits dont ils font état sont-ils avérés ? Ou bien n’est-ce que fantasmes dont les médias seraient à l’origine ? Quels arguments peuvent leur être présentés afin de les convaincre de leur erreur ? Comment les convaincre que les « arabes » ne sont pas responsables du chômage, des difficultés de logement, de la précarité ? Une analyse objective démontrera les vraies raisons de cette situation. Donc, surtout, qu’on ne continue pas, à Gauche, à évacuer le problème du racisme.

Oui, nos concitoyens sont égoïstes et sont persuadés, parce que le discours répété de la Droite les en a persuadés, que c’est seuls, par leurs propres efforts, qu’ils construiront leur vie. Que le « chacun pour soi » est la solution. Ils ne croient plus au dicton : « l’union fait la force ». Pour eux, la solidarité n’a pour image que l’assistanat, dont les bénéficiaires ne seraient qu’une charge pour la société, et dont on accuse la Gauche d’être le promoteur, ayant ainsi poussé à l’oisiveté sinon à la fainéantise. La Gauche ennemie du travail : c’est ainsi que la Droite a présenté la loi sur les 35 heures !!! Cette Gauche qui n’a pas été capable de démonter le slogan pervers : « travailler plus pour gagner plus », slogan habile bien que fallacieux, qui n’a pas peu fait pour le succès de Sarkozy. Oui, il faut inciter les syndicats à faire leur « aggiornamento », tout comme on le demande pour la Gauche en général et le PS en particulier. Fini les divisions factices, les petits combats individuels, les manifestations séparées. Place à l’intérêt général.

Enfin les médias. Là encore, le constat est clair. Que ce soient les chaînes de télévision, les radios ou les quotidiens et les hebdos, aucun d’entre eux ne peut survivre sans la publicité ou l’apport de capitaux privés. Suffit-il de dénoncer l’emprise de Bouygues sur TF1, de Lagardère sur Paris Match ou le Journal du Dimanche, de Rothschild sur Libération ou de Minc sur le Monde pour résoudre le problème ? Il faut réussir à définir les responsabilités de chacun, financiers, journalistes et lecteurs ou auditeurs, afin que l’information soit complète, impartiale, diverse, hiérarchisée (hiérarchisée car trop d’information tue l’information). Est-il supportable que nul ne réagisse aux propos du responsable de TF1, avouant que son rôle était de préparer les cerveaux (de les vider ?) afin qu’ils soient libres pour accueillir la publicité ? Une grande réflexion sur l’état des médias, leur fonctionnement, leur financement, leur indépendance doit être lancée. Et s’il faut, in fine, que la loi intervienne, faisons intervenir la loi.


Jean-Paul Delas

LA FRANCE A CHANGE ET LE PS NE L'A PAS COMPRIS

La France bouge et malheureusement le PS ne bouge pas. Il y a des phrases que tout le monde aime entendre mais le PS a choisi de dire les phrases que tout le monde souhaitait ne pas entendre. Pourquoi parce que la vie de tous les jours est dure et que tous on aurait voulu un autre discours plus passionné, plus serein et surtout de voir ces "élites" du PS en confiance, souriant, se tenant la main. Oui cela fait cliché mais on avait pour la première fois une femme tout sourire et derrière tous ces hommes grincheux qui dès le 6 au soir ont commencé à se déchirer, à afficher leur ambition mais que diable cela ne pouvait pas se faire hors caméra ? Pourquoi ce déballage en public? La seule chose qu’ils ont réussi à faire passer comme message "pas de crédibilité, pas de confiance".

Et voilà comment d'un PS fort de ces principes, de ses engagements, de ses hommes ou femmes, on va avoir un PS déclinant et essayant de faire du n’importe quoi, s'associer avec le MODEM ou peut-être répondre à la demande de BESANCENOT de former une grande gauche mais LA GAUCHE a-t-elle encore une place à tenir ?

J’ai le souvenir d'un petit débat entre M. STRAUSS-KHAN et M. SARKOZY et ce dernier lui a rétorqué "arrêtez de faire le prof avec moi..." eh oui voilà Sarkozy peut être M. TOUT LE MONDE pcq pas énarque, ni grande école alors que nos PS jouent là-dessus.

Oui Mme ROYAL avait eu LA BONNE IDEE des débats participatifs mais à force de lui tirer dessus eh bien c'est devenu une idée ringarde mais en fait pas si ringarde car c'est une idée que pas mal de gens ont repris, y compris M. SARKOZY mais d'une manière détournée et encourageante...

Alors oui demain se fera avec elle et ADIEU aux JOSPIN, Strauss-Kahn et autres qui ont fait du bon boulot à une époque mais maintenant ils doivent passer la main ou c'est le PS en entier qui va couler...


Coram Btihaj

REFONDER LA GAUCHE, DITES-VOUS ?

A la question suivante, par où commencer ? je propose cette réponse : par une discussion sur la réforme des institutions.

Une Constitution de droite

Pourquoi ? Parce que la Constitution de 1958 est une constitution de droite. Tout simplement. Bonapartiste, même. Née d’un coup d’état, façonnée sur-mesure pour un homme à qui tous les pouvoirs ont été donnés, sans contre-pouvoirs institutionnels, malgré les apparences d’une habile rédaction. Elle est faite pour un homme providentiel, dont rien ne peut ni ne doit entraver l’action, ni Parlement, ni Autorité Judiciaire, qui n’ont ici qu’un rôle subalterne. Et une fois disparu cet homme providentiel, chacun des hommes de qualités diverses qui lui a succédé a trouvé à sa disposition des pouvoirs d’une ampleur inimaginable ailleurs, sauf dans quelque république bananière.

A peine assis dans le fauteuil élyséen, il prétend devenir, comme par magie, un arbitre alors qu’il ne doit sa place qu’à sa combativité de chef de parti.

Il n’y a pas de dérive monarchique : la monarchie, certes républicaine, est inscrite dans la Constitution. Aucun domaine de compétence n’échappe à l’action du président, sa responsabilité est déviée sur un gouvernement qui n’obéit qu’à lui. Le peuple s’ingénie à trouver des astuces pour s’exprimer, il invente, pour desserrer l’étau, la cohabitation et même la cohabitation symétrique, gauche-droite, droite-gauche, en vain, aucune élection perdue entre deux présidentielles n’a pu défaire un président depuis que De Gaulle s’était fait un honneur de démissionner.

Et pour couronner le tout, c’est à la gauche qu’on doit la fameuse inversion de calendrier qui retire à ce peuple la possibilité de choisir une cohabitation pour équilibrer enfin, cahin-caha, ce pouvoir omnipotent.

Il ne faut pas chercher plus loin les raisons de la défiance envers les politiciens. Les parlementaires humiliés se cherchent des fiefs locaux, indéboulonnables notables, cumulent les mandats, stérilisent le renouvellement des générations et patientent tranquillement, attendant l’hypothétique moment où ils se déclareront « présidentiables ».

Il est donc illusoire d’espérer d’un homme (ou d’une femme) de droite, malgré les attentes du peuple, qu’il propose une réforme qui amoindrirait cette présidence. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy ne s’est pas caché de ne pas vouloir y toucher, sauf pour mettre quelque sparadrap sur les blessures d’amour-propre parlementaire. Pour le reste, tout lui va bien, merci !

1981. La faute de la gauche

Alors pourquoi la gauche, qui jusqu’en 1981 la trouvait si néfaste, n’a-t-elle pas réformé cette Constitution ? Pour la fonder par exemple sur la maturité politique du peuple qui l’avait désignée, enfin ? Parce que tout politicien qui rêve d’atteindre l’Elysée (et le rêve commence, on l’a vu, très tôt dans une carrière) souhaite trouver en s’y installant, toutes les prérogatives attachées à ce fauteuil, fussent-elles exorbitantes. De bonne foi, peut-être. Et pour faire avancer sa cause. Soit. Mais la réalité juridique est tenace, et le pouvoir absolu pollue les meilleures causes.

A défaut de proposer clairement à ce peuple adulte une façon nouvelle d’organiser ses relations avec le pouvoir, de définir enfin un équilibre entre le Parlement, l’Exécutif et le Pouvoir Judiciaire, il est peu probable que la gauche puisse revenir, sauf circonstances exceptionnelles. Celles qui ont vu la victoire de Mitterrand ne se reproduiront pas : l’usure de la droite et le fait que 23 années de pouvoir sans partage amenuisent l’intelligence politique, l’habileté stratégique du leader de la gauche et la présence encore tenace dans les esprits de la grande utopie socialiste que les français ont voulu « essayer ».

La déception si fortement ressentie par ce qu’on appelait le peuple de gauche après deux septennats mitterrandiens vient de ce que, une fois appliquées sans grands résultats les mesures qui devaient réduire les inégalités, réduire le chômage, réduire la fracture sociale et même, changer la vie, ce peuple s’est aperçu que la modernisation de nos institutions n’avait pas été faite et que Mitterrand, contrairement à ce qu’on aurait dû attendre de l’auteur de « Coup d’Etat permanent », s’était glissé sans le retoucher dans le costume taillé pour De Gaulle.

Après une telle désillusion, la droite a vu le plus médiocre des siens recueillir, sans autre effort qu’une communication maligne, les pouvoirs qui lui sont destinés, « tout naturellement », par cette Constitution.

Nos voisin européens

Dans votre texte, qui a déclenché mon envie de prendre part au débat que vous appelez, je remarque le dernier point : « à la lumière des solutions mises en œuvre chez nos voisins européens ». Vous faites allusion, sans doute aux diverses solutions techniques, économiques et sociales vers lesquels se tournent les regards, mais on pourrait considérer d ‘abord ceci : au moment où l’on entend ici qu’il faut moderniser nos institutions, remarquons que tous ces voisins sont organisés, eux, selon un modèle très « classique », ancien même et qui a fait ses preuves. Celui que des générations de penseurs de la chose politique ont défini comme le seul assurant la moins mauvaise façon de faire émerger l’intérêt général. Les alternances s’y déroulent sans drames et les questions si importantes pour affronter le monde y sont débattues là où elles doivent l’être, au Parlement, appliquées par l’Exécutif et contrôlées par le Pouvoir Judiciaire. Ils sont, comme partout, confrontés à la personnalisation du pouvoir, à la tendance au renforcement de l’Exécutif, au moins disposent-ils des moyens pour contrecarrer, si nécessaire, ces évolutions. Les erreurs stratégiques y sont corrigées plus vite. Cela ressemble au cours de droit constitutionnel de première année, mais on n’a pas encore trouvé mieux.

Quant aux autres objectifs que vous assignez, et que je partage, à cette refondation, ils sont si difficiles à atteindre que ne sont pas de trop toutes les compétences mises en œuvre par un système qui les sollicite vraiment : parlement, gouvernement, justice, hautes autorités, société civile, partenaires sociaux, etc.

Certes le Nouvel Observateur est, comme vous le dîtes, le lieu naturel du débat. Mais pas celui d’où peut sortir une décision politique. Et là où devrait se forger cette décision politique, au Parlement, le débat n’a pas lieu. Puisque tout est décidé à l’Elysée. Par un homme seul. C’est dire si ce n’est pas « moderne ».

La prochaine chance

Lors de la dernière campagne présidentielle, la gauche et Ségolène Royal en particulier, n’ont évoqué ces sujets qu’au moment où, en difficulté, ils voyaient la réceptivité grandissante de l’opinion aux arguments de François Bayrou. Qui lui, commençait à faire comprendre aux français que l’essentiel était d’abord là. La victoire de Nicolas Sarkozy était dès lors dans l’ordre des choses, puisque la Constitution favorise, là aussi « tout naturellement », la moitié du pays qui penche à droite, et sème une multitude d’obstacles sur le chemin de la gauche. Faute de la considérer sous cet angle, l’expérience de 1981 risque fort de rester unique dans notre histoire, puisque l’occasion a été manquée alors d’en corriger les malformations et que la révérence envers Mitterrand inhibe la réflexion de ses disciples. Sans doute n’est-il pas encore sorti des rangs du Parti Socialiste, celui, ou celle qui proposera ce chemin nouveau.

Lorsque les discours s’ingénient à brouiller les frontières entre gauche et droite, que Sarkozy fait rédiger ses textes par des plumes « de gauche », que Ségolène Royal promeut certaines valeurs que la droite ne renierait pas, tandis que nul ne sait plus à qui appartiennent les valeurs de la République, il est temps de refonder la gauche à partir de la maturité du peuple. De lui proposer autre chose qu’une démocratie participative qui n’est qu’un leurre puisque les lieux de la décision ne sont pas dans ces forums et à la place, doter enfin la France d’institutions à la hauteur des enjeux du monde, auxquelles les citoyens se sentiront associés et dont les amoureux du droit n’auront plus à rougir.

Le rôle de la presse, celui du Nouvel Observateur en particulier, est là : dispenser la pédagogie nécessaire. Les citoyens sont prêts à la recevoir et, s’ils se méfient des politiciens, ils ont assez montré ces derniers temps leur intérêt pour la chose publique. Ils doivent être convaincus que toutes les institutions ne se valent pas pour faire advenir les bonnes décisions, les bonnes réformes et que certaines, même, empêchent de les faire aboutir. C’est à ce prix que pourront être affrontés ces défis que sont, comme vous le dîtes, la garantie des solidarités, la nouvelle donne de la mondialisation, et la victoire de la gauche.


Bruno de Dieuleveult (Rouen).

QUE VEUT DIRE « GAUCHE » ?

La première chose serait de définir ce que veut dire "gauche". Car, visiblement, ça n'a pas le même sens pour tout le monde.

Des gens pauvres n'ont pas l'impression d'être plus protégés par DSK (que j'utilise pour gauche) que par NS (qui veut dire droite) tout simplement parce qu'ils ne voient pas la différence dans leur vie quotidienne. Ils vont voter soit suivant les traditions de leur famille, soit parce qu'ils ont des problèmes ailleurs.

Inversement des cadres moyens vont voter NS parce qu'ils croient être riches avec un salaire de 2500 €. Tant pis si le lendemain ils sont au chômage ! Ils pensent à leur pauvre petit capital qui vaut strictement rien mais pas du tout aux autres, à ceux qui sont dans la misère. Qui pourrait être d'ailleurs leurs propres enfants...

Il y a les intellectuels. Ils votent NS parce qu'il s'oppose à l'entrée de la Turquie en Europe, par exemple, sans savoir que c'est un grand pays, laïque et une vieille civilisation. Ou parce qu'il y a trop de redistribution à des "paresseux". Alors que pour moi, socialiste, c'est plutôt le patronat qui ne fait pas assez d'effort pour créer du travail, les actionnaires qui veulent toujours plus, les banques qui veulent des garanties, les formations qui ne sont pas adaptées...

Il faut cesser de parler de "classe moyenne", car nous y sommes tous.

Il est peut-être temps de faire une radioscopie de la société française et de voir pour chaque famille de personnes, chaque groupe, chaque métier, chaque région quelle est la solution. Et là de dire la gauche fera ça ! Pourquoi, comment, quand, avec quels moyens... Tout ça évidemment dans le cadre de l'Europe, de la mondialisation, en gardant en tête que les frontières vont disparaître, que l'économie sera bouleversée par les pays émergeants et... les multinationales.

Alors qu'est-ce la "gauche" ? Déjà, il faudrait respecter notre devise: "liberté, égalité, fraternité" Ce n'est pas le cas aujourd'hui.


Roger

Avant de parler de réforme du Parti socialiste et de la Gauche en général, il serait utile de réfléchir sur les causes qui ont fait se creuser un fossé entre la politique, les institutions politiques et les citoyen-nes. Selon les experts autoproclamés de la politique, il faudrait être plus « social démocrate » que « socialiste » pour gagner les élections, c’est à dire être un parti de gauche plus à droite pour séduire nos concitoyens de plus en plus en demande d’ordre et de chef ; ou au contraire être un parti socialiste réaffirmé pour revigorer et rassembler un électorat dispersé, faire flotter bien haut le drapeau rose. Mais surtout demeurer un parti de conquête du pouvoir. Ce débat me semble largement dépassé par la réalité parce que nous vivons en pleine globalisation du monde, fait qui change radicalement l’action politique nationale et les partis qui traditionnellement l’animent.

Le bon modèle

Ce modèle du parti – peu importe son discours - participe d’une vision obsolète de la politique. Pendant près d’un siècle et demi – de la révolution de 1848 à la fin des années 70 -, les militants et partis politiques ont prétendu « avoir un bon modèle pour changer le monde, prendre le pouvoir et appliquer le modèle ». Cette hypothèse historique centrale a buté sur la complexité et s’est définitivement effondrée avec l’échec des guérillas latino-américaines puis la chute du Mur de Berlin en 1989. Cette promesse d’un modèle qui changerait radicalement la vie et les rapports de pouvoir est soudainement apparue dépassée pour tout le monde. Pourtant cette hypothèse avait été maintes fois radicalement critiquée, notamment par Jean-Paul Sartre dans L’Engrenage. La nouveauté de la fin des années 70 c’est que cette idée de l’impossibilité de changer le monde par la prise du pouvoir central, a pris corps dans le peuple. Le pouvoir est un lieu qu’on occupe en voulant tout changer, mais on ne peut pas organiser la complexité du monde à partir du pouvoir. Cette complexité ne peut s’orienter qu’à la base, sinon on établit une dictature.

Un long deuil canaille

Les années canaille 80-90 sont celles d’un deuil, où l’on a assisté à de tristes surenchères de repentir, de retournement de veste. La chute du Mur a vu massivement l’intelligentsia soit se rallier à la seule loi du marché pour organiser les rapports humains, soit avancer la complexité du monde comme excuse théorique à son incapacité à penser l’avenir. Certains cultivaient en silence leur culpabilité d’avoir été marxistes, d’autres du passé faisaient table rase pour devenir communicants, conseillers politiques, boursicoteurs. L’exploitation de l’homme par l’homme, ne pouvait pas être vaincue, il fallait s’y plier. Les intellectuels européens plaidaient coupables d’avoir osé et voulu penser le bonheur à portée de politique. Pour la grande masse des gens ce furent dix années de dépression des possibles. Et le terreau de la désaffection politique.

Regain

Ce deuil prend fin symboliquement en 1994, au Mexique, avec l’insurrection zapatiste, en France avec les grandes grèves de 1995, en Italie, où deux millions de personnes descendent dans la rue après l’assassinat de l’économiste Marco Biagi. Puis les mouvements altermondialistes ont réveillé les projets d’avenir, restauré la dimension collective. Leurs contre-sommets lors des réunions des institutions internationales, les mouvements de Sans-papier, Sans-logement etc … ont plus changé la globalisation que les gouvernements. En peu de temps et à l’échelle planétaire, des mouvements importants mettent en lumière les problèmes de fond que les politiciens ne posent pas et certaines de ces initiatives apportent des réponses concrètes (victoire sur les médicaments génériques, remise en cause des OGM, mise en échec des négociations de l’OMC, mise en échec de l’AMI en Europe). Bref, se sont les pratiques sociales qui s’invitent sur l’agenda politique.



Gouvernement et pouvoir

Il y a une différence fondamentale entre gouvernement et pouvoir. Depuis la chute du Mur, et de ce qu’il est convenu d’appeler la mondialisation économique et financière qui en a découlé, le gouvernement n’est pas le lieu de transformation de la réalité. Quel est le pouvoir d’un gouvernement national aujourd’hui ? A-t-il le pouvoir sur la régulation de l’économie ? Non ! Sur la régulation des jeux boursiers qui peuvent déstabiliser sa monnaie ? Non ! Un gouvernement a-t-il entre les mains les leviers qui lui permettent de répondre à la demande de ses ressortissants sur l’organisation, sur la distribution du travail ? Non ! Un gouvernement peut-il préserver la qualité de la nourriture mise à disposition des citoyens ? Non, on le voit avec la multiplication des alertes sur les pesticides, les importations d’Ogm, de viandes hormonées etc ... Même au niveau local, un maire ne peut pas appliquer sur le territoire de sa commune la décision majoritaire de ses mandants de refuser les OGM ! On peut multiplier les exemples de la perte de pouvoir du politique, c'est-à-dire l’impossibilité pour un élu de mettre en oeuvre les désirs des citoyens qu’ils l’ont porté au pouvoir. Alors que reste-t-il comme pouvoir au gouvernement d’un pays d’Europe aujourd’hui ? Il ne lui reste que le pouvoir de police et de guerre, le pouvoir d’encadrement de la société dans les règles (et non des lois) de plus en plus supranationales. La Justice rendue selon « l’esprit des lois » en démocratie, doit de plus en plus se rendre en fonction de règles internationales, qui elles sont sans possibilité d’appel… Mais les politiciens confondent toujours et encore «arriver au gouvernement » et « arriver au pouvoir ». Celles et ceux qui ont la lucidité de leur situation n’ont pas le courage de dire qu’ils ne peuvent quasiment rien faire du lieu du pouvoir. Le tableau ne serait être complet sans la perversion des élu-es qui confondent le pouvoir de représentation du peuple avec le pouvoir de lui dicter des choix de société sortis des fiches d’experts, en particulier économiques, jamais soumis ni à débat ni à évaluation. D’où les blocages, les mouvements sociaux, les actions de désobéissance civique à cause de l’autisme des élu-e-s, à cause des blocages des canaux de transmissions avec le personnel politique. D’où le nombre d’électeurs qui, se sentant trompés, errent d’un candidat à l’autre.

Etat et gouvernement

L’Etat ne se réduit pas au pouvoir des élus. L’Etat c’est la régulation de la société, la répartition des ressources, qui assure le droit aux services de santé, à l’éducation, à la culture. C’est la préservation des ressources naturelles, leur inscription comme biens communs. L’Etat, c’est le tiers symbolique sans lequel il ne peut y avoir de Justice. L’Etat représente l’asymétrie. Sans asymétrie, c’est la porte ouverte à la barbarie. L’asymétrie c’est « au nom de la loi » face au « au nom de ma jouissance ». Les lois changent mais cette asymétrie perdure. En Europe, la démocratie s’est construite sous la forme d’état-nation. Cette forme est dépassée depuis la Chute du Mur et la globalisation, depuis la montée en puissance d’une Organisation Mondiale du Commerce (OMC) au pouvoir de dérégulation supérieur au pouvoir de régulation des états-nation. Quelle est la nature de l’état dans un monde globalisé ?

Consensus

Le printemps électoral de François Bayrou et du Centre exprime deux choses. D’une part la lassitude des électeurs-trices à l’égard de la Ve République, un besoin de dépasser le bipartisme qu’elle a engendré. D’autre part l’aspiration à s’entendre sur l’intérêt collectif, sur le bien commun, sur le vivre ensemble. Une reconnaissance de l’Autre. Une conscience de la transversalité nécessaire pour penser la société, sur fond de péril écologique et social. Cette aspiration n’a pas trouvé d’autre expression rassemblée que dans le vote Bayrou. Il ne faudrait pas la confondre avec un glissement droitier de l’électorat. La dimension transversale, l’aspiration au consensus n’est pas soluble dans un parti. Le consensus est la société. Ce faisant, le consensus ne peut-être d’abord que celui des contre-pouvoirs de la société civile, et sur les plus hauts dénominateurs communs. Et non pas le nivellement par le bas ventre mou social-démocrate bleu ciel ou rose bonbon.

Repenser la politique

Les citoyen-nes acceptaient des élus politiques un discours dirigiste tant qu’ils étaient capables de réaliser au moins une partie de leur promesse. La Ve république faisait alors du Président un monarque éclairé. Et la République vantait son élitisme. Les temps ont changé. Mon propos n’est pas de plaider pour la restauration de l’Etat-nation mais de faire comprendre qu’il nous faut inventer une nouvelle forme d’exercice du pouvoir politique à l’aune de cette situation nouvelle de domination/dilution du pouvoir économique au niveau planétaire. Repenser la politique c’est donc, à la base, penser le « national » dans le cadre mondial. Il n’y a plus de « politique étrangère » quand les frontières sont abolies par la Bourse et le Commerce. Quelle est alors la bonne taille géopolitique pour résister à la révolution conservatrice mondiale qui déferle avec à sa tête le pays le plus puissant du monde et l’armée la plus puissante ? C’est une situation inédite dans l’histoire. La réponse est devant nous, pas dans les vieilles recettes libérales du XIXe siècle. Quant à l’alerte écologique générale, elle nous oblige à repenser le mode de vie et la relation au territoire, ce qui modifie aussi la politique.

Quels outils, quelles instances devons nous créer pour reconquérir du pouvoir sur nos vies et par là refonder la politique ? Pour partie, la réponse est déjà dans les multiples contre-pouvoirs de la société civile. Ne rien faire seul. Construire des contre-pouvoirs de la société civile à l’échelle des villages, du syndicat, de l’association, des régions, de l’Europe. Ce qui n’empêche pas d’exiger une réforme démocratique de l’OMC.

Les élus retrouveront une légitimité en s’appuyant sur la mobilisation des citoyen-nes. Le jeu pouvoir de représentation/contre-pouvoir des intérêts collectifs sur des sujets précis peut permettre de ré-ancrer la politique dans le réel à condition que le personnel politique écoute ce qui se dit plutôt que de prêcher ce qu’il faut faire. Personne n’attend plus Godot. Il nous faut penser l’universel concret, ce n’est pas le moindre défi.


Gilles LUNEAU

Je m'appelle Adrien, j'ai bientôt 19 ans et l'élection présidentielle a été la première campagne à laquelle j'ai participé avec le parti socialiste (porte à porte, distribution de tracts, réunions...). J'ai donc tristement assisté à la défaite écrasante de Ségolène Royal; car, oui, cette défaite est écrasante.


Durant les jours qui ont suivi plusieurs "éléphants" du PS se sont prononcés quant à la ligne à suivre pour les prochaines années. Moi-même, j'ai


cherché (et je cherche toujours ) la meilleure solution pour espérer voir, un
jour, le PS au pouvoir.

Tout d'abord, il faut bien constater que les hauts cadres du parti,


présents depuis plus de 20 ans rêvent tous d'être le nouveau leader du PS. Face à
une droite néo-libérale qui veut "transformer chaque citoyen en entreprise",
le PS ne doit-il pas, penser avant tout à l'avenir des gens qui vont subir la politique du gouvernement? Le PS ne doit-il pas enfin retrouver son rôle premier qui est la défense des plus pauvres? Ces questions je les pose aux "chefs de clans" qui divisent le parti et qui n'ont que faire des élections législatives sachant que eux seront réélus dans leurs fiefs.
>

Maintenant, il faut bien avouer qu'il existe un souci idéologique au sein du PS. Deux grands courants n'arrivent pas à cohabiter: L'aile gauche de


Fabius à Emmanuelli et le courant "social démocrate" de Strauss Kahn soutenu par
tout la bourgeoisie parisienne. Tous deux accusent François Hollande de ne pas
avoir modernisé le parti de 2002 à 2007. Moi ce que je reproche à Hollande c'est
de ne pas avoir fait du parti socialiste un parti d'opposition uni. Car, ces luttes soi-disant idéologiques ne sont que des luttes de "factions".
Enfin, changeons de génération et plaçons des gens frais pleins d'énergie pour
défendre nos couleurs. Aujourd'hui j'entends dire que c'est la synthèse qui a fait
perdre e PS mais c'est faux!! C'est de repousser à plus loin tout compromis qui
a tué le PS. Pourquoi n'y a-t-il eu aucun accord sur les 35 heures, les
retraites, le nucléaire et j'en passe...Nous nous sommes ridiculisés sur ses sujets et
avons nous-mêmes donné les arguments, pour nous enfoncer, à Nicolas Sarkozy.

Aujourd'hui le parti doit se reconstruire et il doit le faire par 'unité. Si je pense que la retraite doit avoir pour base 40 ans de travail, je pense aussi qu'avoir pour objectif la construction de 120 000 logements sociaux par an et la perspective d'un SMIC européen sont nécessaires. Toutes ces idées, nous ne les devons pas à un courant du PS mais bien à tous. Construisons un projet ensemble pour que le PS soit enfin indépendant et ne fonde pas son programme ni sur l'extrême gauche ni sur le centre comme s'il leur était subordonné. Faisons en sorte que le PS redevienne la locomotive du mouvement social avec un projet qui rassemblerait et ne cédons pas à ces luttes de factions et de personnes qui causerons la perte du parti héritier de Jaurès. Sarkozy n'a pas gagné grâce au pragmatisme (son programme est utopiquement de droite) mais bien grâce à un volontarisme qui a fait défaut au PS. Ainsi, le Nouvel Obs, que j'admire, pourquoi tomber dans ce piège?


Quelle idée de parler de social-démocratie à l'heure où celle-ci est en crise en Europe? L'âme du parti est de montrer la voie, place aux jeunes (Sarkozy l'a fait) et sauvons les acquis sociaux.

Adrien Peschanski

Abonnée au Nouvel Obs depuis des années j'ai été très déçue des prises de position du journal pendant la campagne présidentielle.

Comme les dirigeants de la gauche, qui sont incapables de se remettre en question, et de réaliser ou d'admettre qu'ils sont en décalage avec la réalité, le journal a soutenu des thèses et une personne par idéologie, je dirais par croyance (feinte?) et non pas avec l'objectivité qui doit quand même quelque part être présente dans un journal d'information même s'il est marqué à gauche.

Soit les dirigeants du PS n'ont rien compris à l'économie ce qui est invraisemblable soit ils font semblant de croire à des thèses dépassées uniquement pour avoir le pouvoir quitte à prendre des mesures qui saborderont le pays pour les générations futures.

Depuis des années la gauche critique tout systématiquement même quand une mesure envisagée est bonne.

Que dit M. FABIUS le soir de l'élection présidentielle ? il faut faire barrage aux législatives pour que le nouveau Président n'ai pas de majorité ! C'est respecter la démocratie ?

La radicalisation du PS pour se démarquer d'une droite sociale est une erreur pour le PS, comme les élections l'ont démontré, mais participe d'une désinformation de la population à qui ce parti veut faire croire que notre pays peut continuer à distribuer des allocations à la terre entière tout en travaillant moins.

Il continue une lutte des classes dépassée en critiquant systématiquement le patronat sans lequel il n'y aurait pas d'emploi et en prétendant que l'on peut encore éviter la mondialisation dans laquelle nous sommes et à laquelle il faut faire face autrement qu'avec des incantations.

La difficulté réelle dans laquelle se trouve le pays va nécessiter que toute la classe politique s'unisse pour que soient prises les mesures nécessaires.

Un exemple : le scandale invraisemblable des grèves des employés de la SNCF qui pour un oui pour un non empêchent des milliers de personnes d'aller travailler. Le développement des transports en commun pour éviter la pollution passe par sa fiabilité. Que dira la gauche quand il s'agira d'empêcher que des revendications catégorielles bloquent le pays ? Que c'est très vilain ? Ou bien elle sera assez responsable pour


reconnaître que les choses doivent changer ? On peut toujours espérer... Bon courage...

Sophie

Je précise que je suis, depuis toujours - sauf 2002, 2èe tour - un électeur du PS.

Ces textes ont été envoyés, en 2006, à S. Royal pendant sa campagne. A la relecture, je n'en change pas une virgule.
Courage,camarades, le plus dur reste à faire : assumer la modernité de votre pensée souhaitée par les Français.

Soyons politiquement incorrect ! Et déboulonnons certains « totems » de la gauche éternelle qu’on retrouve, ici où là, dans le programme du PS.

Nationalisations : le Sésame-ouvre-toi économique, l’Euréka du socialiste Français des « eighties » ! Notre salut était là et pas ailleurs. On sait ce qu’elles ont coûté, amorçant ainsi la montée exponentielle de la dette et butant sur la rigueur de 83 pour vite faire marche arrière. Ne parlons plus de la bérézina financière (pour le contribuable) du fameux Crédit Lyonnais nationalisé… ni de la SNCM où les recettes des ventes au public ne passaient pas toutes par la case entreprise…

Re-nationalisation (d’EDF par exemple) : Dépenser 2 fois le budget d’un Ministère pour quoi faire ? Détenir 100 % du capital, alors qu’avec le % actuel, l’état est déjà maître du jeu. A part satisfaire les ayatollahs du dogme et assurer encore plus de profits à ceux qui prêtent à la France pour combler ses déficits, à quoi ça sert ? Etrange de trouver cette proposition dans le programme puisque les mêmes, du gouvernement de l’époque, planchaient sur une ouverture du capital de l’entreprise nationale…

Ouverture du capital : l’HORREUR littérale pour les VRAIS de gauche… Comparons simplement ce qu’étaient avant cela Air France et Renault que le même contribuable n’arrêtait pas de renflouer dans les années 80. Ils sont devenus aujourd’hui de très grandes entreprises. La baisse des heures de grève montre que leurs personnels n’en sont pas si malheureux.

Carte scolaire : débat lancée par une candidate (…) Refus de la plupart des autres « grands chefs » de modifier quoi que ce soit. Titre du journal « Le Parisien » : Il n’y a jamais eu autant de demandes pour l’école privée… Extrait tiré d’un autre journal : ceux qui ont le plus recours à la « dérogation » pour leurs enfants, autrement dit la combine = les enseignants eux-mêmes ! Inutile d’en ajouter.

Régime spéciaux des retraites : les grands chefs = on ne touche à rien ! Ces beaux Messieurs qui arborent l’égalité en bandoulière à la moindre intervention médiatisée, auront-ils le cran de dire à la masse de ceux qui en ont déjà pris pour 40 ans « Travaillez jusqu’à 60-62-65 ans et payez donc pour ceux qui partent à 50-55 ans parce que ces pauvres « Zavantagezakis » n’arrivent pas à boucler leur budget ».

Ce n’est plus de la langue de bois mais de la langue de plomb ! Les Français ne s’y trompent pas et n’ont pas peur de la vérité. Tous ceux qui leur font encore croire au mirage de la France-toute-seule drapée dans sa vérité indéfectible en seront pour leurs frais. Le fait qu’ils sanctifient encore ces vieux « totems » usés confirme qu’il ne vaut mieux plus les revoir à la barre. Ils n’ont qu’un monde théorique à nous proposer. Comme beaucoup, j’y ai cru longtemps, maintenant ça ne prend plus !

Combien sommes-nous, à gauche, à ne pas oser toujours dire ce que l’on pense devant un auditoire – de gauche – de peur de passer pour un tenant de l’autre camp ?
Je pense, profondément, que l’un des grands problèmes de la gauche se situe, avant tout, autour du vocabulaire et des mots employés.
Quand les idées exprimées ne collent pas au catalogue- politique-des-idées-officielles-du-bord-que-l’on-dit-qu’on-est, on est, suivant les humeurs : un pro-Sarko, un crypto-centriste, un libéral (grand classique), un collabo de classe (çà, c’est un communiste !) ou – insulte suprême – un social-démocrate (là c’est un Lutt’O ou un LCRiste !)

Quand le discours médiatique des ci-dessus culpabilisent ceux qui osent parler de créer une entreprise, ceux qui évoquent le retour de l’autorité dans le milieu scolaire, ceux qui pensent qu’on ne peut plus creuser le budget de l’Etat comme on le fait tous les ans depuis trente ans, ceux qui pensent que le système économique actuel, loin d’être parfait, n’est peut-être pas le plus mauvais au regard de ce qui a été essayé ailleurs, que c’est peut-être grâce à lui que de plus en plus de pays sortent de la misère, en tout cas de la malnutrition…


N’étant pas là pour encenser le capitalisme, reconnaissons tout de même que tout socialiste que l’on est, on est aussi bien content de trouver l’argent des autres (les affreux qui placent) quand on doit acquérir un logement, un véhicule ou obtenir un prêt personnel.
Pour nous, il faut corriger les dérives du capitalisme mais pas le supprimer, sinon le remplacer par quoi ? Le troc, l’économie administrée ou la vente sur E-Bay ?
Trouvez donc un homme ou une femme de gauche QUI AURA LE COURAGE de le dire lors d’une émission populaire ? Peut-être que ça va venir ?..
Résultat : on esquive, on élude, on s’auto-censure, on tourne le regard ailleurs, on n’entend plus, on n’en parle plus… et… AVRIL 2002 !!!
Et ne parlons plus du « Plan B », typique invention de la gauche bien-pensante-pour-le-peuple, qui devait être LA solution après l’échec du référendum pourtant accepté positivement par les militants socialistes, que certain (sans « s ») a trahi !
Nombre de ces préoccupations occupent l’esprit des gens, aussi de gauche soient-ils. Mais silence radio, on ne doit pas venir troubler le discours usé/rapiécé de ceux-qui-savent : les politiques de gauche que d’aucuns affublent du lourd sobriquet « d’Eléphants ». Pour nous, ce ne sont juste que des vieux chevaux de retour qui tentent encore de nous faire croire qu’avec du vieux on peut faire du neuf et qui sont tout autant bloqués dans leurs formules et leurs pratiques remontant à Epinay version 1971 !

Ce qui me dérange toujours beaucoup, c’est l’énergie fantastique que l’on peut mettre en France à « démolir » des projets non encore advenus, bardés que nous sommes par nos certitudes éternelles et nos idées/slogans poussiéreux qu’on nous ressert jusqu’à l’écoeurement.

J’élargis en extrapolant : en 1988, Michel Rocard avait indiqué l’urgence du problème des retraites. On a mis 17 ans avant de se réveiller pour ne régler qu’un tiers dudit problème…

Combien de commissions n’a –t- on pas créé, combien de rapports (brillants au demeurant) n’a –t- on pas produit pour essayer de moderniser nos pratiques bien françaises.

Notre pays doit – là aussi – être le champion du monde des « tiroirs dormants » pour les rapports inutiles, mis au rancart après production. On travaille plusieurs mois, on écrit beaucoup de mots qui deviennent ensuite un gros document bourré d’études, de statistiques, de constats, de préconisations, de pistes pour l’avenir, puis… plus rien. La France au bois dormant…

Cela fait plus de dix ans que les jeunes subissent la situation d’aujourd’hui. Combien d’années faudra –t- il encore avant d’oser quelque chose qui n’a pas encore été fait ? Pourquoi n’a –t- on pas mis autant de cette énergie fantastique à manifester CONTRE le chômage des jeunes il y a 10 ans, 5 ans, 1 an, 2 mois ?

Clichy sous Bois n’a qu’à bien se tenir !

Serait-on prêt dans notre beau pays, avec les mêmes conditions, à envisager la « flex-sécurité » scandinave tellement on est si prompts à se braquer dès qu’il s’agit de toucher au sacro-saint-statu-quo dont tout le monde semble s’accommoder. La crise du CPE a fait, au moins, prendre conscience aux endormis (beaucoup de monde y compris les syndicats qui, jusqu’au CPE, n’ont jamais traité le problème du chômage des jeunes autrement qu’en termes de statistiques) que les belles théories n’ont que rarement créé des emplois.

Comme vous, je m’intéresse aux pays scandinaves pour y constater qu’ils sont bien meilleurs que nous dans ces domaines. Mais ce sont aussi des pays où le Code du Travail n’est en rien le « monstre » qu’il est chez nous, où il n’y a pas UNE durée légale pour tout le monde, où il n’y a pas ces montagnes de textes qui ressemblent à une jungle administrative jusqu’à empêcher la lumière de pénétrer tellement elle devient dense. Impensable chez nous...

Je lis encore, même si ça dérange aussi certaines de mes certitudes, que c’est en Angleterre qu’il y a maintenant le moins de contrats dit précaires (Nouvel Obs). Cela vaut peut-être la peine de battre sa coulpe pour avoir cru – ou croire encore – que LA vérité est toujours en France. Entre eux et nous, il y a sûrement une ligne médiane à trouver ?

Appelons un chat : un chat. Pourquoi, ces 20 dernières années, toujours plus de fonctionnaires au Ministère de l’Agriculture alors qu’on ne cesse de perdre des exploitants ? Pourquoi 100 fois plus de fonctionnaires en France qu’en Suède pour collecter l’impôt ?

La gauche a du mal à affronter ces questions (« oui mais ça fait des emplois… »), alors que ces problèmes sont très importants. Il faut supprimer ici pour réaffecter là. Si c’est pour recommencer à ne pas régler les grands problèmes comme celui des retraites, (heureusement, la droite revient de temps à autre), alors la gauche est très bien dans l’opposition. Si ce n’est que pour faire rêver les gens et faire croire que demain on rasera gratis, qu'elle laisse les autres faire à sa place !

Il reste les retraites (ce n’est pas fini…), la dette publique, la maladie du déficit permanent et l’éternel recours à l’état, la réforme de l’Etat, la réhabilitation de la croissance, de l’entreprise (non, les patrons ne sont pas tous des s....ds !

Il est facile pour certains de faire vibrer l’auditoire ; ça l’est moins quand il s’agit de prendre les vraies décisions. On ne peut pas faire plaisir à tout le monde. Des décisions impopulaires doivent être prises devant les défis. Nous sommes prêt(e)s à les accepter si elles sont bonnes, y compris, si elles ne sont pas estampillées « gauche pur sucre ». Il suffit qu’elles soient justes, équitables et bien expliquées.

Pour faire redémarrer la France, il faut prendre des mesures courageuses, audacieuses, qui vont heurter pas mal d’idées reçues. Ce sera cela ou bien la relégation de notre pays en seconde division. La division existe déjà. Donnons-nous ce courage et cette audace afin qu’elle ne devienne pas une soustraction.


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