5. discussion sur l’explosion Dans le batiment 221



Yüklə 1,81 Mb.
səhifə12/18
tarix29.10.2017
ölçüsü1,81 Mb.
#20404
1   ...   8   9   10   11   12   13   14   15   ...   18

Cette cohérence qui ressort du tableau concernant l'enchaînement des événements met en évidence l'existence de défauts électriques causés par les effets de l'explosion du bâtiment 221. Les experts en électricité sont parvenus aux mêmes conclusions.


En synthèse de ce chapitre traitant de la datation des événements électriques survenus sur le site AZF et/ou à l'extérieur, nous n'avons relevé aucune datation d'un événement électrique, qui ait eu lieu à l’AZF, à la SNPE ou sur les installations de RTE et de DEGS, antérieur à l’heure origine de l'explosion déterminée au chapitre précédent 5.4. Tous ces événements sont liés aux conséquences des effets de l’explosion survenant dans le bâtiment 221 entre 08h17’55,44 s et 08h17’55,47 s.
5.7 La cause des blessures et des décès occasionnés par l’explosion
Les explosions entraînent plusieurs types de phénomènes : des phénomènes statiques, conséquences de l’onde de choc, également dénommés blast primaire, des phénomènes dynamiques provoqués par le vent de l’explosion, appelés blast secondaire et tertiaire et enfin des lésions associées ou blast quaternaire ([26] - Annexe IV).
Les lésions provoquées par les explosions dans les domaines domestiques, industriels ou terroristes sont secondaires aux effets directs et indirects de l’onde de souffle propagée depuis l’épicentre de l’explosion. Le plus souvent et pour résumer, ces lésions sont dites en relation avec un « Blast » (souffle).

Les effets directs sont liés à l’onde de choc se déplaçant en milieu aérien à une vitesse supérieure au son, qui en transmettant des forces à travers un organe peut entraîner son éclatement. Les effets indirects sont consécutifs à des projections d’objets ou débris de toute nature sur les victimes ou à l’effondrement sur celles-ci de structures de bâtiments voisins ou dans lesquels elles se trouvent.



A ces phénomènes, peuvent s’ajouter des blessures par brûlures dues à l’effet thermique de l’explosion, des intoxications par inhalation des fumées et des gaz générés lors de la décomposition de la substance explosive.
Lors d’explosions, les victimes décédées ou seulement blessées sont le plus souvent des polyblessés, pouvant présenter, en fonction de leur emplacement au moment des faits, des traumatismes, des amputations, des éclatements d’organes, des troubles oculaires, des séquelles respiratoires et des symptômes asphyxiques ou d’intoxication si elles ont inhalé des gaz ou des fumées toxiques ou si elles se sont retrouvées ensevelies ou écrasées sous des décombres et bien évidemment des effets de blast.
Rappelons également ici que selon les définitions médicales tirées de l’ouvrage du docteur D. FOLLIOT «  Les accidents d’origine électrique. Leur Prévention » ([25] - Annexe IV) :


  • Choc électrique : désigne l’effet physiologique résultant du passage d’un courant électrique à travers le corps humain. Il concerne à la fois les contacts directs et indirects.




  • Electrisation : dénomination pour les différentes manifestations physiologiques et physiopathologiques dues au passage d’un courant électrique à travers le corps humain. L’électrisation provient de contacts avec ces parties sous tension. Cette dénomination englobe toutes les victimes survivantes et décédées.

  • Electrocution : signifie la mort produite par le passage d’un courant électrique dans l’organisme. Il faut réserver le mot pour les personnes décédées.


5.7.1 Les blessés
Plusieurs milliers de personnes ont été hospitalisées, elles présentaient un très large échantillonnage de blessures allant de la simple plaie au grave traumatisme physique et psychologique qui sont la conséquence des effets directs et indirects de l’explosion. Notons que beaucoup de blessés ont subi des éclatements du tympan ou de la plèvre, des fractures ouvertes, des troubles auditifs et oculaires.
A notre connaissance, il n’a pas été constaté sur les blessés de symptômes ou lésions liés à un choc électrique, une électrisation, une électrocution ou une intoxication oxycarbonée.
Comme nous l’avons vu paragraphe 3.3.5.2, les médecins qui ont examiné les personnes se trouvant sur le site AZF ayant déclaré avoir été « électrisées », et notamment Mme Michèle AUZER (D368 et D2110), MM. Damien BORG (D1419 et D2108), Roland DUPONT (D356 et D2111) et Michel ROMERO (D238 et D2109), n’ont pas diagnostiqué des effets liés à une électrisation.
M. Damien BORG se trouvait à bord d’un véhicule lorsqu’il dit avoir été électrisé, ce qui est tout à fait irréaliste vis-à-vis des lois de la physique. En effet, même s’il y avait eu un phénomène électrique dans la zone où il se trouvait, il était protégé par le véhicule faisant cage de Faraday (équipotentialité des charges électriques).


      1. Les conclusions des médecins ayant examiné les corps

L’examen des rapports d’autopsie que nous avons étudiés au § 3.3.6 établit que les décès des personnels déplorés sur le site sont en relation avec des traumatismes, des écrasements, des symptômes asphyxiques et des effets de blast.


Aucun des décès n’a été attribué à une électrocution.
Dans le rapport d’autopsie de M Hassan JANDOUBI, les légistes notent des lésions fractuaires des membres avec brûlures des téguments sous forme de plaques parcheminées.
Les brûlures sous forme de plaques parcheminées que présentait M. JANDOUBI pourraient être dues à des phénomènes de frottement abrasif, car ces brûlures ne sont pas signalées sur les victimes décédées qui se trouvaient sensiblement dans la même zone que lui - M. Alain LAUDEREAU (D79), M. Michel FARIE (D18), M. Philippe BOCLE (D93) et M. Serge COMENJE (D48) – comme on peut le constater sur le plan, reproduit au § 3.3.6.1, figurant l’emplacement de découverte des corps.
Nous ferons remarquer à propos de M. JANDOUBI que l’examen des photographies de ses vêtements, jointes en annexe VII.3.1, permet de constater qu’ils ne présentent aucune marque de combustion.
Ceci étant, toute réaction explosive produit des gaz chauds et crée un volume surchauffé pouvant entraîner des « coups de chaleur », voire des brûlures. L’importance du flux thermique produit est évidemment lié à la quantité de matière qui participe à l’événement. Lors de la détonation des nitrates d’ammonium entreposés dans le bâtiment 221, ce flux thermique fut puissant mais de très courte durée, susceptible d’agresser les structures des bâtiments voisins au 221 (peinture des voitures brûlée) et d’enflammer les papiers, les colles et le bois de certaines palettes de stockage dans le bâtiment 225. Nous l’avons constaté lors de la visite sur les lieux. On ne peut donc exclure formellement que les brûlures des téguments sous forme de plaques parcheminées de M. JANDOUBI soient des effets indirects de l’explosion et dans cette hypothèse l’absence des mêmes séquelles sur les victimes se situant sensiblement dans la même zone que lui pourrait s’expliquer par un effet d’écran créé par un obstacle là où elles se trouvaient.

Pour M. Guy PREAUDAT qui se trouvait à BROSSETTE, c’est à dire à l’extérieur du site AZF, le médecin légiste note des brûlures diffuses (traces sur la face, brûlure en pèlerine intéressant la région de l’omoplate droite ainsi que la face antérieure et latérale droite du tronc, traces en regard des deux articulations coxo-fémorales). Là également, notre analyse est que ces brûlures diffuses pourraient être dues à des frottements abrasifs ou à un phénomène local qui reste indéterminé, car toutes les autres personnes qui se trouvaient comme lui à l’extérieur du site AZF ne présentaient pas de brûlures, leur décès étant en relation avec des traumatismes, des écrasements, des symptômes asphyxiques et des effets de blast.


Pour ce qui concerne M. Alain RATIER, le médecin légiste conclut que l’examen externe de son corps et notamment la coloration particulière des lividités et des brûlures cutanées superficielles permet d’évoquer un décès compatible avec des phénomènes toxiques et en particulier au monoxyde de carbone. Nous allons voir au prochain paragraphe que son décès ne peut pas être imputable à une intoxication oxycarbonée, car les conditions permettant la présence de monoxyde de carbone dans l’atmosphère après l’explosion n’étaient pas réunies. De plus si cela avait été le cas, les autres victimes, se trouvant sensiblement dans la même zone que lui, - comme on peut le voir sur le plan reproduit au § 3.3.6.1 : M. Bernard LACOSTE (D92), M. Robert SCHMITT (D87), M. Frédéric BONNET (D73) et M. Alain JOSEPH -, auraient du également présenter les séquelles d’une telle intoxication.
5.7.3 Le décès de M. RATIER ne peut être lié à une intoxication oxycarbonée
La molécule de nitrate d’ammonium étant exempte de carbone, il ne pouvait se former de monoxyde carbone (CO) lors de la détonation des nitrates d’ammonium entreposés dans le bâtiment 221. En effet, ce toxique ne peut se former que lors de la combustion incomplète d’une substance carbonée, du fait d’une quantité insuffisante d’oxygène. Ce ne sont donc pas les traces de produits carbonés souillant les produits stockés dans le bâtiment qui pouvaient produire des quantités significatives de CO.
Bien évidemment, ce toxique peut se former lors de la combustion incomplète du méthane, mais en aucun cas il ne pouvait s’en former en quantité massive à l’occasion d’une fuite de gaz méthane telle que celle qu’envisage M. BERGEAL (D5027, D 5028, D5113, D5114). Selon cette hypothèse de M. BERGEAL, une première explosion, « ayant pour origine un phénomène UVCE aurait précédé celle du hangar 221 de 8 secondes ».

Un expert judiciaire, M. Alain HODIN (cotes D5671 à D5673) a également travaillé sur l’hypothèse de M. BERGEAL. En préambule, M. HODIN indique que : « parmi les phénomènes susceptibles de produire des effets analogues à ceux qu’ont pu rapporter certains témoins antérieurement à l’explosion du hangar, notamment des éclairements intenses associés à des fumées et un bruit caractéristique assimilé par certains au franchissement du mur du son, les explosions de gaz en milieu confiné (VCE) et/ou non confiné (UVCE) constituent une hypothèse dont il convient de vérifier la plausibilité ».


L’hypothèse de M. BERGEAL d’une première explosion d’atmosphère ayant pu, dans un deuxième temps, entraîner la détonation des nitrates d’ammonium dans le bâtiment 221 est étudiée au paragraphe 5.8.2.7.
5.7.3.1 La formation de monoxyde de carbone lors de la combustion du méthane
Les victimes de l’explosion du bâtiment 221 n’ont pas pu décéder des suites d’une intoxication oxycarbonée, consécutive à la formation d’un mélange explosif air-gaz naturel.
Lorsqu'on brûle un mélange d’hydrocarbures gaz à base de méthane, on ne devrait obtenir, au terme de la combustion, que deux produits essentiels : l'anhydride carbonique CO2 et la vapeur d'eau H2O, qui résultent de l'oxydation complète du carbone et de l'hydrogène du combustible par l'oxygène de l'air. Mais la combustion peut être imparfaite ou d'un mauvais rendement et l'oxydation du carbone peut s'arrêter au stade du CO.
L'oxygène de l'atmosphère intervient, comme nous l'avons vu, dans la formation des mélanges gazeux explosifs et si nous assimilons à l'azote les gaz rares et le gaz carbonique qui figurent normalement dans la composition de l'air, la molécule de ce gaz peut être représentée par la formule :
0,209460 O2 + 0,79054 N2 = 0,20946 (O2 + 3,774N2)

ou en simplifiant : 0,21 O2 + 0,79N2 = 0,21(O2 + 3,762N2)


Soit m le nombre de molécules d'air ajoutées à 1 molécule de méthane pour que le mélange gazeux soit explosif.
Comme les limites d'inflammabilité du méthane sont 5% et 15%, nous avons :

0,05  1/(m+1)  0,15 d'où 5,667  m  19


Pour obtenir un mélange gazeux explosif à combustion complète, nous devons avoir : CH4 + m (0,21 O2+0,79N2)  CO2 + 2H2O + 0,79mN2

ou 0,2/m = 2 et par suite m = 2/0,21 = 9,524

En définitive, pour :

m = 9,524 le mélange gazeux explosif est à combustion complète,

5,667  m < 9,524 le mélange gazeux explosif est sous oxygéné,

9,524 < m  19 le mélange gazeux explosif est suroxygéné.

Si le mélange gazeux explosif est à combustion complète (m = 9,524), les seuls produits de la combustion qui figurent dans l'équation de la réaction explosive sont le gaz carbonique et la vapeur d'eau, nous avons :

CH4+9,524(0,21O2+0,79N2)  CO2 + 2H2O+7,524N2

Si le mélange gazeux explosif est sous oxygéné (5,667  m < 9,524), l'équation de la réaction explosive ne fait intervenir que les composants du gaz à l'eau et leur équilibre :

CH4+m(0,21O2+0,79N2)=xCO2+(1-x)CO+(0,42m-1-x)H2O+(3+x 0,42m)H2 +0,79 mN2


Si le mélange gazeux explosif est suroxygéné (9,524CH4+m(0,21O2+0,79N2)  CO2+2H2O+0,21(m-9,524)O2+0,79mN2


5.7.3.2 L’intoxication oxycarbonée ([7] - Annexe IV)
L'intoxication oxycarbonée est due à l'inhalation d'une atmosphère contenant du monoxyde de carbone (CO).
A la température ambiante, le CO est un gaz incolore, inodore, sans goût. Sous la pression atmosphérique normale, il bout à – 191°C et se liquéfie à – 207°C. Il est très peu soluble dans l'eau : un litre d'eau en dissout 21 cm3 à 25°C et 1013 hPa. La masse volumique du CO est de 1,25 g/litre à 0°C et 1013 hPa, (1,15 g/litre à 25°C et 1013 hPa). Son poids moléculaire est de 28,01 g. Sa densité par rapport à l'air est 0,97, ce qui explique sa rapide diffusion à partir du moment où il est émis. Le CO est un gaz inflammable. Les proportions limites des mélanges combustibles qu’il forme avec l'air ou plus précisément les limites inférieure et supérieure d'inflammabilité ou d'explosivité sont 12,5 et 74,2 (% en volume).

Produit par la combustion incomplète d’une matière carbonée, du fait d’une quantité insuffisante d’oxygène, le monoxyde de carbone est un gaz incolore, inodore et non irritant qui est facilement absorbé au niveau pulmonaire. Aujourd'hui encore, beaucoup de gens ignorent que les produits de combustion d’une substance organique carbonée (charbon, bois, gaz naturel, butane, propane, fioul, essence pour automobiles …) peuvent contenir des quantités variables et parfois élevées de monoxyde de carbone si cette combustion est incomplète et peuvent donc générer des intoxications s'ils s'accumulent dans un local clos.


En revanche, contrairement à une idée encore largement répandue, une intoxication oxycarbonée ne peut pas être liée à une simple fuite de gaz comme cela était possible autrefois avec le gaz manufacturé. En effet, les gaz à usage domestique actuellement distribués (gaz naturel, butane, propane) ne contiennent pas de monoxyde de carbone, et le risque à craindre lors de leur déversement dans un volume clos est l'explosion.
La toxicité du CO résulte de sa capacité à former avec l'hémoglobine une combinaison HbCO (carboxyhémoglobine), incapable de s'oxyder à l'air comme le fait l'hémoglobine. En raison de l'affinité beaucoup plus grande du CO pour le pigment respiratoire que celle de l'oxygène, si on respire de l'air contenant du CO, celui-ci se fixe en priorité sur l'hémoglobine en prenant la place ainsi de l'oxygène pour former le carboxyhémoglobine. Le CO est même capable de décomposer l'oxyhémoglobine selon la réaction :

HbO2 +CO HbCO + O2
Les effets du monoxyde de carbone sur l'organisme humain dépendent de sa durée d'action et de sa concentration. L’intoxication aiguë, occasionnée par de fortes doses de monoxyde de carbone, donne lieu à des accidents graves ou mortels.
Dans le tableau, ci-après, figurent les relations actuellement admises entre la proportion d'hémoglobine transformée en carboxyhémoglobine et l'effet physiologique, pour des taux de HbCO supérieurs à 10 %.


Hb p. 100 à l’état

de HbCO

Effet physiologique


10 à 20

Céphalées, fatigue, vertiges

20 à 30

Céphalées, fatigue, nausées, troubles visuels et auditifs, jugement troublé

30 à 40

Céphalées, fatigue, nausées, vomissements, impotence des membres

inférieurs, tendance au collapsus, coloration rose de la peau et des muqueuses



40-50

Confusion mentale, collapsus, syncope

50 à 60

Coma, convulsions intermittentes

66

Décès (coloration rose de la peau)

Yüklə 1,81 Mb.

Dostları ilə paylaş:
1   ...   8   9   10   11   12   13   14   15   ...   18




Verilənlər bazası müəlliflik hüququ ilə müdafiə olunur ©muhaz.org 2024
rəhbərliyinə müraciət

gir | qeydiyyatdan keç
    Ana səhifə


yükləyin